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Vigile de l’Assomption

Stichères du Lucernaire

Au son des cymbales entonnons des cantiques d’ovation comme prélude à la fête des adieux ; élevons la voix pour chanter près du sépulcre un brillant choral ; car la Mère de Dieu, cette arche dorée, se prépare maintenant à passer de la terre vers les hauteurs, vers la nouvelle vie et la divine splendeur.

En chœur assemblez-vous de merveilleuse façon en ce jour, saints Apôtres, depuis les confins de l’univers ; car la cité vivante de celui qui domine le monde entier va bientôt s’élever dans la gloire vers le ciel pour exulter comme reine près de son Fils ; et pour sa divine sépulture chantez d’un même cœur avec les armées célestes un chant d’adieu.

Cortège des prêtres saints, tous les princes et les rois, chœurs des vierges, hâtez-vous maintenant, avec tout le peuple accourez pour chanter ensemble près du tombeau ; la souveraine de l’univers est à la veille, en effet, de gagner le logis éternel pour y remettre son esprit entre les mains de son Fils.

Vierge toute-sainte, immaculée, avec la multitude des Anges dans le ciel et l’ensemble des humains sur terre nous célébrons ta bienheureuse Dormition, car tu fus la Mère du Créateur de toutes choses, le Christ notre Dieu ; ne cesse pas de l’implorer pour nous qui t’en supplions et mettons en toi notre espérance après Dieu, divine Mère inépousée, toute-digne de nos chants.

Tropaire

Peuples, d’avance exultez, fidèlement battez des mains, avec amour rassemblez-vous dans l’allégresse de ce jour, tous ensemble criant de joie, car de terre va s’élever jusqu’en la gloire des cieux la Mère de Dieu qu’en nos hymnes nous glorifions.

Ça continue

Une nouvelle déportation d’enfants de Marioupol, entassés dans des autocars soviétiques tout pourris. Images déchirantes.

(Vers la fin de la vidéo : « Le passage souterrain a enfin été ouvert. Super. C’est beaucoup plus pratique maintenant. »)

Leroy-Malin

Le marché russe a représenté un quart du bénéfice de Leroy-Merlin en 2023. Soit 287,4 millions d’euros.

Leroy-Merlin en Russie, c’est 112 magasins. C’était, théoriquement. Car l’entreprise était la cible d’attaques féroces et permanentes comme toutes les grandes entreprises qui traînaient des pieds pour quitter la Russie. On l’appelait « Leroy-Kremlin ».

Alors en 2023 Leroy-Merlin, à savoir le groupe Adeo, de la famille Mulliez, annonçait qu’il allait « céder Leroy Merlin Russie au management local ».

De fait, le 28 décembre, une société intitulée Scenari Holding, basée à Dubaï, devenait propriétaire de plus de 99% de Leroy-Merlin Russie, Adeo gardant toutefois 0,007%. Puis on a appris que le PDG de Scenari est tout simplement le PDG de Leroy-Merlin Russie… Donc effectivement « le management local »…  Mais Scenari Holding figure dans les comptes d’Adeo…

Désormais, Leroy-Merlin s’appelle Lemana Pro en Russie. Ça n’a plus rien à voir. Sauf que ce sont les mêmes magasins, qui étaient verts et deviennent jaunes. On remarque aussi que, comme c’était le cas pour Leroy-Merlin, le nom de l’enseigne est en caractères cyrilliques sur le toit et en caractères latins dans le triangle, et surtout au milieu de LEMANA le M caractéristique de toutes les enseignes du groupe Adeo (Leroy-Merlin, Bricoman, Obramat, etc.)…

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Et vlan !

Le ridicule mais hargneux nain de jardin (du fameux jardin de l’UE) Thierry Grincheux Breton s’est fendu d’une longue bafouille à Elon Musk, à la veille de son entretien avec Donald Trump sur X, pour lui rappeler sévèrement les règles de censure de l’UE et lui signifier que les services du commissariat et le commissaire Breton en personne allaient surveiller de près ce qui allait être dit, car si par hasard certains propos outrepassaient les strictes règles de la censure il y aurait des sanctions.

Les cons ça ose tout, on sait, mais quand même, le petit roquet qui de sa niche à Bruxelles aboie qu’un candidat à la présidence des Etats-Unis est soumis à la censure européenne…

Réponse de Musk :

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Honnêtement, je voulais vraiment répondre avec ce mème de « Tonnerre sous les tropiques », mais je ne ferais JAMAIS quelque chose d’aussi grossier et irresponsable !

VA TE FAIRE FOUTRE !

Saints Hippolyte et Cassien

La légende en a pris à son aise avec Hippolyte, et elle en a fait successivement un disciple de Novat, un martyr d’Antioche, un évêque de Porto, finalement un soldat et le geôlier de saint Laurent.

Il s’agit, au contraire, du célèbre Hippolyte, disciple de saint Irénée, prêtre et docteur de l’Église de Rome, qui, à l’occasion de l’élection papale de Callixte, consomma le schisme et devint ainsi le premier antipape. Il est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages théologiques, et sous le titre d’évêque de Rome il jouit, même en Orient, d’une indiscutable autorité. Heureusement d’ailleurs, cette division fut de courte durée, car Hippolyte, ayant été condamné pour la foi, en même temps que Pontien, deuxième successeur de Callixte, rentra dans l’unité de l’Église avant de laisser Rome pour le bagne de Sardaigne, et il mourut martyr catholique en 236.

Pontien avait succédé, en 230, au pape Urbain. En 235, l’empereur Maximin envoya en exil en Sardaigne, in insula nociva, l’un et l’autre chefs des deux communautés chrétiennes de Rome ; cependant comme l’exil comportait, dans le droit romain, la mort civile, Pontien, ne pouvant plus gouverner l’Église, donna sa démission : discinctus est, selon le catalogue Libérien. Si Hippolyte était encore à la tête de la faction schismatique de la Ville, il dut faire de même ; et ainsi, du commun accord de tout le clergé, l’unité fut rétablie par l’élection du pape Antère, tandis que les deux confesseurs de la foi voguaient vers l’insula nociva. Là, en peu de mois, la malignité de l’air et les souffrances de l’exil brisèrent leurs forces, si bien qu’en cette année même, Pontien mourut, et si Hippolyte ne le précéda pas dans la tombe, il l’y suivit à peu de distance. Antère y était descendu lui aussi après quarante jours seulement de pontificat, et Fabien avait déjà été élu à sa place.

Quand arriva à Rome la nouvelle de la mort de Pontien et d’Hippolyte, le nouveau pape se rendit lui-même avec un nombreux clergé en Sardaigne, pour recueillir leurs corps et les transporter à Rome.

Le jour de leur déposition dans le sépulcre est le 13 août, date indiquée par le Calendrier Philocalien. Pontien fut enseveli dans la crypte papale de Callixte ; Hippolyte au contraire qui, officiellement, continua à porter à Rome le simple titre de prêtre, eut un sépulcre somptueux dans un cimetière spécial sur la voie Tiburtine, près de celui de saint Laurent. Rien n’empêche de croire que l’initiative de l’honneur insolite avec lequel furent transportés de Sardaigne les deux corps, revînt surtout à l’ancien groupe des disciples d’Hippolyte.

(…)

L’étendue et la variété de la production littéraire d’Hippolyte impressionnèrent vivement toute l’antiquité chrétienne, à ce point que le lointain Orient attribua au Docteur romain — qui, probablement, était de bonne foi — une autorité si indiscutable que nous trouvons des fragments de ses œuvres dans d’anciennes versions latines, syriaques, coptes, arabes, éthiopiques, arméniennes et slaves.

Nous éprouvons une impression pénible en pensant au schisme qui sépara un certain temps Hippolyte du pape Callixte ; mais nous appliquerons à son cas ce que disait saint Augustin au sujet du désaccord survenu entre saint Cyprien et le pape Étienne : Tout ce qu’il y avait dans l’arbre de trop fécond et de luxuriant dans les branches, le céleste Agriculteur l’a émondé avec la faux du martyre. Ou, comme dit de son côté saint Jérôme, à propos d’un autre grand docteur de l’antiquité, Origène, avec lequel Hippolyte a de nombreux points de ressemblance : « Non imitemur eius vitia, cujus virtutes assequi non possumus » [N’imitons pas les vices de celui dont nous ne sommes pas capables de suivre les vertus]

Dans le Sacramentaire Léonien, le titre de la messe de ce jour est commun à saint Hippolyte et à saint Pontien ; cependant la préface ne concerne que le premier. Les Sacramentaires postérieurs, au contraire, ont oublié complètement le Pontife mort exilé in insula nociva, pour ne conserver que la mémoire du grand Docteur romain, à la fête de qui, plus tard seulement, fut associée aussi celle de saint Cassien d’Imola.

[Le martyre de saint Pontien a ensuite été placé en tête du martyrologe romain du 30 octobre, avec renvoi pour sa fête au 19 novembre, où elle a été supplantée par celle de sainte Elisabeth de Hongrie.]

Bienheureux cardinal Schuster

Sainte Claire

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Sainte Claire et ses sœurs, oratoire de sainte Claire, église de Saint-Damien, Assise.

Après avoir passé une période de quelques mois auprès d’autres communautés monastiques, résistant aux pressions de sa famille qui au début, n’approuvait pas son choix, Claire s’établit avec ses premières compagnes dans l’église Saint-Damien où les frères mineurs avaient préparé un petit couvent pour elles. Elle vécut dans ce monastère pendant plus de quarante ans, jusqu’à sa mort, survenue en 1253. Une description directe nous est parvenue de la façon dont vivaient ces femmes au cours de ces années, au début du mouvement franciscain. Il s’agit du compte-rendu admiratif d’un évêque flamand en visite en Italie, Jacques de Vitry, qui affirme avoir trouvé un grand nombre d’hommes et de femmes, de toute origine sociale, qui « ayant quitté toute chose pour le Christ, fuyaient le monde. Ils s’appelaient frères mineurs et sœurs mineures et sont tenus en grande estime par Monsieur le Pape et par les cardinaux… Les femmes… demeurent ensemble dans divers hospices non loin des villes. Elles ne reçoivent rien, mais vivent du travail de leurs mains. Et elles sont profondément attristées et troublées, car elles sont honorées plus qu’elles ne le voudraient, par les prêtres et les laïcs. »

Jacques de Vitry avait saisi avec une grande perspicacité un trait caractéristique de la spiritualité franciscaine à laquelle Claire fut très sensible : la radicalité de la pauvreté associée à la confiance totale dans la Providence divine. C’est pour cette raison qu’elle agit avec une grande détermination, en obtenant du Pape Grégoire IX ou, probablement déjà du Pape Innocent III, celui que l’on appela le Privilegium Paupertatis. Sur la base de celui-ci, Claire et ses compagnes de Saint-Damien ne pouvaient posséder aucune propriété matérielle. Il s’agissait d’une exception véritablement extraordinaire par rapport au droit canonique en vigueur et les autorités ecclésiastiques de cette époque le concédèrent en appréciant les fruits de sainteté évangélique qu’elles reconnaissaient dans le mode de vie de Claire et de ses consœurs. Cela montre que même au cours des siècles du Moyen âge, le rôle des femmes n’était pas secondaire, mais considérable. A cet égard, il est bon de rappeler que Claire a été la première femme dans l’histoire de l’Eglise à avoir rédigé une Règle écrite, soumise à l’approbation du Pape, pour que le charisme de François d’Assise fût conservé dans toutes les communautés féminines qui étaient fondées de plus en plus nombreuses déjà de son temps et qui désiraient s’inspirer de l’exemple de François et de Claire.

Dans le couvent de Saint-Damien, Claire pratiqua de manière héroïque les vertus qui devraient distinguer chaque chrétien : l’humilité, l’esprit de piété et de pénitence, la charité. Bien qu’étant la supérieure, elle voulait servir personnellement les sœurs malades, en s’imposant aussi des tâches très humbles : la charité en effet, surmonte toute résistance et celui qui aime accomplit tous les sacrifices avec joie. Sa foi dans la présence réelle de l’Eucharistie était si grande que, par deux fois, un fait prodigieux se réalisa. Par la seule ostension du Très Saint Sacrement, elle éloigna les soldats mercenaires sarrasins, qui étaient sur le point d’agresser le couvent de Saint-Damien et de dévaster la ville d’Assise.

Ces épisodes aussi, comme d’autres miracles, dont est conservée la mémoire, poussèrent le Pape Alexandre IV à la canoniser deux années seulement après sa mort, en 1255, traçant un éloge dans la Bulle de canonisation, où nous lisons : « Comme est vive la puissance de cette lumière et comme est forte la clarté de cette source lumineuse. Vraiment, cette lumière se tenait cachée dans la retraite de la vie de clôture et dehors rayonnaient des éclats lumineux ; elle se recueillait dans un étroit monastère, et dehors elle se diffusait dans la grandeur du monde. Elle se protégeait à l’intérieur et elle se répandait à l’extérieur. Claire en effet, se cachait : mais sa vie était révélée à tous. Claire se taisait mais sa renommée criait. » Et il en est véritablement ainsi, chers amis : ce sont les saints qui changent le monde en mieux, le transforment de manière durable, en insufflant les énergies que seul l’amour inspiré par l’Evangile peut susciter. Les saints sont les grands bienfaiteurs de l’humanité !

Benoît XVI, catéchèse du 15 septembre 2010.

A Homiel

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Ce matin, la chaîne Soyouz TV retransmettait la divine liturgie depuis la cathédrale Saints Pierre et Paul de Homiel (ou Gomel : Гомель), en Biélorussie, près de la frontière ukrainienne, à l’occasion du 40e anniversaire de la mort de sainte Manefa et du 200e anniversaire de la cathédrale. Il y avait là 18 évêques, dont les métropolites de Tachkent, de Smolensk, de Brno et de Minsk, de nombreux prêtres et diacres et les autorités civiles.

Si je le signale, c’est pour répondre une fois encore à ceux qui croient que l’Eglise orthodoxe est figée dans le passé. Son hiératisme liturgique est en réalité lié à une vie intense de l’Eglise. En témoigne ici le cercueil de sainte Manefa au centre de la cérémonie. Née en 1918 pendant la révolution, elle était paralysée des jambes. Malgré son handicap et la persécution elle voulait être moniale et elle le devint, au monastère de Tchonski. Après la Seconde guerre mondiale elle organisa une petite communauté monastique dans son village de Sevruki. Elle avait un don de guérison et un grand don de clairvoyance et de très nombreuses personnes venaient la voir. Elle voyait dans les cœurs et elle avait aussi diverses visions, notamment des démons qui prenaient figure humaine et qu’elle chassait avec son chapelet. Après sa mort en 1984, les gens continuèrent de venir lui demander conseils et guérison sur sa tombe. En 2006 ses reliques furent transférées à la cathédrale de Homiel, et elle fut canonisée l’année suivante.

« Une fois, elle a vu le père Artème (son père spirituel) avec un mouchoir bleu dans les mains, debout sur un nuage. Les démons tendaient leurs pattes vers le mouchoir et le père Artème les repoussait. « Pour le péché de vol, le repentir a été fait !” – cria-t-il. Mère Manefa se réveilla en sursaut. Elle avait reconnu ce foulard. Elle se souvint que, dans son enfance, elle l’avait pris en cachette à sa voisine pour en faire une robe pour sa poupée. Elle avait oublié si elle s’était repentie de ce péché. Après le rêve, elle s’est repentie de son péché d’enfance, remerciant son confesseur de ne pas l’avoir abandonnée. Ce cas nous apprend que les péchés sont imprescriptibles. »

« En 1948, Lioubov travaille comme chef adjoint du bureau de poste. Alors qu’elle était seule, des voleurs entrent dans le bureau de poste et la frappent à la tête avec un tuyau en métal jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Grièvement blessée, elle reste à l’hôpital pendant un an, mais sa santé ne s’est pas rétablie. Elle a dû continuer à travailler, endurant des maux de tête et de poitrine. Un voisin lui a conseillé : « Vous devriez essayer d’aller voir Mère Manefa ». Elle y est allée. Dès le seuil de la porte, la mère l’a accueillie avec ces mots : « C’est la Providence de Dieu qui t’a amenée jusqu’à moi ! Viens passer la nuit avec moi. Nous prierons ensemble. » C’était inhabituel : elle ne laissait personne rester avec elle, et les visiteurs, après avoir reçu des instructions, s’en allaient. “Ne sois pas triste, Lioubouchka, tu te rétabliras”, lui assura la Mère. Il y a un professeur que je connais à Kiev, il te guérira et tu viendras me voir, nous prierons Dieu et tu m’emmèneras à l’église.” Lioubov alla voir le professeur, il l’aida et la jeune fille retrouva la santé. Reconnaissante, elle aida constamment Mère Manefa pendant plus de dix ans. »

A la fin de la cérémonie, à 2h52, on voit un représentant des autorités civiles faire cadeau d’une icône à l’archevêque de Homiel. Il s’agit d’une copie de la « Vierge de Svenski », qui montre la Mère de Dieu siégeant sur un trône élevé, tenant dans ses bras le Christ enfant qui bénit, avec à ses côtés saint Antoine et saint Théodose, fondateurs de la laure des Grottes de Kiev.

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*

Dans son allocution d’hier soir, l’ex-président Zelenski a déclaré qu’il a tenu une réunion « au sujet d’une décision qui renforcera notre indépendance spirituelle », parce qu’il doit « priver Moscou des dernières occasions de limiter la liberté des Ukrainiens ». « Les solutions pour y parvenir doivent être pleinement efficaces et fonctionner réellement. Nous les fournirons. »

Autrement dit le vote de la loi interdisant l’Eglise orthodoxe ukrainienne est imminent. L’idée est de créer en même temps une « Eglise orthodoxe ukrainienne » dépendant de Constantinople, présentée comme la continuation de celle qui était liée à Moscou, changeant simplement d’affiliation. Ce qui ne fera qu’une petite Eglise de plus, tandis que la véritable Eglise orthodoxe ukrainienne sera persécutée. Mais elle a déjà connu cela. L’actuel tyran ukrainien ne pourra pas être plus efficace que Staline.

12e dimanche après la Pentecôte

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Delacroix, 1851.

Ecoute l’Apôtre s’adressant aux Athéniens, lis dans les Actes de qu’il dit de Dieu, Notre Seigneur et Créateur : « Nous avons en lui la vie, le mouvement et l’existence. » Où n’est-il pas en effet, puisqu’il est partout ? N’est-ce donc pas à la joie que nous invitent ces paroles : « Le Seigneur est proche, ne vous inquiétez de rien » ? C’est une chose admirable, sans doute, qu’élevé au-dessus de tous les cieux, il soit si proche de nous qui vivons sur la terre. Comment est-il d’ailleurs si loin et si proche de nous ? N’est-ce point parce que sa miséricorde l’en a rapproché ?

Il faut voir en effet le genre humain tout entier dans cet homme que les brigands laissèrent étendu et à demi-mort sur le chemin, près duquel passèrent, sans s’arrêter, le prêtre et le lévite, et dont le Samaritain s’approcha pour lui donner ses soins et du secours. Comment le Sauveur fut-il amené à faire ce récit ? Quelqu’un lui ayant demandé quels étaient les premiers et les plus importants préceptes de la loi, il répondit qu’il y en avait deux : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, et de tout ton esprit ; tu aimeras aussi ton prochain comme toi-même. » — « Qui est mon prochain ? » reprit l’interlocuteur. Le Seigneur rapporta alors qu’un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. C’était donc un Israélite. Il tomba au milieu des brigands, et ceux-ci l’ayant dépouillé et blessé grièvement, le laissèrent à demi-mort sur la route. Arriva un prêtre, un homme proche par l’origine ; il passa et le laissa. Un lévite, un homme également proche par l’origine vint à passer aussi; il le laissa encore sans s’occuper de lui. Arriva enfin un Samaritain, un homme que rapprochait de lui, non par l’origine, mais par la compassion ; il fit ce que vous savez.

Le Seigneur voulait se désigner dans la personne de ce Samaritain. Samaritain en effet signifie gardien ; et si Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts ne meurt plus, si la mort ne doit plus avoir d’empire sur lui, n’est-il pas écrit aussi que « le gardien d’Israël ne sommeille ni ne s’endort » ? Que répondit-il enfin lui-même quand en le chargeant d’outrages et d’affreux blasphèmes, les Juifs lui dirent : « N’avons-nous pas raison de soutenir que tu es un Samaritain et que tu es possédé du démon ? » il y avait dans ces mots deux injures. « N’avons-nous pas raison de soutenir que tu es un Samaritain, et que tu es possédé du démon ? » Il aurait pu répondre : Je ne suis ni samaritain, ni possédé du démon. Il se contenta de dire : « Je ne suis pas possédé du démon. » Ce qu’il dit était une réfutation ; ce qu’il tut, un assentiment. Il nia qu’il fût possédé du démon, car il savait comment il les chassait ; mais il ne nia pas qu’il fût le gardien de notre faiblesse. Ainsi « le Seigneur est proche », pour s’être rapproché de nous.

Saint Augustin, sermon 171.

Saint Laurent

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Saint Laurent, le gril et l’armoire aux quatre évangiles, mausolée de Galla Placidia, Ravenne.

Saint Laurent était archidiacre. Le persécuteur, dit-on, lui demandait les richesses de l’Église, et c’est pour les obtenir qu’il lui fit endurer cette multitude de tourments dont le seul récit fait horreur. Placé sur un gril, il y eut tous les membres brûlés, il y sentit les ardeurs cuisantes de la flamme ; mais il avait une telle vigueur de charité, qu’aidé de Celui qui la lui avait donnée, il triompha de toutes les tortures corporelles. « Nous sommes en effet l’ouvrage de Dieu, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées afin que nous y marchions. » Voici même ce qu’il fit pour exciter la colère du persécuteur, non dans le but de l’irriter, mais de témoigner de sa foi devant la postérité et de montrer avec quelle sécurité il recevait la mort. « Fais venir avec moi, dit-il, des véhicules, afin que je t’amène les richesses de l’Église. » On lui envoya ces véhicules ; il les chargea de pauvres et ordonna qu’on les reconduisît ; il disait : « Ce sont là les richesses de l’Église. » Ce qui est indubitable, mes frères : la grande fortune des chrétiens consiste en effet dans les besoins des pauvres ; pourvu toutefois que nous sachions où il nous faut conserver ce que nous possédons. Devant nous sont les pauvres ; si nous leur donnons pour conserver, nous ne perdons rien. Ne craignons pas qu’on nous enlève quoi que ce soit : tout est gardé par Celui qui nous a tout donné. Comment découvrir un gardien plus sûr, un plus fidèle débiteur ?

Animés de ces pensées, imitons courageusement les martyrs, si nous voulons profiter des solennités que nous célébrons. C’est ce que nous avons toujours dit, mes frères, c’est ce que nous n’avons jamais cessé de vous répéter. Il faut donc aimer l’éternelle vie, mépriser la vie présente, se bien conduire et compter sur le bonheur. Que celui qui est mauvais, change ; qu’une fois changé, on l’instruise ; une fois instruit il doit persévérer. « Qui persévérera jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »

Mais beaucoup de méchants tiennent tant de mauvais propos. – Que voudrais-tu ? Que le bien naquît du mal ? Ne cherche pas le raisin sur des épines ; on te l’a défendu. « La bouche parle de l’abondance du cœur. » Si tu peux quelque chose, si tu n’es pas méchant toi-même, souhaite au méchant de devenir bon. Pourquoi maltraiter les méchants ? – Parce qu’ils sont méchants, reprends-tu. – Mais en les maltraitant tu te joins à eux. Voici un conseil : Un méchant te déplaît ? fais qu’il n’y en ait pas deux. Tu le réprimandes, et tu te joins à lui ? Tu le condamnes et tu fais comme lui ? Tu veux par le mal triompher du mal ? Triompher de la méchanceté par la méchanceté ? Il y aura alors deux méchancetés qu’il faudra vaincre l’une et l’autre. Ne connais-tu pas le conseil que ton Seigneur t’a fait donner par son Apôtre : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien » ? Il est possible que cet homme soit pire que toi ; mais comme tu es mauvais ici, il y a deux méchants, et je voudrais que l’un de vous au moins fût un homme de bien. Enfin on le maltraite jusqu’à le faire mourir. Pourquoi le maltraiter encore après la mort, quand son cadavre est insensible et qu’on ne déploie plus contre lui qu’une rage coupable et stérile ? C’est de la folie, et non de la vengeance.

Que vous dirai-je encore, mes frères, que vous dirai-je ? De n’aimer pas ces désordres ? Irai-je croire que vous les aimez ? Loin de moi d’avoir sur vous de telles idées ! Il ne suffit pas, non il ne suffit pas que vous ne les aimiez point ; on doit exiger de vous autre chose. Nul ne doit se contenter de dire : Dieu sait que je ne voulais pas qu’on fît cela. Ne pas y avoir pris part, n’y avoir pas consenti, voilà bien deux choses ; mais ce n’est pas encore assez. Il ne suffisait point de ne pas consentir, il fallait encore s’opposer. Il y a pour les méchants des juges, il y a des pouvoirs établis. « Ce n’est pas sans raison, dit l’Apôtre, que le pouvoir porte le glaive ; car il est le ministre de Dieu dans sa colère » : mais « contre celui qui fait le mal ». Le ministre de la colère divine contre celui qui fait le mal. « Si donc tu fais le mal, poursuit-il, crains. Ce n’est pas sans raison qu’il porte le glaive. Veux-tu ne craindre pas le pouvoir ? Fais le bien, et par lui tu seras glorifié. »

Quoi donc ? observera-t-on, est-ce que saint Laurent avait fait le mal, lui qui a été mis à mort par le pouvoir ? Comment s’appliquent à lui ces mots : « Fais le bien, et par lui «tu seras glorifié», puisque c’est pour avoir fait le bien qu’il a été si cruellement torturé par le pouvoir ? – Pourtant, si le pouvoir n’avait servi à le glorifier, serait-il aujourd’hui honoré, exalté, comblé par nous de tant d’éloges ? Ainsi le pouvoir malgré lui-même a servi à le glorifier. Aussi bien l’Apôtre ne dit pas : Fais le bien et le pouvoir te glorifiera. De fait les apôtres et les martyrs ont tous fait le bien, et au lieu de les louer, les puissances publiques les ont mis à mort. L’Apôtre te tromperait donc s’il te disait : Fais le bien, et la puissance te glorifiera. Mais il a fait attention ; il a médité, pesé, adopté, châtié son langage. Remarquez bien ces mots : « Fais le bien, et « par elle tu seras glorifié » ; soit qu’elle te loue elle-même, si elle est bonne, soit que, si elle est injuste et que tu meures pour la foi, pour la justice, pour la vérité, elle travaille à ta gloire par ses cruautés mêmes, non pas en te louant, mais en te donnant occasion de mériter des louanges. Ainsi donc fais le bien, et tu en jouiras avec sécurité.

Extrait (n. 8 à 12) du très long premier sermon de saint Augustin pour la fête de saint Laurent.