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Mardi de la première semaine de carême

Réspice, Dómine, famíliam tuam : et præsta ; ut apud te mens nostra tuo desidério fúlgeat, quæ se carnis maceratióne castígat. Per Dóminum nostrum. Regarde, Seigneur, ta famille, et fais que notre âme brille du désir de toi auprès de toi, elle qui se corrige par la mortification de la chair.

Telle est la très remarquable collecte du jour. Il convient de noter que « fulgeat » va au-delà de « briller ». Le verbe veut dire d’abord « lancer des éclairs ». Le substantif fulgur, plus précisément le pluriel fulgura, a donné le mot « foudre », donc éclair et tonnerre, mais surtout éclair, mot qui le supplantera dans ce sens (et Fulgora était la déesse des éclairs).

Nous demandons donc que notre âme brille comme un éclair par le désir de Dieu, le désir d’être avec Dieu, chez Dieu. Et ce qui doit permettre cela, ce sont nos « macérations » de carême. Si je châtie mon corps et le réduis en servitude, comme disait saint Paul, mon âme, la pointe de mon âme, mon esprit (mens) pourra briller du désir de Dieu comme un éclair.

Il y a le bon et le mauvais désir. Il y a le désir « charnel » (au sens général du mot) qui m’entraîne dans l’éparpillement illimité les choses de la terre, et le désir du ciel qui m’élève vers l’unité infinie de Dieu.

Saint Grégoire de Nysse montre de façon imagée comment l’effort de carême permet au désir de prendre la bonne direction :

Et comme le disait saint Grégoire de Nazianze :

Là où il y a purification, il y a illumination.