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La mémoire de l’UMP

Le député UMP Jean-Pierre Grand déclarait hier dans les couloirs de l’Assemblée nationale à propos de la déclaration de Nicolas Sarkozy sur « le système colonial profondément injuste » : « Nous sommes à la veille du 5 décembre. Comme député de l’Hérault, comme député de la République, je voudrais rappeler tout le travail, l’amour des rapatriés pour leur terre, et qui ont contribué pendant un siècle à l’œuvre civilisatrice de la France. Aujourd’hui, c’est un devoir moral que de reconnaître l’apport culturel, économique et humain que les rapatriés ont apporté à l’Algérie. Aujourd’hui, ça ravive un débat et je ne sais pas si quelques contrats valent qu’on ravive ce débat surtout à la veille du 5 décembre, qui est un moment de respect, d’hommage, de mémoire à l’action de la France Outre-mer et en particulier en Algérie, au Maroc et en Tunisie. »

Le porte-parole de l’UMP, Yves Jégo, a menacé Jean-Pierre Grand d’exclusion : « A force de jouer personnel Jean-Pierre Grand risque d’être exclu de l’équipe. Il serait temps que le député de l’Hérault se ressaisisse, qu’il se souvienne qu’il a été élu avec le soutien de l’UMP et sur la base du programme de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. »

Yves Jégo ne se souvient plus qu’il a voté (je suppose) comme tous les députés UMP l’article 4 de la loi du 23 février 2005 : « Les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. »

Addendum. Dans l’après-midi, le secrétaire général de l’UMP Patrick Devedjian a annoncé la « suspension immédiate » de Jean-Pierre Grand, en attendant que soit saisi le bureau politique. Et l’UMP « condamne avec indignation ses propos tenus à l’encontre du président de la République alors qu’il était encore à l’étranger ».