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Saint Hilarion

Italicus, habitant du même bourg et qui était chrétien, nourrissait des chevaux pour courir au cirque contre ceux de l’un des deux premiers magistrats de Gaza, fort affectionné à l’idole de Marnas; ce qui était une coutume observée dans toutes les villes romaines depuis Romulus, lequel, par suite de l’heureux succès du rapt des Sabines, avait ordonné que des chariots tirés par quatre chevaux feraient sept tours en l’honneur de Confus, dont il avait fait une divinité sous le nom du Dieu des conseils, bien que ce fût en effet à cause d’une action qui n’était qu’une pure tromperie; et dans cette course celui-là était réputé victorieux qui avait devancé les chevaux de ses concurrents. Italicus voyant que son antagoniste, par le moyen d’un enchanteur qui usait de certaines paroles pour invoquer les démons, empêchait ses chevaux d’aller et redoublait la vitesse des siens, vint trouver le bienheureux Hilarion pour le supplier non pas tant de faire tort à son adversaire que d’empêcher qu’il n’en reçût point de lui. Ce vénérable vieillard trouvant qu’il était ridicule d’employer inutilement des oraisons pour de semblables niaiseries, et lui disant en souriant : « Que ne vendez-vous plutôt ces chevaux, afin d’en donner le prix aux pauvres pour le salut de votre âme? » il répondit que c’était une fonction publique à laquelle il ne se portait pas volontairement, mais y était contraint, et qu’un chrétien ne pouvant user de charmes, il avait jugé beaucoup plus à propos d’avoir recours à un serviteur de Jésus-Christ, principalement contre ceux de Gaza, qui étaient ennemis de Dieu, et dont l’insolence ne le regardait pas tant que l’Église de Jésus-Christ. Sur quoi Hilarion, en étant prié par les frères qui se trouvèrent présents, commanda qu’on emplît d’eau un pot de terre dans lequel il avait coutume de boire, et qu’on le lui donnât. Italicus l’ayant reçu, en arrosa l’écurie, les chevaux, le cocher, le chariot et les barrières du cirque. Tout le peuple était dans une merveilleuse attente de ce qui devait arriver ; car son adversaire, se moquant de cela comme d’une superstition, l’avait publié partout, et ceux qui favorisaient Italicus se réjouissaient déjà dans la croyance qu’ils avaient d’une victoire assurée. Le signal étant donné, les chevaux d’Italicus allaient aussi vite que s’ils eussent eu des ailes, et les autres semblaient avoir des entraves aux pieds. Les roues du chariot tiré par ceux-ci paraissaient tout enflammées, et à peine ceux qui conduisaient l’autre pouvaient-ils voir le dos de leurs adversaires qui volaient ainsi devant eux. Il s’éleva un grand cri de tout le peuple, et les ennemis mêmes d’Italicus ne purent s’empêcher de dire tout haut : « Jésus-Christ a vaincu Marnas. » Mais ceux qui avaient reçu ce déplaisir, frémissant de rage, demandaient que l’on punît Hilarion comme étant le sorcier des chrétiens. Cette victoire, si connue et si publique, servit beaucoup pour faire embrasser la foi et à ceux qui en furent témoins et depuis à plusieurs autres qui étaient employés dans les jeux du cirque.

Saint Jérôme, Vie de saint Hilarion, ch. 7

Toujours les mêmes…

Viktor Orbán a nommé András Zsolt Varga président de la Cour suprême. C’est un énorme scandale. Pourquoi ? Parce que Varga a été l’adjoint du procureur général qui est un proche d’Orban. Ben tiens. (La véritable information est que András Zsolt Varga, docteur en droit, spécialisé en droit constitutionnel et administratif, procureur général honoraire, ancien doyen de la faculté de droit de l’université catholique Pázmány, a été élu président de la Cour suprême par les deux tiers des députés.)

Les dirigeants polonais ont osé faire de Przemysław Czarnek, docteur en droit, professeur à la prestigieuse université catholique de Lublin, le nouveau ministre de l’Education et de la Science. C’est un scandale absolu. Pourquoi ? Parce que cet homme-là a osé dire, un jour : « Mettons fin à la discussion sur ces abominations LGBT, l’homosexualité, la bisexualité et les manifestations pour l’égalité. » Quel exemple pour les enfants…

La dictature s’étend

Le Professeur Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Garches, a été démis de ses fonctions de vice-président de la Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques (FFMVT) et de président de son conseil scientifique, suite à des propos tenus sur Sud Radio.

Il avait dit que les tests PCR produisent une majorité de faux positifs créant ainsi des « millions de faux cas » de Covid-19, en raison d’un trop grand nombre de cycles d’amplification. Or c’est très précisément ce que disait l’inventeur des tests PCR, Kary Mullis : en multipliant les cycles tout le monde est positif à tout…

Je découvre à cette occasion que le tweet où on le voyait le dire vient d’être censuré…

Un tweet du Dr Scott Atlas, conseiller à la Maison Blanche sur la « crise sanitaire », a également été supprimé par Twitter. Parce qu’il remettait en cause l’efficacité du masque. Or il ne faisait que donner des références à des autorités, notamment à l’OMS qui dans son texte de juin dernier ne recommandait pas la généralisation du port du masque.

Le délire s’aggrave

« Ce programme comprend des descriptions négatives et/ou des mauvais traitements de certains peuples ou cultures. Plutôt que de retirer ce contenu, nous voulons reconnaître son impact néfaste, en tirer la leçon et susciter le dialogue pour créer ensemble un avenir plus inclusif. » Tel est l’avertissement qui désormais précédera obligatoirement les vidéos de plusieurs dessins animés de Disney, dont Peter Pan ou Les aristochats.

L’avertissement ajoute que les stéréotypes qu’on voit dans ces films « étaient fautifs à l’époque et sont fautifs aujourd’hui ».

Ceci est paraît-il un exemple de stéréotype raciste. Parce que le chat siamois a les yeux bridés. Peut-on descendre plus bas dans la connerie ?

Screenshot_2020-10-20 Disney ajoute des avertissements à ses dessins animés accusés de racisme.png

Saint Jean de Kenty

Lorsque Clément XIII canonisa Jean de Kenty, en 1767, il voulut que le nouveau saint polonais ait une messe propre, et trois hymnes propres à son office. Ce qui était exceptionnel. Curieusement, la messe insiste quasi exclusivement sur la charité de saint Jean, qui était en effet très vive, mais elle passe sous silence les autres qualités du saint. Par exemple ses pèlerinages à Jérusalem (où il prêcha le Christ devant « les Turcs ») et à Rome, et sa carrière de professeur à la prestigieuse université de Cracovie. Pourtant Clément XIII lui-même en faisait l’éloge dans sa bulle de canonisation :

« Parmi les hommes éminents par la doctrine et la sainteté, capables d’agir et d’enseigner et de défendre la foi orthodoxe attaquée par ses adversaires, personne n’hésite à compter le bienheureux Jean de Kenty. Il suffit de l’avoir entendu, à l’université de Cracovie, enseigner une science puisée à la source la plus pure. Or, à cette époque, dans des régions guère éloignées, sévissaient les schismes et les hérésies. Il travaillait à expliquer au peuple, dans sa prédication, la morale la plus sainte; et il confirmait cet enseignement par son humilité, sa chasteté, sa miséricorde, ses pénitences corporelles, toutes les vertus d’un prêtre irréprochable et d’un vaillant ouvrier. C’est pourquoi il ne se contenta pas d’apporter aux professeurs de cette université un surcroît de prestige, mais il laissa aussi un merveilleux exemple à tous ceux qui exercent cette charge. »

En 2015 j’avais donné l’hymne des premières vêpres, qui commence par Gentis Polonae gloria, Gloire du peuple polonais. Voici celle des matines, où le pape demande à saint Jean de Kenty de veiller sur sa pauvre patrie qui va être démembrée.

Vous domptez votre corps par le jeûne,
Vous le frappez de coups qui l’ensanglantent,
Afin de suivre, soldat innocent,
L’armée des pénitents.

Suivons avec zèle, nous aussi,
Les traces de notre illustre Père;
Suivons le pour que l’esprit mette en nous un frein
Aux dérèglements de la chair.

Pendant la rigueur de l’hiver,
Vous couvrez le pauvre de votre manteau,
Vous venez en aide aux indigents
En soulageant leur faim et leur soif.

O vous qui n’avez jamais refusé le secours
A qui vous implorait,
Ecoutez les Polonais et les autres Chrétiens
Qui vous demandent de protéger leur patrie.

Gloire soit au Père et au Fils
Et à vous, Esprit-Saint;
Que les prières de Jean nous obtiennent
Les joies de l’éternité bienheureuse. Amen.

Viktor Orbán

Une petite phrase de Viktor Orbán fait le tour de la planète. C’est une citation (qu’il reprend à son compte) d’un pasteur de l’Eglise réformée hongroise : la liberté chrétienne nous a été « impartie pour élever des enfants en tant qu’Homo Christianus ».

« Nous ne pouvons pas éviter la question, a dit Orbán, lors de l’office religieux d’inauguration d’une école secondaire de l’Eglise réformée hongroise : quelles valeurs doivent guider nos enfants et leur approche de leur famille, de leur nationalité, voire même de leur propre sexe. »

Le financement par l’Etat d’écoles gérées par les Eglises permet de récolter des dividendes en termes « d’éducation et de culture pour tous les Hongrois ainsi que de soins aux familles, aux personnes vulnérables, aux personnes âgées, aux pauvres et aux malades », a-t-il ajouté. En outre, la coopération entre les Églises et l’État contribue à « construire la nation et les communautés hongroises au-delà des frontières ».

La génération actuelle a trois tâches, a-t-il dit encore : reconstruire, sauver, et renouveler tout ce que les Hongrois ont créé au cours du dernier millénaire dans le bassin des Carpates ; reconstruire des églises, des écoles et des espaces communautaires anciens de plusieurs siècles ; et construire de nouvelles églises et écoles en Hongrie et au-delà des frontières. Les Églises et l’État sont des alliés dans « la construction d’une ligne de défense solide pour préserver la prochaine génération en tant que chrétiens et hongrois ». La génération actuelle doit soigneusement choisir « ce que nous transmettons à la génération suivante… pour maintenir les traditions qui nous unissent aux Hongrois du dernier millénaire ». Et les écoles sont l’un des lieux les plus importants pour inculquer une identité hongroise à leurs élèves.

Haine pro-vie…

Le « gouvernement étudiant » (sic) de l’université de l’Iowa du Nord, aux Etats-Unis, a refusé d’enregistrer l’association pro-vie, qualifiée de « groupement haineux » (hate group), et la Cour suprême du gouvernement étudiant (sic) a appuyé ce refus.

Paroles d’étudiants :

« On ne peut pas soutenir la diversité et être complices de sa destruction en même temps. »

« Approuver cette loi (sic : l’enregistrement de l’association pro-vie) est la même chose que l’approbation d’un groupe suprémaciste qui essaierait de monter une organisation sur le campus. Fondamentalement, vous dites que vous soutenez ceux qui violent les droits des femmes. C’est comme si moi, par exemple, si je suis enceinte, ils vont essayer de me forcer à ne pas avorter mon enfant. » Sic : force me not to abort my child.

« Je ferai remarquer que toutes les opinions ne sont pas égales. Il y a des opinions, et puis il y a des opinions qui conduisent les gens à tuer, en de nombreux cas. Il n’y a réellement aucun juste milieu ici. »

Le mépris

Bruno-Valentin-en-2014.jpgIl s’appelle Valentin. Bruno Valentin. Il est évêque depuis l’an dernier. Ce qui veut dire qu’il va sévir pendant longtemps.

Pour l’heure il est évêque auxiliaire de Versailles. Co-auteur du communiqué républicain laïcard sur l’assassinat islamiste du professeur apôtre de la liberté de choquer et de blasphémer.

Bruno Valentin est en charge de la triste affaire de ces catholiques de Saint Germain en Laye qui croient pouvoir bénéficier de la loi de l’Eglise leur permettant d’avoir la messe traditionnelle. Mais Bruno Valentin (en fait son patron évidemment) considère que cette loi ne doit pas s’appliquer à Saint Germain en Laye. Bien que les fidèles aient un prêtre et qu’il y ait une église libre et qu’ils ne demandent donc rien d’autre que le respect de leur droit à la messe traditionnelle.

Bruno Valentin a fini par donner la raison du refus dans le journal Le Parisien :

« Il y a entre 3.000 et 4.000 personnes qui vont à la messe le dimanche à Saint-Germain. Là, on parle de quelques dizaines de personnes. »

Une quantité négligeable (même si c’est en fait plus d’une centaine). Fratelli tutti, musulmans, non-croyants… mais ces catholiques-là, ils ne comptent pas. Ils ne font pas partie des minorités qui aient notre attention.

Et en plus ils sont arrogants, et ils refusent la main tendue. On leur avait proposé une messe une fois par mois le dimanche après-midi, et cette proposition « a été rejetée en bloc par un noyau de gens qui, manifestement, ont décidé de mener un combat de principe ».

Le principe hallucinant d’avoir, par exemple, la messe tous les dimanches…

Bref, si les nouveaux évêques sont de cet acabit, on n’a pas fini d’en baver…

Sourds et aveugles

Comme on pouvait le prévoir sans risque de se tromper, la réaction des évêques de France à l’assassinat du prof de Conflans est un exemple parfait d’apostasie, et en l’occurrence d’apostasie face à l’islam. En fait la « Conférence des évêques de France » se contente de renvoyer au communiqué de l’évêque de Versailles et de son auxiliaire, en disant simplement : « La Conférence des évêques de France exprime sa profonde tristesse. Les catholiques prient pour lui et sa famille. La fraternité est une urgence. »

L’évêque de Versailles et son auxiliaire évoquent quant à eux les valeurs de la République, citent la si opportune encyclique laïque de François, précisément sur les valeurs de la République, et concluent à l’urgence du rassemblement, « tous ensemble, croyants de toutes religions ou non-croyants ».

Et je suis censé être représenté là-dedans ?

En fait il y a pire. Il y a la réaction de Mgr Blanchet, évêque de Belfort-Montbéliard : c’est une lettre au président de l’association islamique de Belfort, à ses « chers amis musulmans » : Je sais combien le drame d’hier vous atteint, comme nous tous en France. Vous êtes particulièrement fatigués de dénoncer ces actes de barbarie commis prétendument au nom de l’Islam. Et pourtant, il faut continuer. En ces heures difficiles pour tous les musulmans de bonne volonté, redoublons d’énergie pour toute œuvre d’éducation à la paix. Témoignons encore davantage de la fraternité qui nous unit. » Etc.

Naturellement, les politiques ne valent pas mieux, même si les représentants de la République sont davantage dans leur rôle à exalter les « valeurs de la République ». Gérald Darmanin part en guerre contre les associations « ennemies de la République ». « Il faut combattre l’islam politique avec la même force que le terrorisme », dit-il. On dirait, une fois de plus, un propos du Père Ubu. L’islam est forcément politique et l’islam est le combat pour soumettre la terre entière à l’idéologie du Coran. Mais la connaissance de l’islam est le grand tabou de notre époque.

Cet après-midi les sénateurs vont voter un texte concocté par Philippe Bas, le chef de la droite Bruno Retailleau et le chef centriste Hervé Marseille, visant à inscrire dans la Constitution que « nul individu ou nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour s’exonérer de la règle commune ». En gardant le flou sur la signification de « règle commune ». Mais pour prendre un exemple simple, puisque le « droit à l’avortement » est un « droit fondamental », toute critique de l’avortement deviendrait donc contraire à la Constitution et sanctionnée comme telle.

Le chef de la droite à l’Assemblée, Damien Abad, veut quant à lui « instaurer des cours sur les valeurs de la République et la laïcité et que ces cours soient sanctionnés par une épreuve obligatoire au brevet pour être certain qu’ils soient donnés ». Pour reprendre le même exemple, il faudra dire que l’avortement est un droit des femmes pour obtenir le brevet (sic, ça existe encore ?).

L’objectif est de sacraliser toujours davantage la « République », dont ils nous rebattent les oreilles tous les jours. Mais ce n’est certainement pas en faisant de la République une idole, au lieu d’être un système de gouvernement, que les dirigeants obtiendront des musulmans qu’ils acceptent un minimum de laïcité non idéologique.

 

Addendum

Quant à Mgr Lebrun, évêque de Rouen, il s’est rendu « avec les responsables des autres cultes, notamment musulmans », « devant la Stèle républicaine pour la paix et la fraternité ». La Stèle majusculaire de la République laïque.