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Les Américains ont doublé le nombre de leurs victimes du 11 septembre

Trois soldats américains ont trouvé la mort ce matin à Bagdad, ce qui porte à 2.975 le nombre de militaires ou personnels assimilés morts en Irak depuis la chute du régime de Saddam Hussein, selon les statistiques du Pentagone.

Au lendemain de Noël, le nombre de morts américains depuis l’invasion de l’Irak a donc dépassé le bilan symbolique des 2.973 morts des attentats du 11 septembre 2001.

Les Américains ont doublé le nombre de leurs morts, sous prétexte de faire la guerre au terrorisme, dans un pays qui en était exempt et qui est devenu grâce à eux un sanctuaire du terrorisme islamiste, en même temps qu’une annexe de l’Iran. Et ils sont responsables de la mort de plusieurs centaines de milliers de civils irakiens.

Ce même jour a été confirmée en appel la peine de mort contre Saddam Hussein, jugé coupable de « crime contre l’humanité » pour une répression ayant causé la mort de 148 chiites.

Saint Etienne

Christum natum, qui beatum hodie coronavit Stephanum, venite adoremus.

Le Christ qui est né, qui aujourd’hui a couronné le bienheureux Etienne, venez, adorons-le.

La joie de Noël

medium_Nativite_de_Jesus-Christ_moyen.jpgQue voit-on au centre de l’icône byzantine de la Nativité ? On voit, dans un trou noir, un enfant étroitement emmailloté de bandelettes funéraires, déposé dans une tombe de pierre. Près de lui une femme allongée, l’air grave, triste, dont le regard est « tendre compassion » et « surprise douloureuse », pour reprendre les célèbres expressions de Bernanos. Elle ne regarde pas l’enfant. Elle regarde de l’autre côté, les autres personnages, le plus souvent Joseph, plus triste encore, abattu, profondément troublé.

Cet aspect central de l’icône exprime le drame de la Nativité : la kénose du Verbe. Le Dieu éternel, éternellement glorieux, se fait homme, misérable comme tout homme, et comme le plus pauvre des plus pauvres. Il se fait homme pour mourir de façon ignominieuse, au fond de la nuit du monde. C’est ce que sait sa mère, qui l’a déjà enveloppé de bandelettes et mis au tombeau dans le trou noir. Et elle regarde Joseph, tenté par le diable qui lui dit qu’une naissance virginale est impossible. Joseph représentant l’humanité tentée par l’incrédulité, alors que le Sauveur est né pour nous sauver, pour se donner aux hommes en nourriture vivifiante. Une antienne de la liturgie byzantine dit que cette crèche, cette mangeoire, est ce que le désert a donné au Christ qui vient. Comme le désert a donné la manne aux Hébreux, il donne aujourd’hui aux hommes le corps du Fils de l’Homme pour qu’ils aient la vie divine. Mais ce corps devra passer par la mort pour donner la vie.

C’est ce qu’avait remarquablement compris la grande Marie Noël (elle n’avait pas choisi ce pseudonyme par hasard), qui conclut ainsi un de ses chants de Noël :

De chair, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour rompre avec eux le pain du repas…
Ta chair au printemps de moi façonnée,
O mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée.

De mort, ô mon Dieu, vous n’en aviez pas
Pour sauver le monde… O douleur ! là-bas,
Ta mort d’homme, un soir, noire, abandonnée,
Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée.

C’est ce drame même qui provoque la joie de Noël, visible dans le reste de l’icône. Car la naissance de Dieu sur terre est le signe efficace d’une recréation du monde. La joie du salut, la joie du Royaume manifesté. Mais elle passe par la Croix, qu’annonce la Nativité, comme le salut de chacun de nous passe par la mort de chacun de nous, inscrite en nous dès le jour de notre naissance.

A Noël, le Christ montre le chemin qui transforme le tragique de l’existence humaine en joie divine.

Hodie scietis

Cette année, le quatrième dimanche de l’Avent est supplanté par la Vigile de Noël, avec son chant omniprésent dans la liturgie, annonçant triomphalement la fin de la longue attente :

Hodie scietis quia veniet Dominus, et salvabit nos, et mane videbitis gloriam ejus.

Aujourd’hui vous saurez que le Seigneur vient pour nous sauver, et demain matin vous verrez sa gloire.

Mais ce « matin » aura lieu dès le milieu de la nuit, car c’est au milieu de la nuit que naît le Soleil de Justice. Il en sera de même pour le « matin de Pâques ». Le matin de Dieu naît dans la nuit du monde.

Les musulmans ? Non, le laïcisme

Judicieuse remarque du P. Cantalamessa, dans sa prédication d’hier devant le pape et la curie :

« Nous avons un exemple, précisément ces jours-ci, de cette dérision culturelle des croyances religieuses ou au moins de la tentative de marginalisation de ces croyances, avec la campagne organisée dans différents pays et villes d’Europe contre les symboles religieux de Noël. On donne souvent comme prétexte la volonté de ne pas offenser les personnes d’autres religions qui vivent parmi nous, spécialement les musulmans. Mais il s’agit d’un prétexte, d’une excuse. En réalité, c’est un certain monde laïciste qui refuse ces symboles, ce ne sont pas les musulmans. Ceux-ci n’ont rien contre le Noël chrétien, qu’en réalité ils honorent même. Nous sommes arrivés à une situation absurde où de nombreux musulmans célèbrent la naissance de Jésus, veulent faire une crèche dans leur maison et vont même jusqu’à dire que « celui qui ne croit pas à la naissance miraculeuse de Jésus n’est pas musulman » et où certaines personnes, qui se disent chrétiennes veulent faire de Noël une fête hivernale uniquement peuplée de rennes et d’ours en peluche. »

En toute vérité, on ne peut pas dire que les musulmans honorent le Noël chrétien, car ce Noël est la célébration de la naissance du Fils de Dieu, ce qui est un blasphème pour les musulmans. Mais ils n’ont rien contre la célébration de la naissance de celui qu’ils appellent Issa (et aussi le Christ), prophète exceptionnel, né miraculeusement d’une femme exceptionnelle. Et c’est en effet le laïcisme qui prend prétexte de la présence de musulmans pour éradiquer les traditions chrétiennes, alors même, comme on l’a vu notamment en Angleterre, que des organisations musulmanes protestent contre de telles initiatives.

O Emmanuel

O Emmanuel, Rex et legifer noster, exspectatio gentium, et salvator earum, veni ad salvandum nos, Domine, Deus noster.

Ô Emmanuel, notre Roi et législateur, attente des nations et leur sauveur, viens nous sauver, Seigneur notre Dieu.

Cette dernière antienne Ô de l’Avent fait référence à Isaïe (33, 22) : « Le Seigneur est notre juge, le Seigneur est notre législateur, le Seigneur est notre roi, c’est lui qui nous sauvera » ; et à la prophétie de Jacob, à la fin de la Genèse (49, 10) : « Le sceptre ne sera pas ôté de Juda, ni le bâton de commandement de sa cuisse, jusqu’à ce que vienne celui qui doit être envoyé, et celui-là sera l’attente des nations. »

Chouette : un nouveau logiciel pour les violences scolaires

Au lendemain du drame de Meaux, on fait savoir « dans l’entourage » du ministre de l’Education nationale qu’un nouveau logiciel de recensement et traitement des données sur les violences scolaires sera présenté en janvier. Il remplacera le logiciel Signa devenu « caduc ». En fait il était peu utilisé par les chefs d’établissement, qui le boycottaient carrément depuis la rentrée après la publication dans la presse d’un triste hit-parade des établissements les plus violents, sans mise en relation avec le nombre d’élèves ni en fonction de la gravité des actes.

« Ce nouveau logiciel doit être un outil de vigilance qui permette de réagir rapidement », nous dit-on, car il permettra au chef d’établissement de « se faire une idée assez précise et objective de l’évolution de la violence dans son établissement et d’alerter en temps réel ».

Ce dont les chefs d’établissement ont un urgent besoin, c’est de statistiques qui leur apprennent ce qui se passe dans leur collège ou leur lycée !

On se moque du monde. Mais les futures victimes de violence peuvent être rassurées : elles figureront dans de beaux tableaux réalisés par un superbe logiciel.

Les flogs

Une dépêche AFP de New York signale que plusieurs entreprises américaines ont été épinglées pour avoir lancé de faux blogs (des « flogs ») qui sont des campagnes de publicité camouflées. La filiale de jeux de Sony a ainsi reconnu la semaine dernière avoir piloté un faux blog, intitulé « Tout ce que je veux pour Noël c’est une playstation », soi-disant tenu par Charlie, fan de hip hop, se répandant en considérations enthousiastes sur la console de jeux. En octobre, un magazine avait démasqué un autre flog. Un couple d’Américains moyens, Laura et Jim, racontait sur son blog toutes les étapes de son périple à travers les Etats-Unis. Ils se garaient souvent sur les parkings des magasins Wal-Mart, où ils rencontraient des employés qui étaient tous ravis de travailler dans une si belle entreprise. En fait « Laura et Jim » étaient payés par Wal-Mart.

Le phénomène se développe d’autant plus que des sociétés se sont créées pour proposer aux blogueurs d’être payés pour vanter divers produits. La première du genre est PayPerPost.

Au début du mois, la commission fédérale de la concurrence a publié un avis, rappelant que cacher le fait que les commentaires sont payés revient à tromper le consommateur, et soulignant que s’ils sont payés cela doit être clairement signalé sur le blog. La publication de cet avis est considérée comme une menace de poursuites judicaires. PayPerPost a « recommandé » cette semaine à ses blogueurs rémunérés d’indiquer leur statut de commentateurs payés. Ce qui ne semble guère suivi d’effet pour le moment.

D’autre part, les entreprises se servent de tous les moyens de « buzz » : non seulement les blogs, mais les sites d’échange come YouTube ou les sites de « socialisation » comme MySpace, où elles créent des « profils » personnels et recrutent des « amis ».

Il convient donc d’être vigilant quand un blog vante un produit. Je ne sais pas si une organisation du type PayPerPost existe en France, mais il est probable que des entreprises fabriquent de faux blogs. Je ne suis pas assez internaute pour aller plus loin, mais j’ai constaté un autre phénomène, plus difficile à cerner : dans les sites de discussion sur des marques, où des internautes critiquent tel ou tel produit, d’autres internautes, théoriquement des particuliers, répondent en vantant ce produit, mais en les examinant de près on finit par comprendre que ces messages émanent en fait du fabricant. Il est manifeste aussi que des forums anonymes sont ouverts par des marques dans ce but précis de connaître les critiques et d’y répondre, ce qui est une façon comme une autre, et gratuite, d’étendre son champ publicitaire.

Reconquête N° 233

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Le numéro 233 de Reconquête est paru.

On peut voir le sommaire et en lire quelques extraits sur le site de la revue, notamment l’éditorial de Bernard Antony , et l’excellent texte de David Fontey sur l’avortement.

Les droits des personnes handicapées et la loi sur la fin de vie

Jeanne Smits signale sur son blog que l’article 25 de la nouvelle Convention de l’ONU sur les droits des personnes handicapées engage les Etats Parties à empêcher « tout refus discriminatoire de fournir des soins ou services médicaux ou des aliments ou des liquides en raison d’un handicap ». Elle souligne que c’est une interdiction de ce qui fut infligé à Terri Schiavo. Cela pourrait bien aussi s’opposer à notre loi « sur la fin de vie », qui autorise à interrompre « tout traitement » : comme il était spécifié dans l’exposé des motifs, et c’est le langage actuel des médecins, l’alimentation artificielle fait partie des « traitements », et non des soins. Le malade peut lui aussi demander l’arrêt des « traitements » : c’est en quoi il s’agit d’une loi d’euthanasie, à peine camouflée.