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La Sainte Famille de Jésus Marie Joseph

Les temples sacrés déjà resplendissent décorés de lampes,
Et des guirlandes entourent
Les autels qu’enfument et embaument les encensoirs,
Du pieux hommage de leur encens.

Ne nous plairait-il pas de célébrer par nos chants,
La royale naissance du Fils du Père Suprême,
Ainsi que les beaux noms de la Maison de David
Et d’une race antique ?

Mais il nous est plus doux de nous remémorer
L’humble maison de Nazareth et sa modeste vie,
Plus doux de chanter
La vie silencieuse de Jésus.

De son exil aux bords lointains du Nil,
Sous la conduite d’un Ange,
L’Enfant revient en hâte, ayant beaucoup souffert,
Mais gardé sain et sauf, au seuil paternel.

Dans l’apprentissage de l’humble métier de Joseph,
Jésus grandit durant d’obscures années,
Et s’associe de bon cœur
Au travail de l’artisan.

Que ma sueur arrose mes membres, a-t-il dit,
Avant qu’ils soient trempés de mon sang répandu ;
Et que cette peine aussi
Serve d’expiation pour tout le genre humain.

Elle se tient près de son saint Enfant,
La tendre Mère ; elle se tient près de son Époux,
La bonne épouse, heureuse quand elle peut,
Par un service affectueux, alléger leur fatigue.

O vous qui ne fûtes exempts ni de travail ni de peine,
Ni ignorants du malheur, aidez les malheureux,
Qui, luttant contre les difficultés de la vie,
Sont étreints par l’indigence.

Enlevez l’amour du faste à ceux qu’une ample prospérité entoure de splendeurs,
Et donnez-leur une âme digne de leur situation.
Sur tous ceux qui implorent votre secours,
Daignez incliner un regard bienveillant.

A vous soient, ô Jésus, honneur et puissance,
A vous qui nous offrez de saints exemples de vie,
Et qui régnez avec le Père suprême
Et le Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Ceci est l’hymne des matines de la fête de la « Sainte Famille de Jésus Marie Joseph ». Ecrite par Léon XIII en personne, elle symbolise bien la dégringolade de l’Eglise latine, en passant d’une évocation de liturgie triomphante, fastes romains genre Urbain VIII, au recroquevillement à la limite de la profanation sur les vertus domestiques et la Mère de Dieu qui n’est plus qu’une « bonne épouse » qui est « heureuse quand elle peut, par un service affectueux, alléger la fatigue » de son homme et de son petit…

Léon XIII dit ici explicitement qu’il préfère l’humble vie du foyer chrétien aux splendeurs liturgiques, comme si l’on pouvait comparer l’un et l’autre… Mais la hiérarchie est néanmoins clairement exposée.

On remarque aussi que le pape n’a pas craint d’infliger une hymne en dix strophes à ceux qui disent ou chantent l’office de nuit. Heureusement cela n’a jamais concerné les moines et moniales, dont la Sainte Famille s’appelle le Père, le Fils et le Saint-Esprit.