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Saint Hilaire

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(Cathédrale de Monreale, Sicile)

Moïse, né en un temps où Pharaon avait ordonné de tuer tous les nouveaux nés du sexe masculin, flottant sur les eaux grâce à un berceau de bois, est réservé comme chef pour le peuple. Est-ce que, au temps où Notre Seigneur naquit selon l’humanité, cette haine et cette crainte du roi n’éclatèrent pas de la même manière contre l’homme, identique à nous, que, par le mystère du bois et de l’eau Il assuma en Lui et pour Lui, qui était réservé à la gloire céleste et constitué roi des nations ? En se baignant dans le fleuve, la fille de Pharaon recueillit Moïse. Comme la sœur de l’enfant se trouvait là, elle alla chercher une nourrice chez les Hébreux. Ce fut sa mère qu’elle présenta : elle se chargea de le nourrir et le rendit à la fille de Pharaon qui l’adopta pour fils.

Rapprochez les personnes, comparez les événements, considérez les faits : vous retrouverez la vérité des événements à venir dans l’imitation qu’en présentent ceux dont nous parlons.

Sous la figure de la sœur de Moïse, en effet, la Loi a suivi le Christ jusqu’aux signes sacrés du bois et de l’eau. La fille de Pharaon est la figure des nations, elle qui, bien qu’elle n’ait vu selon le récit historique qu’un petit enfant, acquit cependant par la portée de ce symbole une valeur prophétique. La Loi, en effet, présenta à l’Église, comme à la fille de Pharaon, la synagogue comme nourrice et comme mère du petit enfant et ainsi l’ordre spirituel se trouve déjà dans cette histoire. C’est par la Loi, en effet, elle-même nous l’enseigne, qu’il convînt que le Christ fût nourri selon la chair, mais c’est par l’Église qu’il fallait qu’il fût adopté.

Devenu grand, Moïse cherche ses frères retenus dans l’esclavage. Puis il tue un Égyptien qui tyrannisait et brutalisait l’un d’eux, et par la suite il est accusé par celui qu’il avait vengé de l’Égyptien. Est-ce que le Christ, lorsqu’Il a atteint l’âge d’homme, ne visite pas son peuple, ses frères selon la chair ? Il vint en effet « aux brebis perdues de la maison d’Israël ». N’a-t-il pas abattu et vaincu le diable qui dominait sur eux ? Car, personne ne détruira les biens de l’homme fort, s’il n’a d’abord enchaîné l’homme fort. N’est-il pas accusé par ceux-là même qu’Il avait vengés du diable et qu’Il avait délivrés de l’esclavage ? Ainsi, l’imitation que nous trouvons chez le promulgateur de la Loi est conforme à la consommation dans le Dieu de la Grâce.

Traité des mystères