Depuis le mois d’octobre, un mouvement intitulé Pegida (acronyme en allemand de Patriote Européen contre l’islamisation de l’Occident), appelle à manifester tous les lundis dans les rues des villes. Tous les lundis, comme dans les derniers temps de l’Allemagne de l’Est. Et souvent en reprenant le slogan d’alors : « Nous sommes le peuple ». Et les plus grandes manifestations ont lieu à Dresde : ils étaient quelque 15.000 hier, contre 10.000 le lundi précédent. Il y a désormais des manifestations à Düsseldorf (ouest), Würzburg (sud), Rostock (nord), Bochum (ouest), Munich (sud)… Elles sont soutenues par le parti anti-euro AfD.
Le mouvement inquiète le gouvernement allemand. Le ministre de la Justice s’est fendu d’un grand discours sur le respect de l’étranger et du pauvre demandeur d’asile et a vigoureusement condamné cette intolérable xénophobie. Angela Merkel elle-même est intervenue, une première fois vendredi dernier par la voix de sa porte-parole, pour « condamner avec la plus grande fermeté » ces manifestations de « haine religieuse », une deuxième fois hier en direct, disant que s’il y avait la liberté de manifester en Allemagne, il n’y avait pas de place pour « l’incitation à la haine et la calomnie » envers les étrangers.

