Voici ce qui orne les bus de Genève ces jours-ci. On sait déjà que l’Etat de Washington a récemment autorisé le compostage des cadavres humains. C’est du dernier chic écolo. Mais ici il ne s’agit pas de cela. C’est une fondation, intitulée Reload (au sens de rafraîchir une page web), spécialisée dans la réclame pour les transplantations d’organes.
Ton corps aussi est recyclable, comme n’importe quel autre déchet. Curieuse façon de dire qu’un don d’organe peut faire survivre quelqu’un. On en est à ce degré de matérialisme qu’il n’y a plus aucune humanité dans la démarche.
La campagne a lieu juste après la promulgation de la nouvelle loi (du 20 septembre) stipulant que le consentement pour le don (?) d’organes est désormais présumé (chez nous c’est au moins depuis 2004). On pourrait penser que cette loi satisferait les nécrophages, mais en fait elle est insuffisante : une majorité de Suisses ne veut pas qu’on prélève leurs organes au moment de leur mort. Il faut donc profiter de la loi pour inciter les gens à devenir recyclables, et donc à ne pas s’inscrire sur le registre des refus…
