Antienne de communion
Tóllite hóstias, et introíte in átria eius : adoráte Dóminum in aula sancta eius.
Prenez des « hosties » et entrez dans ses parvis ; adorez le Seigneur dans son saint temple.
Dans le psaume 95, avant ce « tollite hostias », il y a trois fois « Afferte » : apportez. Apportez au Seigneur, patries des peuples, apportez au Seigneur la gloire et l’honneur, apportez au Seigneur la gloire de son nom, prenez des victimes et entrez dans ses parvis…
Hostia, c’est proprement la victime offerte en sacrifice. Comme le remarque le cardinal Schuster, dans les sacrifices du Temple, c’étaient les fidèles qui apportaient les offrandes ; dans le Sacrifice de la Nouvelle Alliance, c’est la victime qui s’offre à nous. La victime immolée sur l’autel, d’où le sens chrétien du mot « hostie ». Et c’est le sens qu’il a dans ce chant de communion : allez recevoir l’hostie et entrez dans la communion trinitaire.
La mélodie est du 4e mode. Mais elle est transposée à la quarte supérieure, avec donc une finale en si et non en mi. Cette transposition a pour seul motif, me semble-t-il, d’éviter que la dernière note de « Dominum » soit un si, qui devrait être bémolisé. Il y a cependant au moins un manuscrit (graduel de Klosterneuburg, université de Graz) qui ne transpose pas et indique un si bémol.
Cette descente sur « Dominum » est d’ailleurs tout à fait remarquable. Il est habituel que la mélodie fasse une révérence sur le nom du Seigneur, mais ici c’est une grande métanie, une prosternation (pour recevoir l’hostie), soulignée par le fait que chaque première note des clivis (groupe de deux notes) reprend la note précédente, et l’allonge.
Puis la mélodie remonte et brode tout doucement sur le demi-ton si-do, contemplant le Seigneur dans son temple qui est mon corps, pour s’évanouir sur un si qui se prolonge dans l’éternité.