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Immonde

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Le Secrétaire d’État a exprimé son admiration pour les catholiques du grand pays asiatique, ainsi que sa proximité dans la prière : «Nous sommes fiers du témoignage de foi qu’ils donnent. Nous espérons qu’ils seront toujours de bons citoyens et de bons catholiques, qu’ils exprimeront cette double dimension également dans leur vie concrète».

Le pire à venir

Le site Messa in latino confirme (comme le relaie le Forum catholique) ce que l’on entendait dire depuis un certain temps : sur le plan liturgique, la gestion des communautés anciennement Ecclesia Dei passe à la Congrégation pour le culte divin, et sur le plan administratif à la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique.

L’une et l’autre congrégations sont dirigées par de fanatiques ennemis de la tradition (Roche et Braz de Aviz). Les communautés sont donc désormais à leur merci : n’importe quel prétexte permettra de les supprimer, comme plusieurs l’ont été parce qu’elles ne bénéficiaient pas de la protection de la commission Ecclesia Dei. Et déjà a été détruite la fraternité sacerdotale Familia Christi de Ferrare, six mois à peine après la suppression de la commission.

Le jour même de la suppression de la commission, je signalais que, cet obstacle éliminé, François pouvait détruire d’un trait de plume toute communauté traditionnelle qui serait portée à son attention pour une raison ou une autre. J’ajoutais que la prochaine étape était l’abolition de Summorum Pontificum…

Bravo et merci !

On connaît bien Mgr Salvatore Cordileone, l’archevêque de San Francisco, qui fait honneur à son prénom et à son nom sur tous les sujets. Concernant le motu proprio de François qui entre en guerre contre la messe traditionnelle, j’avais été un peu déçu de sa réaction, seulement verbale et floue : « La messe est un miracle sous toutes ses formes : Le Christ vient à nous dans la chair sous l’apparence du pain et du vin. Ce qui compte, c’est l’unité dans le Christ. Par conséquent, la messe traditionnelle en latin continuera d’être disponible ici dans l’archidiocèse de San Francisco et fournie en réponse aux besoins et aux désirs légitimes des fidèles. »

Cela ne répondait pas clairement aux diktats du motu proprio, particulièrement au fait que les évêques sont chargés d’empêcher la constitution de nouveaux groupes de fidèles, et doivent interdire la messe traditionnelle dans les églises paroissiales.

Ah oui, dans les églises paroissiales… Ah bon. Il n’a pas dit les cathédrales. Aussi Mgr Cordileone institue-t-il une messe traditionnelle mensuelle dans sa cathédrale !

La première a été célébrée le 4 août. Et comme c’était la fête de saint Dominique, elle a même été célébrée en rite dominicain.

Maintenant on sait clairement comment Mgr Cordileone va (ne pas) appliquer le motu proprio.

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Mgr Cordileone célébrant la messe traditionnelle en la basilique du sanctuaire national de l’Immaculée Conception de Washington, le 16 novembre 2019. L’archevêque de Washington, très défavorablement connu sur tous les sujets, vient d’interdire la messe que devait y célébrer Mgr Thomas Gullickson, ancien nonce en Suisse, le 14 août. En faisant référence de façon lapidaire au motu proprio.

Au Nicaragua

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Pour la deuxième année consécutive, l’archevêché de Managua a supprimé les festivités de saint Dominique, ou du moins ce qu’il pouvait supprimer de ces gigantesques festivités populaires qui s’étalent sur deux semaines, à savoir les processions de la statuette du saint, le 1er et le 10 août.

L’origine de cette fête – bien plus importante que celle du saint patron de Managua, saint Jacques – est la découverte en 1885, par un bûcheron, d’une statuette dans le creux d’un arbre. Il la montra à un prêtre de Managua qui constata qu’il s’agissait de saint Dominique. On installa la statuette dans l’église, mais peu après le bûcheron la retrouva dans le même arbre. Il retourna voir le prêtre, qui constata que la statuette n’était plus à sa place. Alors on laissa la statuette dans son arbre, et chaque année autour du moment de sa fête on l’amènerait à Managua et on la porterait en procession dans les divers quartiers de la ville.

Puisque le clergé d’aujourd’hui a la religion « sanitaire » (et a horreur de la religion populaire), la mairie a décidé de prendre les choses en main, et elle a organisé elle-même les processions de saint Dominique. Puisque l’archevêque ne veut pas que la statuette authentique sorte dans les rues, eh bien on en fera processionner une réplique. L’important étant que le saint patron de la ville soit honoré comme il se doit.

Naturellement, cela n’a pas plu du tout à l’archevêque (l’un des premiers à avoir été fait cardinal par François…), qui a condamné cette initiative au cours de l’homélie de sa messe du dimanche 1er août, célébrée… à son domicile, pour raisons « sanitaires »…

Au Costa Rica

En bons petits soldats du pape, les évêques du Costa Rica appliquent le motu proprio Traditionis custodes de façon radicale : gardiens de la tradition, ils interdisent purement et simplement la messe traditionnelle sur tout le territoire.

Il y a eu une manifestation samedi devant la nonciature. Curieusement, le nonce est sorti pour… bénir les manifestants et leur dire qu’il proposait sa « médiation »…

En Chine

Mgr Li Hui est désormais évêque coadjuteur de Pingliang (Gansu). La consécration épiscopale a eu lieu hier. Elle a été présidée par le président de la soi-disant Conférence des évêques de Chine et le vice-président de l’Association patriotique des catholiques de Chine, à savoir les deux courroies de transmission du parti communiste chinois représentant l’Eglise catholique officielle de la Chine communiste.

Le vice-secrétaire général de la Conférence des évêques de Chine a lu solennellement la lettre d’approbation du nouvel évêque par le régime communiste chinois.

La consécration de Mgr Li Hui, nous dit-on, est en phase avec l’accord conclu entre le Vatican et le régime communiste chinois. C’est même officiellement la cinquième consécration épiscopale réalisée conformément à ce document.

Rien n’indiquait hier à Pingliang qu’il en fût ainsi. Mais le bureau de presse du Saint-Siège a fait savoir que le pape avait nommé Mgr Li Hui évêque coadjuteur de Pingliang le 11 janvier dernier. Donc tout va bien…

Euh… pas tout à fait.

Parce que, le même jour, le P. Joseph Liu, du diocèse de Mindong (Fujian), qui a le malheur de vouloir rester catholique, a été arrêté par la police en raison de son refus persistant de faire partie de l’Eglise officielle (l’Association patriotique). Après dix heures de torture, six policiers l’ont obligé à signer en lui tenant la main.

Le bureau de presse du Saint-Siège n’en parle pas. Après tout, le P. Joseph Liu n’a qu’à obéir au Saint-Père et se faire communiste comme les autres.

Encore un…

Parmi les évêques qui publient un communiqué patelin pour rassurer les tradis à bon compte en attendant les décisions qui seront prises plus tard, il y a celui de Mgr Jacolin, évêque de Luçon.

On remarque que Mgr Jacolin utilise quatre fois, en quelques lignes, l’expression « forme extraordinaire ». Alors que le pape dit explicitement que la seule expression du rite romain, de la lex orandi, est celle des livres liturgiques publiés depuis 1970.

Puisqu’il n’y a plus de « forme extraordinaire », on se demande ce que veut dire Mgr Jacolin dans ce paragraphe :

Je demande aux fidèles attachés à la forme extraordinaire d’accueillir dans un esprit de foi et avec une obéissance éclairée les raisons qui ont amené notre Pape à promulguer son motu proprio.

Le seul sens possible de cette phrase est que les fidèles attachés à la messe traditionnelle doivent admettre que le pape a décidé de la supprimer.

Sympathique mais…

Une association « SOS Patrimoine » (il semble qu’il y en ait plusieurs de ce nom) lance une pétition pour demander à Audrey Azoulay, directrice de l’UNESCO, de « reconnaître l’appartenance de la messe tridentine au patrimoine culturel immatériel de l’humanité », puisque le pape a déclaré la guerre à la messe traditionnelle et veut sa disparition.

L’idée est sympathique, mais… stupide.

L’inscription sur la « Liste du Patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente » (c’est l’intitulé officiel) ne peut se faire que sur demande d’un Etat. Il est donc vain de demander à des individus de faire la démarche. En outre l’Etat demandeur doit justifier des initiatives qu’il a déjà prises pour tenter de sauvegarder le patrimoine en péril : il serait donc aussi vain de demander au gouvernement français de faire la démarche…

Mais cela doit amuser la descendante d’une grande dynastie juive marocaine, ancien ministre socialiste de la République maçonnique française, qu’on lui demande de sauver la messe…

Notre bon Mgr Mouton Noir

L’excellent Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, publie un long texte « sur l’épidémie de Covid », où il pose les bonnes questions. Voici les dernières qu’il énonce :

Enfin, le pass-sanitaire est présenté souvent de manière altruiste, comme nécessaire pour éviter que des non vaccinés contaminent les autres, par exemple les clients d’un restaurant ou les personnes les plus vulnérables que nous côtoyons ? Mais si ceux-ci sont vaccinés, que risquent-ils ? D’ailleurs le vaccin anti-covid protège-t-il de la contamination et de la transmission du virus ? La parole publique n’est pas claire : dans un mémoire au Conseil d’Etat du 28 mars 2021, le Ministre de la Santé affirme, arguments à la clé, qu’il y a toujours un risque pour les personnes vaccinées, mais le Premier Ministre dans son allocution du 21 juillet sur TFI, affirme sans ambages que l’on est protégé. Qui croire ? Et si le vaccin ne protège pas, pourquoi les vaccinés seraient-ils davantage admis dans certains lieux que les non-vaccinés ? A-t-on évalué les contraintes que le pass-sanitaire fera peser sur les citoyens dans la vie quotidienne ? Ne représente-t-il pas en fin de compte une obligation vaccinale déguisée ? Comment concilier les textes de loi, depuis le Code de Nuremberg, qui interdisent toute obligation vaccinale ? Si le 8 avril 2021, un arrêt de la CEDH (Cour Européenne des droit de l’homme) a autorisé la vaccination obligatoire à certaines conditions, une résolution du Parlement Européen, votée le 27 janvier 2021, par tous les pays de la Communauté, y compris la France, demande « de s’assurer que les citoyens et citoyennes sont informés que la vaccination n’est pas obligatoire et que personne ne subit de pressions politiques, sociales ou autres pour se faire vacciner, s’il ou elle ne souhaite pas le faire personnellement » (7.3.1) et « de veiller à ce que personne ne soit victime de discrimination pour ne pas avoir été vacciné, en raison de risques potentiels pour la santé ou pour ne pas vouloir se faire vacciner » (7.3.2). Qu’en penser ?

Mgr Aillet contredit frontalement et de manière spectaculaire la « conférence des évêques de France », le lendemain même du communiqué du soviet des petits auxiliaires ecclésiastiques de la dictature. Qu’il soit remercié, une fois encore, de son courage face à la meute civile et ecclésiale.

Les petits auxiliaires de la dictature

Passe sanitaire : ne confondons pas les libertés

Des réfractaires à la vaccination ont fait usage de l’étoile jaune. C’est une grave confusion de pensée. La tribune publiée le 22 juillet 2021 veut le dire fortement.

La Shoah représente une horreur absolue à partir de laquelle nos conduites politiques doivent être jugées et non devenir un jouet au bénéfice de n’importe quelle cause. La vaccination dont il est question est la réponse médicale disponible pour faire face à une épidémie qui risque de paralyser encore la vie économique mais surtout la vie sociale et les échanges d’affection et d’amitié. Elle ne nie pas la dignité d’êtres humains en justifiant leur élimination.

En la rendant obligatoire pour certains et en imposant un passe sanitaire pour certaines activités, le gouvernement assure ses responsabilités légitimes sous le contrôle du parlement. Sous ce même contrôle, il impose des restrictions à celles et ceux qui refusent le vaccin. Il appartient aux instances juridictionnelles de notre État de droit de vérifier que l’imposition du passe sanitaire est conforme au droit, limitée à la durée de l’épidémie sous une forme gravement contagieuse et que les restrictions aux libertés d’aller et venir sont proportionnées.

Ne confondons jamais la liberté de voyager et celle d’exister ni la liberté d’aller au cinéma ou au café et celle de louer Dieu ou de ne pas le louer, même s’il est clair que ni l’État ni les citoyens ne doivent négliger que toutes les libertés se tiennent. Cette épidémie nous fait éprouver à tous combien nous sommes responsables les uns des autres. C’est comme une annonce de l’unité du genre humain et de l’union intime avec Dieu.

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, Président de la Conférence des évêques de France,
Mgr Olivier Leborgne, évêque d’Arras, et Mgr Dominique Blanchet, évêque de Créteil, vice-présidents de la Conférence des évêques de France,
Père Hugues de Woillemont, Secrétaire général de la Conférence des évêques de France.