Dans mon bréviaire il y a deux offices de saint Anselme, un qui renvoie au commun des pontifes docteurs de l’Eglise, et un autre qui contient des textes propres, notamment cette hymne. Comme dom Guéranger la cite dans son Année liturgique et qu’il dit qu’elle a été « approuvée par le Saint-Siège », il est probable qu’elle soit de dom Le Bannier.
Ici telle qu’elle se trouve dans le Liber sacramentorum du cardinal bénédictin Alfredo Ildefonso Schuster :
N.B. Ayant mis dans ma petite tête qu’il y avait une « théologie monastique » et une « théologie scolastique », et étant imperméable à la seconde, je me réjouissais d’avoir trouvé un livre de saint Anselme : « Pourquoi Dieu s’est fait homme », aux Sources chrétiennes, dans la collection « Textes monastiques d’Occident ». Stupéfaction : c’est un livre d’un rationalisme à faire pâlir d’envie saint Thomas d’Aquin lui-même. Une caricature de rationalisme : chapitre après chapitre, il part d’un élément de la foi et prétend y aboutir au terme d’un raisonnement purement rationnel. Pas un mot de mystique, pas un mot de prière, pas un mot d’admiration du mystère, et d’ailleurs pas un mot du mystère, puisque tout est soi-disant démontré… (A vrai dire j’aurais dû faire attention au fait que saint Anselme est partout présenté comme un précurseur des scolastiques, et aussi au fait que dans l’office propre il y a pas moins de sept fois le mot « ratio » dans la lecture du troisième nocturne, un texte sans doute choisi par dom Guéranger comme une discrète mise en garde…)

