Bernard l’illustre docteur monte aujourd’hui aux cieux, lui que la splendeur de la gloire du Père attire divinement.
Que le ciel exulte en louanges pour la compagnie de Bernard, lui que Jésus notre rédemption tu joins aux habitants du ciel.
Par un petit chien au dos rouge tu as figuré par avance que l’enfant serait un zélé docteur, ô sacré créateur des astres.
La glorieuse nativité du Christ naissant brilla pour lui, il reçut ce don de toi, ô lumière, Trinité bienheureuse.
Il dévoile les arcanes des pages sacrées, et le mystère que Dieu, le créateur de toute chose, a réalisé dans la Vierge.
La douce saveur de sa parole montre qu’il est baigné de la rosée de la grâce, par toi, source de la sagesse, qui accordes les récompenses suprêmes.
Il guérit ceux qui sont tenus par les démons, il soigne ceux qui souffrent de maladies, il apporte à leurs douleurs la grande joie du salut.
Il vit dans le bonheur de la Vie avec Marie porteuse du Christ, avec laquelle il déguste la douceur des dons éternels du Christ.
Dieu de la puissance suprême, à toi soit la louange et la gloire, donne-nous les joies bienheureuses après le cours de cette vie de misère.
Cette hymne des vêpres de la fête de saint Bernard, dans le bréviaire cistercien, existait dès le XIIIe siècle.
On remarque :
– qu’elle est en acrostiche : les premières lettres de chaque strophe donnent BERNARDUS.
– que chaque strophe se termine par le premier vers d’une hymne du bréviaire : Splendor paternae gloriae est le premier vers de l’hymne des laudes du lundi (le dimanche dans le bréviaire cistercien). Jesu, nostra redemptio est le premier vers de l’hymne des vêpres de l’Ascension. Conditor alme siderum est le premier vers de l’hymne des vêpres de l’Avent. O lux, beata Trinitas est le premier vers de l’hymne des vêpres du samedi. Deus, creator omnium est le premier vers de l’hymne des vêpres du dimanche. Summi largitor praemii est le premier vers d’une hymne cistercienne des matines du carême. Magnum salutis Gaudium est le premier vers d’une hymne pour la procession des Rameaux. Aeterna Christi munera est le premier vers de l’hymne des matines des fêtes des apôtres. Beata nobis gaudia est le premier vers de l’hymne des laudes de la Pentecôte.
La troisième strophe fait allusion au songe de la mère de saint Bernard enceinte : elle se vit accoucher d’un chien blanc avec des poils rouges sur le dos. C’était une prophétie que son fils serait un confesseur et un docteur, selon l’explication que fait saint Grégoire le Grand de l’épisode des chiens léchant les plaies du pauvre Lazare : « Il n’est pas rare que dans la Sainte Ecriture les chiens désignent les prédicateurs. La langue des chiens guérit en effet les blessures en les léchant, et les saints docteurs aussi, quand ils nous enseignent lorsque nous leur confessons nos péchés, touchent en quelque sorte les plaies de notre âme avec leur langue. Et puisqu’ils nous arrachent à nos péchés par leurs paroles, c’est comme s’ils nous rendaient la santé en touchant nos blessures. »
La strophe suivante fait allusion à Bernard enfant qui s’endormit en attendant la messe de minuit et eut la vision de l’Enfant Jésus naissant, épisode qui le marqua profondément.
Chant du Chœur des moines de l’Abbaye de Marienstatt Im Westerwald (Rhénanie-Palatinat).