Dans l’évangile selon saint Matthieu, Jésus dit : « Quel est l’homme d’entre vous qui, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre, et s’il lui demande du poisson, lui donnera-t-il un serpent ? »
Si l’on s’intéresse au symbolisme, on comprend que le poisson est le Christ et que le serpent est le diable, donc évidemment aucun père ne donnera à son fils le diable au lieu du Christ.
Toutefois l’image est étrange. On ne voit pas pourquoi un père irait tenter de trouver un serpent (ce n’est pas évident, même en Palestine) et chercherait à l’attraper (ce qui est encore moins évident), alors que le poisson et si bon marché à la poissonnerie Barjona ou chez Zébédée et fils.
Pourquoi diable, c’est le cas de le dire, un père donnerait à son fils un serpent (plutôt qu’une baffe, par exemple) ?
Voici un indice que l’évangile de saint Matthieu, l’évangile « hébreu », qu’on dit être une traduction de l’hébreu, est un évangile grec, rapportant des propos de Jésus en grec.
Car les mots poisson et serpent en grec sont des mots qui riment : ikhtine et ophine.
Comme pain et pierre : artone, lithone.
Le procédé des mots qui s’appellent l’un l’autre pour rythmer des phrases à retenir est certes sémitique. Mais les mots sont grecs.
(A condition évidemment de ne pas prononcer selon la fausse prononciation érasmienne qui fait perdre les rimes. Car elle ne rime à rien…)