Coire est une ville de moins de 40.000 habitants, mais le diocèse qui porte ce nom est très étendu : c’est le deuxième de Suisse. Sa plus grande ville est Zurich. Depuis quelque temps le diocèse de Coire a un évêque « ultraconservateur », auquel fait la guerre la faction progressiste de Zurich. Ce fut Mgr Wolfgang Haas, à partir de 1988, qui fut exfiltré en 1997 pour devenir archevêque de Vaduz, diocèse créé pour lui. On a vu Mgr Haas procéder à plusieurs ordinations sacerdotales de la Fraternité Saint-Pierre. Il est remplacé en 1998 par Mgr Amédée Grab, chargé de pacifier le diocèse. Lui succède en 2007 Mg Vitus Huonder, dont Wikipedia nous dit savoureusement : « Réputé “ultraconservateur”, Mgr Huonder est un partisan de la doctrine traditionnelle de l’Église catholique, notamment vis-à-vis de la famille et de l’homosexualité. » En 2019, à 77 ans, il prend sa retraite dans… une maison de la Fraternité Saint-Pie X.
L’évêque de Coire est élu par le chapitre de la cathédrale parmi trois noms donnés par le pape. Pour remplacer Mgr Huonder, François a donc donné trois noms, selon ses orientations… Fait semble-t-il sans précédent, le chapitre de la cathédrale a rejeté les trois noms. Le pape a donc imposé son candidat. C’est Joseph Maria Bonnemain (chanoine de Coire, né à Barcelone d’un père suisse et d’une mère espagnole), qui a 72 ans. Prêtre de l’Opus Dei, on pourrait penser qu’il est « conservateur » à défaut d’être « ultra ». Mais pas du tout. C’est un ultra… de François. En 2017, il a publié un commentaire d’Amoris laetitia dont une bonne partie est une citation du document des évêques de Buenos Aires selon lesquels l’Eglise permet désormais de donner la communion aux adultères (ce dont François a fait la position officielle de l’Eglise en le publiant dans les Acta Apostolicae Sedis)
Pour le rédacteur en chef de Cath.ch, site officiel de la conférence épiscopale suisse, Bonnemain est un « Superman » qui saura guérir les blessures infligées au diocèse par Haas et Huonder, et il menace : « Ces prêtres qui ont été contre Bonnemain doivent immédiatement démissionner, ou se taire à jamais. »
On remarque que monseigneur choisit avec soin la marque de ses t-shirts. Sans doute en hommage à un grand homme de sa patrie.
Quand on lui a demandé quel allait être son blason épiscopal, il a répondu qu’il n’en aurait pas : « Pour moi, le signe de la croix du Christ est suffisant. »

