Alors que la russophobie fait rage dans le monde de la musique classique (où elle est particulièrement visible en raison du grand nombre d’artistes russes – dernière nouvelle française : la Philharmonie de Paris doit refaire entièrement son programme pour en expulser les solistes et chefs russes), la décision du directeur de l’Opéra de Ljubljana (Slovénie) fait figure de spectaculaire exception.
Le spectacle actuel est Faust de Gounod, mis en scène par le Belge Frank Van Laecke. Lequel est monté sur scène pour dire que c’était la dernière fois qu’il travaillait à Ljubljana:
« Au 4e acte, j’avais prévu que soient agités des petits drapeaux jaunes et bleus derrière la fenêtre du décor au lieu des drapeaux français utilisés d’habitude. Mais le directeur de l’Opéra, M. Staš Ravter, m’a interdit d’utiliser ces couleurs… On m’a expliqué que si je racontais ça aux journalistes, je ne pourrais plus jamais collaborer avec la maison. Un artiste doit s’exprimer, c’est son devoir. Pour moi, en ce moment, le cœur bat en jaune et bleu. Je n’accepterai jamais le chantage ou la censure. »
La direction de l’opéra de Ljubljana a déclaré par un communiqué que « la situation politique ne devait pas affecter l’aspect original de la production » et que l’Opéra doit « rester une institution apolitique, car les thèmes politiques ne doivent pas exploiter l’art aujourd’hui ou à l’avenir ».
