Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’université al-Azhar, la principale référence de l’islam sunnite modéré.
Début décembre, les médias rapportaient avec délectation les propos du grand imam d’al-Azhar dénonçant la « barbarie » des jihadistes de l’Etat islamique et la déclaration finale de la « Conférence contre l’extrémisme et le terrorisme » qu’il avait réunie : « Les attaques contre les personnes, les lieux saints sont condamnées par l’islam ; la division des patries, l’effondrement des pays aboutissent à une vision déformée de l’islam, à des crimes contraires à la religion. »
Mais al-Azhar met en garde contre les mauvaises interprétations de ces propos. Certains en ont déduit que les jihadistes de l’Etat islamique sont donc des infidèles, des mécréants, des takfirs. Al-Azhar publie donc un communiqué pour souligner qu’il ne peut être question de les traiter de takfirs. Car pour cela il faut qu’une fatwa l’ait déclaré, or il n’y a pas eu de fatwa, et il ne peut pas y en avoir contre quelqu’un qui professe ouvertement l’islam, et il ne peut donc pas y avoir de fatwa pour takfirisme à l’encontre des jihadistes de l’Etat islamique :
« Tous les religieux qui ont participé à cette conférence contre le terrorisme sont bien conscients du fait qu’ils ne peuvent émettre de sentences d’apostasie contre un croyant abstraction faite de ses péchés.
« C’est l’une des données acquises de l’islam que de reconnaître que quelqu’un ne peut être défini infidèle que lorsqu’il nie la chahada. »
(Vous avez remarqué comme les médias sont tout à coup d’une exquise discrétion ?)