Close

(Vigile des saints Simon et Jude)

Cette vigile, comme toutes celles des apôtres, a été supprimée en 1955. Je continue à la célébrer comme je l’ai toujours fait, puisqu’elle se trouve dans mon bréviaire. L’introït est celui de la première messe pour plusieurs martyrs, « Intret in conspectu tuo, Domine ». C’est cette messe qui fut chantée le 27 octobre 2018, en la basilique Saint-Pierre de Rome, lors du pèlerinage Summorum Pontificum. Je ne sais si c’est un clin d’œil à la vigile supprimée. En tout cas voici cet introït dans la version d’Aurelio Porfiri comme l’est toute la messe.

La cible est catholique

Il est de plus en plus évident que le coronavirus est un prétexte non seulement pour vérifier que les peuples sont prêts à se soumettre à n’importe quelle dictature dès qu’on leur inocule le virus de la peur, mais que la première cible est ce qui reste de l’Eglise catholique, qui est donc encore trop présente. C’est nous faire beaucoup d’honneur…

Deux nouveaux exemples, ces jours-ci, le soulignent de façon caricaturale : avec la grimace ricanante du démon.

C’est d’abord l’Irlande, très peu touchée par la maladie, mais où l’on prend des mesures dictatoriales particulièrement brutales. Et dans ce pays qui garde malgré tout un fond catholique, on cible d’abord les prêtres. Aux termes de la nouvelle loi de confinement, les messes sont interdites, comme au temps des persécutions anglaises, et le prêtre qui contreviendrait à l’interdiction encourt jusqu’à six mois de prison ferme… Y aura-t-il des Irlandais assez courageux pour réactiver les « mass rocks » ?

Et puis c’est le Gabon, où il y a eu… une mort attribuée au coronavirus depuis fin août (54 depuis le début de la maladie). Les messes ont été interdites pendant six mois. Le 4 octobre, les évêques annonçaient que le culte reprendrait le 25 octobre. Mais le gouvernement a posé ses conditions : pas plus de 30 personnes à chaque messe, 30 personnes qui devront au préalable présenter un certificat de test négatif et être enregistrées au ministère de l’Intérieur ; et la communion est interdite. Dimanche, la police encerclait les églises pour s’assurer que les consignes étaient respectées…

Et chez nous ? De brillants esprits demandent qu’il y ait un confinement le week-end. Tiens donc. Avec un effet collatéral sournois : les cathos ne pourront plus aller à la messe (mais les musulmans pourront aller à la mosquée…).

Saint Dimitrios

agios_dimitrios_megalomartiras001.jpg

Grande Laure de l’Athos, XVIe siècle.

Aujourd’hui dans la liturgie byzantine c’est la fête du « mégalomartyr Dimitrios le Myroblite ». Ou Démètre, ou Dimitri, protecteur de Thessalonique.

Le martyr : C’était sous le règne de Dioclétien. Un jour d’octobre 296 le co-empereur Maximien rassembla les dirigeants de Thessalonique pour offrir un sacrifice aux dieux. Au premier rang Dimitrios, qu’il avait nommé gouverneur de la ville. Dimitrios révéla alors qu’il était chrétien. Maximien le fit enfermer dans des bains proches du stade. Les chrétiens accouraient pour entendre son enseignement avant son probable martyre. Parmi eux un jeune garçon, Nestor, venait tous les jours. Pendant ce temps se déroulaient les jeux du stade, sous la présidence de Maximien, qui se délectait des exploits d’un ignoble gladiateur barbare nommé Lyéos. Toujours vainqueur, il se vantait d’avoir la force d’Arès, le dieu de la guerre. Nestor supplia Dimitrios de lui donner sa bénédiction pour qu’il aille vaincre Lyéos et le paganisme. Dimitrios le bénit, Nestor alla au stade, et tua Lyéos. Maximien fit immédiatement tuer Dimitrios de coups de lances, et le lendemain il fit décapiter Nestor.

Le Myroblite : « Dieu ne voulut pas laisser inerte, après sa mort, la grâce dont il avait rempli Saint Dimitrios; c’est pourquoi il fit couler de son corps un délicieux liquide parfumé, qui avait la propriété de procurer la guérison à tous ceux qui s’en oignaient avec foi dans l’intercession du Saint. A maintes reprises depuis mille six-cent ans, Saint Dimitrios a manifesté sa bienveillante protection sur la ville et les habitants de Thessalonique. Il les a protégés des assauts des barbares, combattant pour eux sur les remparts; les a sauvés des épidémies et des famines; a guéri les malades et consolé les affligés. Ses miracles sont si nombreux que celui qui voudrait les dénombrer ressemblerait à l’insensé qui désire compter les grains de sable. »

Tropaire de saint Dimitrios (le 17 mai dernier, service minimum pendant le confinement…), en la cathédrale grecque-catholique de Piana degli Albanesi dont il est le titulaire. (Avec Mgr Giorgio Demetrio Gallaro.) Saint Dimitrios est aussi le saint patron de l’éparchie de Piana degli Albanesi.

Μέγαν εὕρατο ἐν τοῖς κινδύνοις, σὲ ὑπέρμαχον ἡ οἰκουμένη, Ἀθλοφόρε τὰ ἔθνη τροπούμενον. Ὡς οὖν Λυαίου καθεῖλες τὴν ἔπαρσιν, ἐν τῷ σταδίῳ θαρρύνας τὸν Νέστορα, οὕτως Ἅγιε, Μεγαλομάρτυς Δημήτριε, Χριστὸν τὸν Θεὸν ἱκέτευε, δωρήσασθαι ἡμῖν τὸ μέγα ἔλεος.

Au milieu des dangers, le monde entier a trouvé en toi un puissant défenseur pour mettre en fuite, victorieux Athlète, les païens ; toi qui as abattu l’arrogance de Lyéos, encourageant Nestor sur le stade, ainsi, saint Dimitri, prie le Christ Dieu d’accorder à nos âmes la grande miséricorde.

Le Christ Roi

chant_img.png

L’introït est une étonnante réussite. L’adaptation de la mélodie (du mercredi de la quatrième semaine de carême et de la Vigile de la Pentecôte pour l’essentiel) colle tellement au texte et exalte tellement les mots essentiels (et elle culmine sur « gloria » !) que si l’on ne savait pas que c’est une création récente on pourrait croire que c’est elle qui est l’original. Du reste, même le choix du texte est remarquable. Car ce Roi dont on célèbre le règne est en effet l’Agneau immolé, et ce n’est pas la première référence qui vient à l’esprit quand on pense à cette fête inventée pour affirmer la royauté sociale du Christ.

 Par les séminaristes de l’Institut du… Christ Roi (Souverain Prêtre):

Saint Raphaël

Screenshot_2020-10-23 SV MIHAEL, GABRIEL I RAFAEL - Kateheza o istinama katoličke vjere - Blog hr.png

La fête de saint Raphaël n’est entrée au calendrier romain qu’en 1921. Dans les bagages, curieusement, de la « sainte Famille ».

En effet, le 26 octobre 1921, Benoît XV décrétait que l’on célébrerait désormais partout la « fête de la sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph » le dimanche dans l’octave de l’Epiphanie. Ceci entraînait l’arrivée au calendrier de l’archange saint Gabriel, le 24 mars, veille de l’Annonciation. Et puisqu’on mettait saint Gabriel, on mit aussi saint Raphaël, pour qu’il ne soit pas jaloux, sans doute. Aucune raison ne fut donnée pour la date du 24 octobre, mais on souligna que ses « bienfaits envers la famille de Tobie sont décrits dans nos Saints Livres ». Donc, seul lien ténu, il est encore question de la famille…

Le décret disait :

Tout le monde se rend compte qu’il est juste et salutaire pour la famille domestique et pour la société elle-même de favoriser et de propager l’Association de la Sainte-Famille que le Saint-Siège a fondée, munie de lois, enrichie d’indulgences et de privilèges en faveur spécialement des associés et des curés; qu’il convient à cette même fin d’honorer la sainte Famille de Nazareth et d’en célébrer la fête dans toute l’Eglise par un rite liturgique spécial, accompagné d’une fructueuse méditation de ses bienfaits et de l’imitation de ses vertus. Il n’est pas moins opportun, pour l’accroissement de la piété et de la dévotion envers la sainte Famille elle-même, de commémorer par une solennité religieuse la divine mission des deux archanges : de saint Gabriel, messager du mystère de l’Incarnation du Seigneur, et de saint Raphaël, dont les bienfaits envers la famille de Tobie sont décrits dans nos Saints Livres.

Le décret instituait également la fête de saint Irénée, le 28 juin. Là, aucun rapport avec quelque famille que ce soit, mais un hommage à un père d’origine orientale qui exalta l’autorité de l’Eglise de Rome :

Profitant de cette occasion, Notre Saint-Père a jugé bon d’honorer par un acte de gratitude, consigné dans la liturgie, l’illustre disciple de saint Polycarpe, évoque de Smyrne, l’évoque et martyr de Lyon qui, dans son ouvrage Contre les hérésies,1. III, a transmis à la mémoire des siècles un si magnifique témoignage en faveur de l’Eglise romaine. « A cette Eglise, écrit-il, en raison de son éminente suprématie, doit nécessairement se réunir toute Eglise, c’est-à-dire les fidèles de tout l’univers… C’est grâce à cette disposition, à cette succession régulière (des pontifes romains), qu’a pu parvenir jusqu’à nous la tradition et la proclamation de la vérité que l’Eglise tient des apôtres. »

Selon le décret, « tout le clergé séculier et régulier » et « tous ceux qui, par précepte, sont tenus à la récitation de l’Office divin » étaient désormais tenus de célébrer ces fêtes.

Pourtant elles n’entrèrent jamais dans le bréviaire monastique…

Les Etats-Unis et le droit à l’avortement

Les Etats-Unis ont signé hier la « Déclaration du Consensus de Genève », qui affirme notamment qu’il n’existe « aucun droit international à l’avortement ».

En signant le texte, le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo (qui en est à l’origine) a déclaré : « Sous la direction du président Trump, les États-Unis ont défendu la dignité de la vie humaine partout et toujours. Il l’a fait comme aucun autre président de l’histoire. »

Et on aimerait bien que ça continue…

« Dans son essence même, la déclaration protège la santé des femmes… et réaffirme l’importance vitale de la famille en tant que fondement de la société », a souligné Mike Pompeo. La déclaration désavoue l’avortement, qui « ne doit pas être promu comme une méthode de planification familiale ». Le texte déclare également que « le droit à la vie est inhérent à la personne humaine », tandis qu’il n’existe « aucun droit international à l’avortement ». « Toute mesure ou changement lié à l’avortement dans le système de santé ne peut être déterminé qu’au niveau national ou local, conformément au processus législatif national. »

Cette dernière phrase est très intéressante, quand on considère que sur les 32 pays qui ont signé la Déclaration, il n’y a que trois Etats européens : la Pologne, la Hongrie, la Biélorussie. La Déclaration laisse pourtant clairement aux Etats la possibilité de permettre des avortements. Le refus de signer est donc bien le refus de nier un droit international à l’avortement, que postule la culture de mort. Laquelle montre ainsi qu’elle est une idéologie totalitaire.

La communion sur la langue

Le quotidien catholique polonais Nasz Dziennik a publié dans son édition du week-end dernier une lettre ouverte, signée par plus de 60 médecins, adressée aux « évêques, prêtres, et frères et sœurs dans la foi de l’Eglise catholique », soulignant qu’en temps d’épidémie la façon traditionnelle de communier est bien plus sûre que la communion dans la main.

« Nous sommes préoccupés par le fait qu’au cours des derniers mois des prêtres ont encouragé (et même ordonné dans certaines paroisses) à recevoir la communion dans la main comme méthode plus hygiénique censée protéger les fidèles du SRAS-CoV-2. Nous ne savons pas sur quelle base, en particulier sur quelle recherche scientifique, une telle thèse a été construite, ou quels postulats médicaux le confirment. Nous pensons, du point de vue médical, que l’on ne peut pas considérer la communion dans la main comme une méthode beaucoup plus sûre que la communion par voie orale. »

Ils soulignent que les mains sont le « point de contact » entre les corps humains et leur environnement. De nombreux experts ont souligné l’existence de plusieurs micro-organismes pouvant inclure des agents pathogènes sur les mains, et ont répertorié à la fois les germes et leurs fâcheux effets sur le corps humain. « Même si nous répandons du désinfectant sur nos mains avant d’entrer dans l’église, nous devons nous rappeler que pendant la messe, elles touchent des choses ou des endroits que nous n’avons pas désinfectés : bancs, vêtements, lunettes, cheveux et même argent (foyer de nombreux germes) » de la quête.

Les médecins ajoutent :

« Du point de vue épidémiologique, nous devons mettre en garde sur le fait que la position debout encourage également la propagation de l’infection car elle rend le prêtre et le communiant plus vulnérables à l’infection mutuelle. » L’un peut en effet infecter l’autre, qui sont sur le même plan, avec des gouttelettes en suspension dans l’air passant d’une bouche ou d’un nez à l’autre, ou même par les yeux. Par conséquent, il est souhaitable que les communiants reçoivent la communion aussi loin que possible du visage du prêtre, autrement dit en étant à genoux.

« Il faut dire, du point de vue médical, que donner la Sainte Communion directement dans la bouche et à genoux est une méthode décidément plus sûre et plus appropriée que de recevoir la Sainte Communion dans la main et debout. Soucieux de la santé des fidèles, nous souhaitons lancer un appel vigoureux à l’épiscopat polonais, aux évêques et à tous les prêtres, pour un retour rapide à l’administration du Corps du Christ sur la langue aux fidèles à genoux.

Les trois premiers signataires du document sont des pathologistes de l’Université de médecine de Białystock : le Dr Marek Baltaziak, le Dr Maria Elżbieta Sobaniec-Łotowska et le Dr Stanisław Sulkowski.

Le mois dernier, 17 médecins allemands avaient rédigé un texte similaire, mais confidentiel, à destination de la conférence des évêques allemands qui allaient tenir leur assemblée annuelle. L’intérêt du texte polonais est qu’il est publié in extenso, dans un quotidien catholique, et dans un pays où les évêques ne sont pas a priori hostiles à la communion sur la langue…

On a vu aussi cela ces derniers jours sur les routes polonaises (avec l’adresse d’un beau site internet « Corps du Christ« ) : Arrêtez la Sainte Communion dans la main !

image.png

Saint Antoine-Marie Claret

Fotos_Claret599.jpg

Extrait de l’introduction à son autobiographie

« Devant le saint sacrement, je sens le Christ présent d’une façon inexplicable . » Son expérience mystique était toute centrée sur le Christ. Il vivait en profondeur le mystère trinitaire, la filiation divine, la possession par l’Esprit, mais c’est dans et par le Christ qu’il les vivait. Saint Bernard l’aurait trouvé très naturel ; n’a-t-il pas écrit que c’est dans le Christ que le Père et l’Esprit nous donnent le baiser de l’union mystique ? Ces phénomènes ont eu lieu avec le contact de l’Eucharistie. Par là, il rejoignait cette ligne de la mystique eucharistique qui trouve ses expressions les plus heureuses chez les pères Grecs et chez saint Bonaventure. Ainsi, on est moins étonné d’apprendre qu’il a reçu de Dieu la grâce de conserver intactes dans sa poitrine les espèces sacramentelles, et cela d’une communion à l’autre. Son témoignage est clair et ferme, et c’est le témoignage d’un saint qui, par ailleurs, est un homme serein et nullement porté à l’illusion. D’autre part, cette grâce vient s’insérer harmonieusement dans la vie de quelqu’un qui a une grande dévotion à l’Eucharistie ; elle vient marquer le mariage mystique de son âme avec Dieu. N’est-il pas normal que l’union transformante lui soit venue par l’Eucharistie, sacrement de l’incorporation ? Une recherche sur la doctrine des Pères concernant l’incorporation au Christ réalisée par la présence des espèces sacramentelles en nous pourrait jeter beaucoup de lumière sur ce cas extraordinaire. Le Saint s’est d’ailleurs aperçu du vrai sens de la grâce : recevant en son cœur, peu avant sa mort, une participation à l’amour que Jésus-Christ avait pour ses ennemis, il l’expliquera par ce texte de Saint-Paul dont il expérimente la vérité : « Je ne vis plus, c’est le Christ qui vit en moi. » Uni au Christ, il a vécu intensément le mystère maternel de Notre-Dame. C’est peut-être l’aspect de sa spiritualité le plus étudié jusqu’ici, tant il est évident. Dès son enfance, il a éprouvé une dévotion toute filiale à la mère de Dieu. Avec la dévotion au saint sacrement, ce fut le trait dominant de son enfance et de sa jeunesse. L’ambiance locale, le bon exemple de sa famille et les écrits de saint-Alphonse de Liguori l’ont également profondément marqué. Puis, à un certain moment, prenant conscience de sa vocation apostolique, il la considérera comme un don de Notre-Dame. Chose curieuse, tandis que pour expliquer la vocation apostolique en général, il parlera de la mission donnée au Fils par le Père et aux apôtres par le Fils, sans faire mention du rôle qu’y joue la Vierge Marie, il expliquera sa propre vocation en la rapportant uniquement à Notre-Dame. Il est son missionnaire car c’est d’elle qu’il a reçu la vocation. La Vierge l’envoie, le lance de ses propres mains, comme une flèche. C’est elle qui le réconforte et qui attire sur son ministère les bénédictions de Dieu. Plus tard, apprenant les conversions causées par la dévotion au Cœur de Marie, ses œuvres principales commenceront à être appelées de ce titre, tandis que l’installation de l’Archiconfrérie du Cœur Immaculé de Marie constituera l’un des points fondamentaux de ses missions. Il en est de même dans sa vie spirituelle : beaucoup de paroles intérieures et d’illuminations proviennent de la Vierge Marie. C’est elle qui, dans une vision, lui donne l’Enfant-Jésus et le rassure sur la réalité de la conservation des espèces sacramentelles. La Très Sainte Vierge est toujours auprès de son Fils dans la vie mystique du Saint. Transformé dans le Christ, sa connaissance du mystère pascal se voit du même coup approfondie. C’est le moment des visions concernant divers mystères de Notre-Dame. Mais, remarquons-le, si notre Seigneur ne se montre jamais à lui sans que la main maternelle de la Vierge n’y intervienne, il ne verra Notre- Dame qu’à côté du Christ. Marie est pour lui non pas la médiatrice d’un Christ distant et inaccessible mais la compagne même du Christ, son aide dans l’œuvre du salut. Elle sera toujours présente à lui, mais comme une part du mystère du Christ. Il y a là une différence très nette entre la dévotion mariale de saint Antoine-Marie Claret et celle d’autres écoles modernes de spiritualité. Voici les trois lignes de force de la spiritualité clarétaine : vocation apostolique, piété profondément christologique et dévotion filiale à Marie.

Et puisqu’on ne dit jamais pourquoi saint Antoine-Marie Claret, ancien archevêque de Cuba, confesseur de la reine d’Espagne, est mort à 62 ans dans un monastère français, voici les dernières lignes de la longue introduction signée Jean-Marie Lozano :

S’il n’a pas vu se réaliser son désir de donner sa vie pour le Seigneur Jésus, il a souffert un long martyre spirituel dans les dernières années de sa vie. La souffrance est alors allée en progressant : exil, campagne de presse, demandes d’extradition pour le faire juger par un tribunal révolutionnaire… Dieu l’en a libéré en le rappelant à Lui. Mais, même dans mort, il devait ressembler au Christ : il est mort seul, privé presque de tous ses amis, accueilli par charité dans un monastère.

 

Une victoire de la vie

C’est une grande victoire pour les futurs enfants trisomiques et leurs familles, et pour le respect de la vie humaine. Le tribunal constitutionnel de Pologne vient de juger anticonstitutionnelle l’article de loi qui permet d’avorter en cas de « déficience fœtale grave et irréversible ou maladie incurable menaçant la vie du fœtus ».

En bref, l’avortement devient quasiment interdit en Pologne. Car il y avait un millier d’avortements par an, la plupart pour cause de trisomie.

Cette décision, prise le jour de la fête liturgique de saint Jean-Paul II (le pape éternel des Polonais…) est l’aboutissement du tenace travail du comité « Stop avortement » qui avait lancé une pétition en 2017. Pétition vigoureusement soutenue par les évêques et signée en quelques semaines par 830.000 personnes, ce qui obligeait la Diète à en débattre. Mais le débat était enlisé. Alors des députés ont opportunément saisi le Tribunal constitutionnel…

On attend la réaction de l’UE et du Conseil de l’Europe… En juin 2019 la commissaire aux « droits de l’homme » de cette dernière institution avait « mis en garde » la Pologne, et en avril dernier elle avait « exhorté » le Parlement polonais à « rejeter les projets de loi qui restreignent la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes », demandant au contraire aux autorités polonaises de « garantir d’urgence un accès effectif à l’avortement sûr et légal »…