Hier, à peu près en même temps, le chancelier allemand disait qu’il n’avait pas changé d’idée sur l’affaire des armes occidentales que l’Ukraine pourrait envoyer sur la Russie, et son gouvernement affirmait qu’il en donnait l’autorisation. Idem aux Etats-Unis, où l’on annonçait que Jobidon avait donné « secrètement » l’autorisation, tandis que le Pentagone le démentait, avant que le Département d’Etat le confirme, et le justifie selon la même atroce rhétorique que le gouvernement israélien pour Gaza : l’autorisation est de frapper notamment Belgorod, or « il n’y a quasiment aucun civil à Belgorod »…
Dans la foulée, le président finlandais et le ministre norvégien des Affaires étrangères ont pris la même position.
Et Stoltenberg a souligné que « la Grande-Bretagne n’a jamais limité la possibilité d’attaquer le territoire russe avec des missiles Storm Shadow », et que nombre de pays de l’OTAN n’ont jamais imposé de restrictions aux armes qu’ils livraient à l’Ukraine.
Et le New York Times annonce que les premières attaques auront lieu dans quelques jours, voire dans quelques heures.
Il semble qu’aucun dirigeant, en dehors de Viktor Orban, ne songe à avertir les Occidentaux que des frappes massives de la Russie par des armes de l’OTAN guidées par des experts de l’OTAN conduiront forcément à des représailles. Selon le droit international, la Russie attaquée par l’OTAN aura pleinement le droit de frapper les endroits d’où viennent les missiles, en Ukraine, et au-delà de l’Ukraine.
L’OTAN veut « éteindre le feu avec un lance-flamme », disait ce matin Viktor Orban. « Plus les Ukrainiens enverront des projectiles, plus les Russes avanceront. Cela dit il y a un risque, et nous devons en être conscients, que si nous soutenons les attaques de l’Ukraine en Russie, nous pouvons amener les Russes à notre porte. » (Déjà parce que la Russie considérera que la zone tampon garantissant sa sécurité s’étendra à toute l’Ukraine.)
Conclusion d’Orban : « C’est absurde que l’OTAN soit en train de nous entraîner dans une guerre mondiale au lieu de nous protéger. »