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Mardi de la première semaine de carême

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℟. Paradísi portas apéruit nobis jejúnii tempus: suscipiámus illud orántes, et deprecántes: * Ut in die resurrectiónis cum Dómino gloriémur.
℣. In ómnibus exhibeámus nosmetípsos sicut Dei minístros in multa patiéntia.
℟. Ut in die resurrectiónis cum Dómino gloriémur.

Puisque c’est pour avoir mangé que nous avons été chassés du paradis, c’est en nous abstenant de manger que nous pourrons y retourner. Ce répons est spécifiquement liturgique : il ne se trouve ni dans la Sainte Ecriture ni chez les Pères. Au moyen âge on trouvait le verbe sous cette forme (le jeûne nous a ouvert les portes du paradis, c’est un fait accompli, comme la Passion, la Résurrection et l’Ascension nous ont ouvert les portes du ciel), mais plus souvent sous la forme aperiat, au subjonctif : « Que le temps du jeûne nous ouvre les portes du paradis. » Et parfois au futur (aperiet) : le temps du jeûne nous ouvrira les portes du paradis, comme c’est le cas dans l’antiphonaire cistercien de Salzinnnes ci-dessus.

Quant au verset il est repris de l’épître du premier dimanche de carême. Dans les livres médiévaux on voit aussi, voire plus souvent, cette autre phrase, qui apparaît en effet davantage en rapport avec le corps du répons :

℣. Ecce nunc tempus acceptabile, ecce nunc dies salutis, nemini dantes ullam offensionem. Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut, ne donnons à personne aucune occasion de chute.

Dans l’antiphonaire reproduit ci-dessus, c’est encore un autre verset (6,7) :

℣. Per arma justitiae virtutis Dei, commendamus nosmetipsos in multa patientia. Par les armes de la justice venant de la puissance de Dieu, rendons-nous nous-mêmes recommandables par une grande endurance.