Lorsque Clément XI créa la fête de saint Antonin en 1707, la mémoire des martyrs romains Gordien et Epimaque qui était célébrée ce jour-là passa au second plan (mais resta la seule commémoration de ce jour dans le bréviaire monastique).
Gordien et Epimaque laissaient eux-mêmes au second plan un groupe de martyrs romains dont on peut s’étonner que l’Eglise n’en ait pas fait une fête. Car l’énoncé de ces victimes de l’empereur Sévère Alexandre, en 232, est impressionnant. Et si les saints sont des exemples à suivre, c’est un grand exemple que donnent aux puissants de ce monde le consul Palmace et le sénateur Simplice, leurs femmes et leurs enfants et toutes leurs maisons.
A Rome, le bienheureux Calépode, prêtre et martyr, que l’empereur Alexandre fit mourir par le glaive, et dont le corps, par ordre du même prince, fut traîné par la ville et jeté dans le Tibre; le pape Callixte l’ayant découvert lui donna la sépulture. Le consul Palmace fut aussi décapité avec sa femme et ses enfants, et quarante-deux personnes de sa maison, tant hommes que femmes. Le sénateur Simplice fut également condamné à la même peine, avec sa femme, ses enfants et soixante-huit personnes de sa famille : il en fut ainsi de Félix et de Blanda, son épouse. On exposa les têtes de ces saints martyrs à différentes portes de la ville, pour intimider les Chrétiens (« ad exemplum christianorum »).