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Petite pause

Je m’évade pour un temps de la blogosphère. Je serai de retour, si Dieu veut, le 8 janvier.

J’espère que cette absence, forcément cruelle pour mes fidèles lecteurs, ne provoquera pas de dépressions. Pour conjurer de telles perspectives, je leur rappelle que la liturgie, elle, ne prend pas de vacances, puisque Dieu est toujours là, et bien là, incarné, près de nous, devant nous, en nous, dans la prière. Et le 6 janvier, c’est l’Epiphanie, la manifestation de Dieu aux païens que nous sommes. En pleine lumière de grâce.

Je vous souhaite de marcher toujours davantage dans cette lumière au long de la nouvelle année qui vient.

Le bébé médicament

Une nouvelle étape de la chosification de l’homme est franchie avec la publication des décrets permettant la fabrication de bébés médicaments, autrement dit d’enfants auxquels on donnera naissance uniquement dans le but (théorique) de soigner un autre enfant.

La procédure de double diagnostic préimplantatoire sur des cellules d’embryons conçus in vitro vise à permettre la « conception d’un enfant indemne de la maladie génétique recherchée et susceptible de soigner de façon décisive son aîné malade », par prélèvement de cellules sanguines ou de moelle osseuse, précise l’Agence de la biomédecine, chargée de délivrer les autorisations « au cas par cas ».

En vigueur depuis plusieurs années, le diagnostic préimplantatoire (DPI) permet, au cas où l’enfant à venir a « une forte probabilité d’être atteint d’une maladie génétique d’une particulière gravité », que seuls les embryons indemnes de la maladie recherchée soient transférés dans l’utérus de la mère après fécondation in vitro (FIV). C’est ce qui est à l’origine de l’escroquerie des bébés « sauvés » grâce au Téléthon.

Un décret d’application de la loi de bioéthique d’août 2004 aggrave la situation en ouvrant désormais la possibilité d’effectuer un second test sur les mêmes cellules pour choisir, parmi les embryons indemnes, ceux ou celui qui seraient des donneurs compatibles pour soigner l’aîné malade.

Personne ne se demande ce que sera la psychologie d’un enfant qui a été conçu dans le seul et unique but de servir de pièces de rechange (non garanties) à son aîné, et qui est le rescapé d’un double tri embryonnaire.

Un second décret précise les conditions dans lesquelles l’agence organise les activités d’assistance médicale à la procréation et l’autorisation de charcutage et de destruction des embryons humains issus d’une FIV et « ne faisant plus l’objet d’un projet parental ».

La cathédrale de Cordoue reste catholique

L’évêque de Cordoue, Mgr Juan José Asenjo, a décidé de refuser d’ouvrir sa cathédrale aux musulmans. L’évêque andalou a ainsi réagi à une demande exprimée de longue date par la communauté musulmane espagnole, et récemment réitérée dans une lettre adressée au pape Benoît XVI, à savoir que la « Grande Mosquée de Cordoue » devienne un lieu de prière « œcuménique ».

L’évêque souligne que cette situation « génèrerait la confusion parmi les fidèles » et qu’elle ne « contribuerait pas à une cohabitation pacifique entre les croyants ». Il précise que si l’édifice était en effet une mosquée omeyyade, qui a été convertie en cathédrale en 1236 pendant la Reconquête, cette mosquée avait elle-même été construite sur les ruines d’une basilique wisigothe.

Et l’évêché a proclamé, pour clore l’interminable débat: « Nous, chrétiens de Cordoue, souhaitons vivre en paix avec les croyants d’autres religions, mais nous ne souhaitons pas être soumis à des pressions continues qui ne contribuent pas à la concorde. »

La mosquée de Montreuil

Des mosquées en veux-tu en voilà… La première pierre de la mosquée de Montreuil (Seine-Saint-Denis) sera posée samedi. « Cela fait trois ans que nous attendons cela et nous sommes très heureux que cela coïncide avec la fête de l’Aïd el-Kébir car c’est tout un symbole », a expliqué à l’AFP Ahamadou Nimaga, président de la fédération des musulmans de Montreuil. Tout un symbole, en effet.

La construction de la mosquée doit être financée par des dons privés,  plafonnés à 1.500 euros par personne. La mairie fait sienne la mauvaise blague habituelle selon laquelle ces dons ne peuvent pas provenir de l’étranger… Au moins n’est-elle pas financée par les contribuables.

Les Saints Innocents

L’office de la fête des Saints Innocents est très particulier : en dehors du récit évangélique et d’une citation du psaume 78, il n’utilise que des versets de l’Apocalypse.

Les enfants massacrés par Hérode sont les prémices des martyrs, et sont les plus purs des martyrs, puisqu’ils n’ont jamais péché personnellement (ils sont absolument « vierges »), et qu’ils ont confessé le Christ uniquement par le sang versé. Ils correspondent donc, plus que tous ceux qui suivront, à la description des martyrs qui accompagnent l’Agneau et règnent avec lui.

Il résulte de cette insistance sur l’Apocalypse comme une abolition du temps.

De même que Hérode a fait passer directement les Saints Innocents de leur naissance sur terre à leur naissance au ciel, par le truchement de la naissance du Fils de Dieu, de même la liturgie abolit le temps en nous faisant passer de la Nativité au Royaume, sans attendre les développements ultérieurs. Car la Nativité est la kénose du Verbe : en elle est déjà contenue la crucifixion et la résurrection. Entre les deux fêtes il n’y aura eu que la célébration de saint Etienne, le protomartyr, qui symbolise tous les témoins du Christ, tous les saints à venir, et la célébration de saint Jean qui proclame l’Incarnation : In principio erat Verbum… et Verbum caro factum est.

Il en résulte aussi que les Saints Innocents représentent tous les chrétiens sauvés. Ils sont les plus purs exemples du salut : « Si vous ne devenez pas comme de petits enfants… »

Curieux propos attribués au cardinal Bertone

La documentation catholique publie en janvier un entretien avec le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Vatican.

Interrogé sur « l’appui » qu’aurait manifesté le pape à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, selon le Premier ministre turc, Mgr Bertone rappelle que « le pape et le Saint-Siège n’ont pas de pouvoir particulier pour favoriser l’entrée de la Turquie en Europe ou y opposer un veto ». « Mais il semble bien, poursuit-il, que l’Europe sans la Turquie ne bénéficierait plus de ce pont entre l’Orient et l’Occident, que la Turquie a toujours été au cours de l’Histoire. La Turquie est depuis longtemps un partenaire de l’Europe. » Et de reprendre à son compte les arguments bien connus, et tant rebattus, des partisans de l’adhésion de la Turquie : « Aujourd’hui, la Turquie connaît un système de laïcité particulier et un régime qui tend vers plus de démocratie. Il est de l’intérêt de l’Europe de l’aider à être une véritable démocratie pour consolider toujours plus un système de valeurs… Laisser la Turquie hors de l’Europe risque en outre de favoriser le fondamentalisme islamiste à l’intérieur du pays. »

Et il ajoute aussitôt ce très étrange propos : « L’intégration à l’Europe peut se réaliser par cercles concentriques avec un premier cercle des pays historiquement européens, actuellement réunis dans la zone euro, et un deuxième niveau pour ceux qui en sont plus éloignés. »

Les pays historiquement européens actuellement réunis dans la zone euro ?

Ainsi le Royaume-Uni, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Croatie, la Serbie… ne seraient pas des pays historiquement européens ? Et ils pourraient faire partie d’un deuxième cercle « plus éloigné » en compagnie de la Turquie ?

On a du mal à croire que le secrétaire d’Etat soit l’auteur de tels propos.

La préface du livre du pape

On lira avec grand intérêt, sur le site que j’appelle dans mes liens ci-contre « un site perso sur Benoît XVI », une traduction de la préface du livre sur Jésus, de « Joseph Ratzinger-Benoît XVI », qui doit être publié au printemps. Le pape y explique sa méthode, et il s’agit d’une impressionnante et radicale démolition des exégèses modernes, y compris et explicitement dans leur contamination du concile Vatican II.

Polynésie : élection de Gaston le Petit

Gaston Tong Sang, alias Gaston « Iti », le petit, pour tous les Tahitiens, en référence à son mentor Gaston Flosse, Gaston « Nui », le grand, a été élu président de la Polynésie française au second tour de scrutin. Au premier tour il lui a manqué semble-t-il les voix des quatre élus des Marquises et des Tuamotu, les « îliens », qui avaient été élus sur la liste de Gaston Flosse mais avaient ensuite rejoint l’indépendantiste Temaru, moyennant des postes importants dans le gouvernement et l’administration de ce dernier. Voyant que le vent tourne, ils ont rallié de nouveau le camp Flosse…

Dès l’ouverture de la séance de l’assemblée, Oscar Temaru avait qualifié le vote de « mascarade », affirmant qu’il n’y avait « pas de démocratie dans un Etat sous tutelle ». C’est pourtant grâce à cette « mascarade » qu’il avait lui-même été élu… Puis il a qualifié l’élection de Gaston Tong Sang de « coup d’Etat » diligenté par l’UMP et Jacques Chirac, l’ami de Flosse… Et il a appelé à faire campagne pour Ségolène Royal, rappelant que c’est la gauche qui est à l’origine des accords de Matignon et de Nouméa en Nouvelle-Calédonie, accords qui doivent mener à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie…

Gaston Tong Sang a quant à lui rappelé l’attachement de la Polynésie à la République française. Pour l’heure, son élection marque la fin du « taui roa » (grand changement) voulu par Temaru en 2004.

Saint Jean

« Ce qui fut à l’origine, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons examiné et que nos mains ont tâté du Verbe de Vie… et la Vie a été manifestée, et nous avons vu, et nous en témoignons, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et nous est apparue… ce que nous avons vu et avons entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous ayez société avec nous, et que notre société soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous vous écrivons cela pour que vous soyez dans la joie, et que votre joie soit en plénitude. »

(Début de la première épître de saint Jean, en traduction littérale d’après la Vulgate. On y voit saint Jean toujours bouleversé par l’Incarnation, incapable de finir sa phrase, revenant sans cesse sur le témoignage qu’il veut rendre au Verbe fait chair : c’est une sorte d’émouvant brouillon du prologue de son évangile.)

Politique israélienne

Samedi soir, Mahmoud Abbas et Ehud Olmert ont dîné ensemble et ont décidé de « relancer le processus de paix », annonçant diverses mesures. Aujourd’hui, le gouvernement israélien a décidé d’autoriser la construction d’une nouvelle colonie en Cisjordanie. Sur un site militaire qui vient d’être abandonné par l’armée…

C’est la première autorisation officielle depuis… 1992.