Je lis dans le Bulletin de l’Œuvre d’Orient, dans un article intitulé « Œcuménisme au Moyen-Orient : beaucoup reste à faire » :
« “Nous discutons encore de la légitimité de la communion à la main”, commente avec humour un évêque. A ces raideurs s’ajoute… » etc.
Cet évêque note donc qu’on en est encore bêtement à parler de la légitimité de la « communion à la main », comme si c’était un sujet actuel, comme si l’œcuménisme ne méritait pas moins de raideur comme dit François (cité juste après) et des considérations plus en phase avec notre temps…
1. Il se trouve qu’en Occident aussi il y a encore des évêques qui ne croient pas à « la légitimité de la communion à la main ». Il y a même encore des pays où l’on continue de communier sur la langue (c’était le cas en Pologne du moins avant le covid, qui a été un grand propagandiste de la « communion à la main »).
2. L’article parle de l’œcuménisme au Proche Orient. Mais au Proche Orient l’immense majorité des chrétiens communie dans la bouche. Même chez ceux qui ont fini par se latiniser au point d’utiliser le pain azyme (aujourd’hui toutes les Eglises catholiques d’origine syriaque). La légitimité de la « communion à la main », cela ne concerne que la toute petite minorité latine, dont l’évêque en question, qui se croit seul au monde.
3. Rappel du titre : « Œcuménisme au Moyen-Orient : beaucoup reste à faire ». Mais AUCUNE Eglise orientale non catholique ne considère comme légitime la « communion à la main », dans AUCUNE d’entre elles on ne la pratique. Une attitude œcuménique consisterait à examiner pourquoi il en est ainsi, et non à ricaner.
Le propos de l’évêque (et l’article de l’Œuvre d’Orient) est donc une manifestation de plus du mépris occidental pour les orientaux, dont le Concile voulait nous faire croire hypocritement que le temps était révolu…