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Hommage à Benoît XVI

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Le site du Vatican met en ligne un superbe album sur Benoît XVI, dont les textes, aussi bien choisis que les photos, résument la pensée du pape. Un travail remarquable, à connaître et à faire connaître.

Coïncidence ?

Benoît XVI a renoncé à sa charge le 28 février.

C’est le jour anniversaire de la mort de Dom Gérard, le seul moine du XXe siècle qui ait fondé un monastère. Et pour la messe de saint Pie V.

Dans son message au monastère, pour la mort de Dom Gérard, Benoît XVI rendait grâce « pour l’attention de Dom Gérard à la beauté de la liturgie latine, appelée à être toujours davantage source de communion et d’unité dans l’Église ».

Cardinal et préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il avait célébré la messe au monastère le 24 septembre 1995.

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Benoît XVI avait choisi son nom en l’honneur de saint Benoît, patriarche des moines d’Occident, et des bénédictins.

Le 13 septembre 2008, au champ de Mars à Paris, il avait célébré la messe avec une chasuble de Dom Gérard.

L’immonde confession de Jean-Pierre Denis

Jean-Pierre Denis, le directeur de la rédaction de La Vie, tresse des couronnes à Benoît XVI maintenant qu’il s’en va. Il n’est pas le seul, assurément, de ce genre hideux. Mais il est un sommet du genre.

Dans son éditorial, il rappelle qu’il était place Saint-Pierre lors de l’élection de Benoît XVI, le 19 avril 2005, et qu’il ne se sentait « pas heureux, tant l’image d’inflexibilité et de dogmatisme qui collait à la soutane de Joseph Ratzinger pouvait sembler inquiétante, triste, voire désespérante ». C’est que, ajoute-t-il, « comme beaucoup, je ne l’avais lu qu’à travers des citations tronquées ou des raccourcis médiatiques. Comme beaucoup, je n’avais pas compris. »

Voilà donc premièrement un journaliste, deuxièmement qui se prétend spécialisé dans l’information religieuse, et qui devient rédacteur en chef de La Vie (en 2005, justement) sans avoir jamais lu une ligne du théologien Ratzinger ou du cardinal Ratzinger, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, bras droit de Jean-Paul II, et en ce début de 2005 son probable successeur.

Jean-Pierre Denis était-il déjà rédacteur en chef le 19 mai 2005, ou l’est-il devenu ensuite grâce à sa compétence exceptionnelle d’homme qui n’a jamais lu une ligne du nouveau pape ?

Peu importe. C’est la coïncidence qui est remarquable. En 2005 le nouveau rédacteur en chef de La Vie ex-catholique ne savait du nouveau pape que ce que les ennemis du pape et de l’Eglise en disaient, et il ne voulait pas en savoir davantage. Ce qui était pratique, bien sûr, pour écrire dans un tel magazine…

Je fais mienne la conclusion du site Benoît et moi qui a relevé l’énormité de la chose :

« Non, vraiment. C’est trop facile de se dédouaner ainsi d’une pirouette: « Ecoutez, on vous a raconté n’importe quoi pendant huit ans, mais maintenant qu’il s’en va, on peut bien vous le dire ». L’adage populaire « mieux vaut tard que jamais » me reste cette fois largement en travers de la gorge. »

Le cardinal Zen : Benoît XVI, le Saint-Siège et la Chine

L’agence Asianews publie un texte fort intéressant du cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong, auteur des méditations du chemin de croix du pape en 2008, et qui n’est pas, comme on le sait, un adepte de la langue de bois. Voici une rapide traduction de ce texte.

Benoît XVI est un grand pape, un homme amoureux de la vérité. Pour lui, Dieu est la vérité, et l’homme ne peut pas vivre sans la vérité. Malheureusement, aujourd’hui, la vérité n’est pas « à la mode », et ce qui domine réellement est ce que Benoît XVI a qualifié de « dictature du relativisme ». Mais il a toujours tenu la barre pour garder le cap selon la vérité. Cela est sa contribution à la culture mondiale, et aussi à la Chine. Il faut ajouter que ce pape a fait pour la Chine ce qu’il n’a fait pour aucun autre pays : à aucune autre Eglise particulière il n’a écrit une lettre spécifique, aucun pays n’a une commission spéciale issue des deux plus importants dicastères du Saint-Siège, d’une trentaine de membres, qui lui soit dédiée. Nous devons lui en être profondément reconnaissants.

Mais, malheureusement, je dois ajouter que, souvent, il a été une voix isolée dans le désert. Je l’ai dit et je le répète : son travail a été ruiné par d’autres qui sont proches de lui, qui ne suivaient pas sa ligne. Je n’ai pas à juger les consciences : il est probable que ces conseillers pensaient que peut-être il n’en savait pas assez sur la situation, qu’il n’était pas en mesure de suivre la bonne stratégie. Quoi qu’il en soit, ces gens-là n’ont pas mis en œuvre ce que Benoît XVI avait établi comme lignes directrices pour l’Eglise en Chine.

En disant « d’autres », j’entends des gens du Vatican, mais aussi des gens de l’extérieur qui, sans l’aide du Saint-Siège, n’auraient pas fait tant de dégâts. C’est une situation très désagréable, bien qu’elle montre un autre aspect de la personnalité de Benoît XVI : il est absolument ferme en ce qui concerne la vérité, mais il est très respectueux des gens autour de lui, très – peut-être trop – poli : un homme doux, qui n’utilise jamais la force.

Ce n’est pas une faiblesse, c’est l’autre face d’un de ses grands mérites, la gentillesse, le respect, la pitié, exactement l’opposé de la façon dont il a souvent été dépeint (le « conservateur », le « panzer », l’« inquisiteur », etc.).

Moi aussi, parfois, j’ai été impatient et j’ai trouvé qu’il était trop déférent. Ces dernières années j’ai continué d’insister sur ce point parce que, en Chine, les gens sont très simples et ils identifient facilement le Saint-Siège au pape. Or il faut dire que beaucoup de ce qui a été fait en Chine n’est pas toujours attribuable au Saint-Père.

 

Le Vatican et le compromis à tout prix

 

Quelle influence ont eues la Lettre et la commission sur l’Egllise en Chine ?

La Lettre est d’une très grande importance encore aujourd’hui : premièrement, il s’agit d’un document et cela demeure, et nous pouvons nous y référer plus tard. J’espère que le nouveau pape recommencera à partir de cette Lettre. Elle a été écrite par Benoît XVI, mais avec la participation de nombreuses personnes. Et elle a montré sa clarté dans la foi, aussi bien que sa compassion et sa gentillesse. Il y a un équilibre parfait entre la simplicité et l’ouverture d’esprit. Cet équilibre a été perturbé par une manipulation dans la traduction chinoise et une interprétation tendancieuse.

En ce qui concerne la commission, je pense qu’on a perdu une immense opportunité. Comment est-il possible qu’une assemblée de 30 personnes, dans une réunion plénière de trois jours, soit ainsi contrecarrée ? Il est nécessaire que les consciences s’examinent si l’on veut vraiment comprendre pourquoi cet organisme ne fonctionne pas à l’intérieur du Saint-Siège.

Une étude sérieuse est nécessaire pour faire en sorte que cette commission fonctionne efficacement. Bien sûr, elle est consultative par nature, et le pape a le dernier mot, mais la commission doit alors mettre en œuvre la décision ! Parfois j’ai eu l’impression que les chefs de service conseillaient directement le pape sur la politique à suivre et les gestes à faire, contournant l’avis de grande valeur, parfois unanime, de la commission.

Dès le début, à mon avis, une mauvaise stratégie a été suivie : la stratégie de compromis à tout prix avec Pékin.

Une fois, face à face avec le Saint-Père, je lui ai dit qu’il était en train de suivre la voie du compromis jusqu’au bout. Il a corrigé : « Eh bien, peut-être pas jusqu’au bout, c’est une question de degrés. » On pourrait dire que parfois il exagérait, cédant à la pression, pensant que c’était la seule façon pour l’Eglise en Chine de survivre. De cette manière, au lieu d’encourager une attitude ferme, c’est la soumission qui était encouragée. Bien sûr, les évêques en Chine sont face à un mur et sont soumis à de puissantes pressions, mais ceux qui peuvent parler librement, comme moi, nous devait dire les choses vraies, en encourageant les témoins de la foi.

Le pape lui-même, face aux événements en Chine, a toujours appelé au « courage ». En revanche, ceux qui sont autour de lui parlaient de « compassion », de « compréhension », de « patience », en exagérant et en cédant du terrain bien au-delà des limites acceptables, contre le consensus de la majorité de la commission. La compassion est nécessaire, mais le respect de la vérité et de la doctrine de la foi catholique l’est aussi. En ce qui concerne la vérité, nous pouvons fonder notre conclusion sur les informations que nous recevons de nombreux fidèles et prêtres de Chine, la pars potior, la meilleure partie de l’Eglise en Chine, qui n’appartient ni aux franges radicales ni aux franges libérales. Les fidèles, qui ont toujours le sens de l’Eglise – pas seulement les fidèles de l’Eglise clandestine, mais aussi ceux de l’Eglise officielle, souffrent profondément de cette attitude de compromis. Il serait utile de traduire toutes ces plaintes que les chrétiens de Chine publient sur internet, un peuple qui gémit des ambiguïtés qui dominent les évêques et les opportunistes.

Nous sommes confrontés à un ennemi qui abîme non seulement l’Eglise, mais aussi la Chine, notre patrie. Il y a des représentants du gouvernement et des personnalités ecclésiastiques qui poursuivent leurs propres intérêts de façon indécente, asservissant les évêques de l’Eglise officielle par d’énormes pressions ; les menant par le bout du nez ; les obligeant à participer à des ordinations illicites, faisant des alliances avec les pires éléments. J’ai une profonde suspicion : si un jour les dirigeants suprême de la Chine décident de regarder de plus près ces représentants, ils découvriront des horreurs et des atrocités, difficiles à ignorer.

 

Les témoins sont plus forts que les opportunistes

 

Quel espoir y a-t-il pour l’Eglise en Chine ? Il y a quelques jours, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei, a donné un « conseil » au futur pape, disant que le Vatican « ne devait pas s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine » et devait rompre ses relations avec Taiwan. Pour moi, le Saint-Siège doit ignorer ces clichés et ces accroches que la Chine lance depuis des décennies. Se cacher derrière ces déclarations est honteux de leur part car les dirigeants chinois eux-mêmes sont responsables au premier chef d’avoir détruit le dialogue et la confiance. Non seulement dans le passé, mais aussi récemment. Il faut toujours qu’ils aient le dernier mot, et quand le Saint-Siège ne se plie pas à de nouveaux compromis, ils passent à l’intimidation. Il est temps pour les dirigeants chinois de montrer un minimum de sincérité. Malheureusement, même maintenant, il y a des gens parmi nous qui nourrissent des illusions, disant que peut-être, avec les nouveaux dirigeant – qui auront le pouvoir en mars -, il y aura de nouvelles possibilités. Bien sûr, nous devons nous accrocher à un petit peu d’optimisme. Lorsque, comme maintenant, de nouveaux dirigeants sont sur le point de prendre les rênes, il faut leur donner une chance, mais nous devons aussi être réalistes : nous devons dénoncer à ces dirigeants une situation vraiment horrible.

Quant à moi, plus je vois le nouveau chef, XI Jinping, plus je commence à perdre espoir. Lors de sa visite à Guangdong dans le sud, il a dit qu’il fallait empêcher ce qui s’est passé en Russie : en donnant même un peu, vous risquez de perdre le pouvoir que vous avez gagné. Cela signifie qu’il pense toujours en termes de dictature du parti. En revanche, à Pékin, il réprimande ses plus proches collaborateurs, les avertissant que s’ils ne sont pas honnêtes et ne changent pas et ne rejettent pas la corruption, ils pourraient perdre le pouvoir. Cela signifie qu’il ne pense qu’à la perpétuation de la mainmise du parti sur le pouvoir. Selon moi c’est impossible : le parti est aujourd’hui tellement corrompu que sans la participation du peuple il ne se nettoiera pas lui-même. Sans un minimum de démocratie, il est impossible pour le parti de guérir.

Il en est de même dans l’Eglise officielle, particulièrement parmi ses dirigeants. Mais j’ai une grande confiance dans le peuple et les prêtres qui, bien qu’ils soient désorientés – avec des évêques indignes de ce nom – acceptent de souffrir, d’aller en prison pour la foi et continuent d’évangéliser. Selon moi, ces gens sont ceux qui sauvent la foi en Chine.

Il y a des prêtres qui sont arrêtés, interrogés, frappés, torturés, emprisonnés pendant des jours, mais qui ne renoncent pas à leur foi et à leur amour pour le Saint-Père ; de nombreux prêtres n’accepteront pas les ordinations illégales, il y a le cas de Mgr Ma Daqin, l’évêque auxiliaire de Shanghai, qui après avoir décidé de quitter l’Association patriotique a été mis en résidence surveillée. Malheureusement, même dans son cas, le Saint-Siège a été trop prudent, il n’a pas soutenu ce choix de tout son poids, optant pour une politique de prudence et de modération. Et nous avons perdu une opportunité d’aider les autres évêques en Chine : alors que Mgr Ma est privé de liberté, ils – en particulier les dirigeants de la soi-disant Conférence des évêques chinois – se font trimballer dans des voitures bleues aux frais du parti, mangent et boivent dans des banquets, et en échange de leur obéissance au parti font des gestes contre le pape.

La commission des évêques qui a condamné Ma Daqin était présidée par le directeur de l’administration sociale du bureau des Affaires religieuses, Wang Zuoan. Cet homme même qui a peur de prendre des décisions et qui se cache derrière l’Eglise et les évêques, en les utilisant comme des marionnettes. En fait, et c’est une source de vraie douleur, à travers lui, un parti athée gère la vie de l’Eglise et de toutes les religions.

Quelques précisions romaines

En début d’après-midi, le Directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège a précisé le calendrier du Saint-Père: Samedi à 9h se concluent les exercices spirituels de la Curie Romaine et comme à l’accoutumé le Pape s’adressera brièvement aux participants. A 11h 30, il recevra le Président de la République italienne. Le lendemain dimanche, il récitera le dernier angélus de son pontificat. Mercredi 27, se déroulera Place Saint-Pierre la dernière audience générale et, vues les circonstances (on attend 30.000 personnes), la papamobile fera un circuit plus long. Le 28, Benoît XVI saluera tous les Cardinaux présents à Rome, sans prononcer de discours. Ensuite, peu avant 17h Cour Saint-Damase, il sera salué par le Cardinal Secrétaire d’Etat, puis à l’héliport par le Cardinal Doyen. A Castelgandolfo, il sera accueilli par le Cardinal Président et le Secrétaire du Governorat, accompagné du Maire de la commune. Il saluera la foule depuis le balcon du palais donnant sur la place publique.

Par ailleurs, le P. Lombardi a précisé que la date d’entrée en conclave sera fixée par les Cardinaux assemblés en congrégations générales, indépendamment d’un éventuel Motu Proprio du Saint-Père destiné à modifier certains points de la constitution Universi Dominici Gregis. A propos ensuite de la Fraternité Saint-Pie X, il a déclaré que la date butoir du 22 avancée par la presse n’est que pure hypothèse, Benoît XVI ayant décidé de remettre la question à son successeur. Il est donc inutile d’attendre un règlement de la situation avant la fin de ce pontificat. Enfin, il a confirmé que le rapport d’enquête des trois Cardinaux [sur les fuites de documents confidentiels au Vatican] n’est connu que du Saint-Père. Les Cardinaux Herranz, Tomko et De Giorgi n’accorderont aucune interview pour commenter les résultats de leur action.

(VIS)

Fadas

Dans les Amériques, il y a un « comité pour la réélection du Pape Benoît », qui vend des autocollants, des fanions, des pancartes à mettre dans le jardin, etc. Il y en a même un en latin :

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C’est en vente à la boutique du Father Z. Sinon, il vend aussi cela :

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A chaque instant

Extrait de l’allocution de Benoît XVI à l’Angélus, hier :

En dernière analyse, c’est la foi qui est en jeu dans les tentations, parce que Dieu est en jeu. Dans les moments décisifs de la vie, mais aussi, à bien y voir, à chaque instant, nous sommes face à un carrefour : est-ce que nous voulons suivre le « moi » ou Dieu ? L’intérêt individuel ou bien le vrai Bien, c’est-à-dire ce qui est réellement bon ?

L’objection de Mgr Minnerath

Mgr Roland Minnerath critique ouvertement la décision de Benoît XVI de renoncer à sa charge pontificale. J’avoue que, si l’on s’en tient à ce qu’a dit le pape pour justifier sa décision, je suis assez d’accord avec l’archevêque de Dijon, dont voici quelques propos :

« Lorsque l’on est Pape, on assume jusqu’à la mort… [Jean-Paul II] était très impotent les dernières années de sa vie mais il est resté jusqu’au bout… Il a donné par là un exemple de “rester fidèle à l’appel que j’ai reçu”… Si on introduit un critère d’efficacité, c’est tout à fait valable dans le gouvernement des choses temporelles d’un chef d’Etat. Mais l’exercice de l’épiscopat ou du pontificat, c’est autre chose ! »

C’est autre chose, parce que c’est d’abord un don, et un témoignage, et que le don doit être total et que le témoignage ne nécessite pas d’être en bonne santé (comme on l’a vu de façon si profonde avec Jean-Paul II).

Mgr Minnerath craint aussi les « conséquences collatérales » d’une telle décision, qui pourrait « disqualifier le choix qu’ont fait les autres de rester jusqu’au bout ».

Un propos me frappe : Mgr Minnerath dit : « l’exercice de l’épiscopat ou du pontificat ». Or il y a une grosse différence, en ce domaine, entre l’épiscopat et le pontificat, depuis 1966, quand Paul VI a mis les évêques à la retraite à 75 ans. C’était à l’évidence un précédent historique. Que les évêques doivent démissionner à 75 ans, cela ouvrait la voie à ce qu’un pape puisse lui aussi démissionner, en attendant qu’un successeur de Benoît XVI prenne exemple sur ce pape pour décider qu’un pape doit démissionner à 85 ans…

Or c’est le même Paul VI (décidément très maléfique) qui avait décidé que les cardinaux de plus de 80 ans ne pouvaient plus élire le pape. A 75 ans on ne peut plus être évêque, à 80 ans on est trop vieux pour choisir un pape… La suite découle logiquement…

Rêvons un peu…

Le seul nom qui me soit venu spontanément à l’esprit en pensant à un souhaitable successeur de Benoît XVI a été celui du cardinal Ranjith. Mais hélas ce n’est évidemment pas possible, me suis-je dit aussitôt…

Aussi, quelle n’a pas été ma stupéfaction en découvrant, via le Forum catholique, un grand article de Direct matin carrément titré : « Et si le cardinal Ranjith était le prochain pape ? »

Pour Direct Matin, le cardinal Malcolm Ranjith, actuellement archevêque de Colombo, « possède presque toutes les cartes qui lui permettent de prétendre à la succession de Benoît XVI ». Et de détailler ces atouts : il est jeune, c’est un proche de Benoît XVI, il connaît les rouages du Vatican, c’est un homme de tradition, il est issu d’un  pays extra-européen, il est populaire et proche du terrain, il est ouvert au monde.

Deux remarques.

– Quand Direct Matin dit qu’il est ouvert au monde, cela ne veut pas dire qu’il se rend au monde, mais qu’il parle dix langues, qu’il défend les chrétientés persécutées et qu’il a mis en œuvre au Sri Lanka un bénéfique dialogue interreligieux.

– On est étonné que Direct Matin considère comme un atout le fait qu’il soit un « homme de tradition », en précisant qu’il « a œuvré à la mise en application du motu proprio « Summorum Pontificum » » (il était en effet le secrétaire de la congrégation pour le culte divin).

C’est le moment de relire l’article de Sandro Magister du 14 octobre 2010 : « Les meilleurs élèves de Ratzinger sont au Sri Lanka et au Kazakhstan », et surtout la lettre du cardinal Ranjith à l’assemblée générale de la fédération internationale Una Voce à Rome en novembre 2011 :

« C’est ma ferme conviction que le Vetus Ordo représente pour une grande part et de la manière la plus enrichissante l’appel mystique et transcendant à une rencontre avec Dieu dans la liturgie. Ainsi le temps est venu pour nous, non seulement de renouveler par des changements radicaux le contenu de la nouvelle liturgie, mais aussi d’encourager de plus en plus le retour au Vetus Ordo, chemin vers le renouveau véritable de l’Eglise, ce qui était ce que les Pères de l’Eglise réunis au Concile Vatican II ont désiré. »

En ce qui concerne sa popularité dans son pays, on reverra les incroyables images de son retour triomphal à Colombo après le consistoire où il avait été créé cardinal. Dans un pays où il y a 7% de catholiques…

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P.S. Je n’oublie pas que dans la « promotion » du 20 novembre 2010 il y a aussi les cardinaux Burke et Sarah…

La foi et la charité

« La célébration du Carême, dans le contexte de l’Année de la foi, nous offre une occasion précieuse pour méditer sur le rapport entre foi et charité: entre le fait de croire en Dieu, dans le Dieu de Jésus Christ, et l’amour qui est le fruit de l’action de l’Esprit Saint et qui nous guide sur un chemin de consécration à Dieu et aux autres. »

Le message de carême de Benoît XVI