Theresa May a fini par conclure un accord avec le parti unioniste d’Irlande du Nord : les dix députés du parti lui garantissent d’avoir la majorité absolue, et en échange elle s’engage à accroître les subventions pour les hôpitaux, les écoles et les routes en Irlande du Nord.
J’avoue que je n’ai toujours pas compris en quoi Theresa May était « fragilisée » au point de ne pas pouvoir gouverner et de ne pas pouvoir négocier le Brexit si elle n’avait pas la majorité absolue. Dans la plupart des pays démocratiques les gouvernements ont une majorité relative, et le plus souvent fondée sur une coalition de circonstance, et les commentateurs ne tiennent pas ce genre de propos. Je comprends encore moins, si c’était possible, l’engagement du chef des travaillistes à former un gouvernement si Theresa May démissionnait, ce qu’elle aurait dû faire après sa défaite, disent-il. Une défaite qui lui donne une centaine de députés de plus qu’aux travaillistes : comment les travaillistes formeraient-ils un gouvernement solide avec une minorité de députés ? Si quelqu’un peut m’expliquer ces mystères britanniques, je suis preneur.
Bien sûr l’accord avec les unionistes est sévèrement critiqué, y compris chez les conservateurs. Non pas parce ce parti est férocement, ignoblement et racistement anticatholique, bien sûr. Mais parce que ces fondamentalistes protestants sont contre l’avortement, contre le « mariage gay », voire même contre la théorie anthropique du réchauffement climatique. Un triple blasphème pour la pensée unique : on ne s’allie pas avec ces gens-là…