On nous rebat les oreilles avec la « défense du patrimoine », mais, dans les faits, ceux qui ont le pouvoir politique et financier, même à petite échelle, font ce qu’ils veulent et se permettent de se moquer ouvertement de ceux qui leur font remarquer leurs turpitudes.
Ainsi, à Carnac, un homme d’affaires local a tranquillement supprimé 39 menhirs afin de construire un magasin Mr Bricolage.
Il se trouve que ces menhirs « du chemin de Montauban » étaient parmi les plus anciens du site.
Le lieu avait été inscrit en zone de prescription dans l’ancien Plan d’occupation des sols, mais on a « oublié » de le faire dans le nouveau Plan local d’urbanisme. De ce fait le maire peut prétendre avoir « respecté scrupuleusement la législation » en délivrant le permis de construire. Le maire, qui est président de l’association « Paysages des mégalithes »…
Il se trouve qu’en 2014 le permis de construire avait été refusé parce que les travaux auraient conduit à « affecter des éléments du patrimoine archéologique ». Mais on ne peut pas se souvenir de tout.
Si le maire qui permet de détruire les mégalithes est le président de l’association « Paysages des mégalithes », la société qui les détruit pour installer un magasin de bricolage s’appelle « Au marché des Druides » (propriétaire de trois entreprises, à commencer par le Super U).
Le gérant, PDG du Super U, Stéphane Doriel, qui n’est pas un nouveau venu, souligne lui aussi, bien sûr, qu’il a respecté les lois. Et pour bien montrer à quel point il méprise ceux qui osent le critiquer, il ajoute : « Je ne suis pas archéologue, je ne connais pas les menhirs ; des murets, il en existe partout. » Sic.
Malheureusement, ce n’est pas la seule atteinte aux menhirs de Carnac. Le site internet Sites et monuments en dresse la sinistre liste.
Ce maire est aussi celui qui a porté plainte contre des catholiques qui ont empêché un concert blasphématoire dans l’église Saint-Cornély.
C’est Christian Bonnet, maire de Carnac pendant plus de 30 ans (et député, et sénateur, et ministre de Giscard) qui a commencé le massacre, d’abord en interdisant aux enfants de réciter sur les sites, ce qui faisait le plus grand bonheur des visiteurs, l’histoire de cette grande armée romaine qui poursuivait le pape Cornély (Corneille), lequel, se trouvant face à l’océan, se retourna et transforma les soldats en pierre… (C’est bien entendu un maire catholique pratiquant qui interdisait cette belle légende chrétienne.) Puis il voulut faire du site une sorte de parc d’attraction, et fit construire un horrible bâtiment en béton de 700 m2, et une clôture de grillage posé sur des blocs de béton, avec parcours piétonnier extérieur au site, etc. Son grandiose projet d’une réplique en béton des alignements rencontrera toutefois une telle opposition qu’il sera abandonné en 2003.