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Saint Romuald

On lit ici ou là la « petite règle de saint Romuald ». Le texte originel se trouve dans la Vie des cinq frères de saint Bruno de Querfurt. La traduction est généralement très édulcorée, pour rendre le texte « présentable ». Mais c’est le trahir, parce que ce qui est remarquable dans ces quelques lignes, comme dans toute la spiritualité (et le style de vie) de saint Romuald, est son étonnante parenté avec les pères du désert. On croirait lire une lettre de saint Barsanuphe ou de saint Jean de Gaza, ou un père cité par Jean Cassien. Il faut garder toute la radicalité du propos, qui fait pleinement partie de l’enseignement. Voici donc le texte latin authentique, et une traduction aussi littérale que possible.

Dans une de ses catéchèses (le 28 mars 2001), Jean-Paul II avait commenté « Una via est in psalmis » :

Si, au cours de certaines périodes de l’histoire, est apparue une tendance à préférer d’autres prières, les moines ont eu le grand mérite de conserver allumée dans l’Eglise la flamme du Psautier. L’un d’eux, saint Romuald fondateur des Camaldules, à l’aube du second millénaire chrétien, arrivait à soutenir que – comme l’affirme son biographe Bruno de Querfurt – les Psaumes sont l’unique voie pour faire l’expérience d’une prière vraiment profonde : « Una via in psalmis ». Avec cette affirmation, à première vue excessive, il restait en réalité ancré à la meilleure tradition des premiers siècles chrétiens, quand le Psautier était devenu le livre par excellence de la prière ecclésiale. Ce fut un choix juste face aux tendances hérétiques qui menaçaient sans cesse l’unité de foi et de communion. A ce propos, il est intéressant de mentionner une lettre merveilleuse que saint Athanase écrivit à Marcellin dans la première moitié du IVe siècle, alors que l’hérésie arienne sévissait, portant atteinte à la foi dans la divinité du Christ. Face aux hérétiques qui attiraient les gens à eux, notamment à travers des chants et des prières qui en gratifiaient les sentiments religieux, le grand Père de l’Eglise se consacra de toutes ses forces à enseigner le Psautier transmis par l’Ecriture. Ce fut ainsi qu’au « Notre Père », la prière du Seigneur par antonomase, s’ajouta la pratique, vite devenue universelle parmi les baptisés, de la prière psalmodique.