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(Apparition de saint Michel au Mont Gargan)

(L’une des trois fêtes supprimées au début du mois de mai par Jean XXIII.)

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L’an 490 de l’ère chrétienne, la 17e année du règne de l’empereur Zénon, la 8e du pape saint Félix III, le 8 mai, eut lieu la mémorable apparition de saint Michel Archange sur le Mont Gargan.

Un riche seigneur de Siponto, possesseur d’un important troupeau, pieux et charitable envers les pauvres, possédait une montagne distante de six milles de Siponto (aujourd’hui Manfredonia) sur laquelle il faisait paître ses bêtes. Il avait un taureau féroce, énorme, méfiant, qui se sépara du reste du troupeau. On le chercha quelques jours inutilement; on le trouva enfin dans une caverne profonde, difficile à atteindre. Ne pouvant l’avoir vivant, il résolut de le tuer. Tirant son arc, il lâcha une flèche sur le taureau, mais la flèche, rejaillissant contre celui qui l’avait tirée, le blessa.

Gargan et ses compagnons, étonnés de cet accident et jugeant qu’il y avait là quelque chose de mystérieux, eurent recours à l’évêque de Siponto, pour apprendre de lui ce que ce pouvait être. Déjà informé par la rumeur publique, l’évêque Lorenzo Maloriano, grec d’origine, citoyen de Constantinople et parent de l’empereur Zénon, eut recours à Dieu par la prière pour lui demander lumière et connaissance. Le prélat ordonna un jeûne de trois jours et exhorta les fidèles à prier de leur côté pour obtenir de Dieu la signification de ce fait étrange. Au bout de 3 jours, saint Michel lui apparut et lui déclara que cette caverne, où le taureau s’était retiré, était sous sa protection et désormais son domaine, et que Dieu voulait qu’elle fut consacrée sous son nom, en l’honneur de tous les Anges. Puis l’Archange disparut.

Grande et indicible fut la joie du saint évêque, qui convoqua aussitôt le peuple. Il se rendit en procession à la grotte, accompagné du clergé et des fidèles, pour la reconnaître et la trouver déjà toute disposée en forme d’église. Taillée dans la pierre, assez profonde, d’accès facile : ce qui combla le peuple d’admiration et de crainte, surtout lorsque, du fond de la grotte retentirent les voix angéliques « Ici Dieu est adoré. Ici, le Seigneur est honoré. Ici le Très-Haut est glorifié. »

L’évêque commença à y célébrer les divins offices. L’événement fut connu de l’Italie et de toute

l’Europe ; et la dévotion à saint Michel et aux saints Anges alla se développant. On y vint aussi de
toutes les parties de l’Europe ; des papes, des rois, des empereurs, des chefs d’État, des évêques, des pèlerins innombrables se firent un honneur et un devoir de visiter et de prier dans la grotte sacrée. Les croisés, allant en Terre sainte, s’y arrêtaient et se vouaient à saint Michel. Beaucoup de grâces de
toutes sortes y furent obtenues ; de nombreux miracles y furent opérés.

Les Grandeurs de Saint Michel Archange, D. Nicola Ricci; traduction : abbé Marcel Bouzon.

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