Il y a un conflit en Ecosse entre les deux principales religions du pays : l’athéisme et l’islam.
La controverse a pour objet la nouvelle loi « contre la haine » préparée par le ministre de la Justice, Humza Yousaf, et qui se trouve au Parlement depuis avril.
Une vingtaine de personnalités du monde de la culture et du spectacle, avec en figure de proue Rowan Atkinson (Mr Bean) ont publié une lettre manifestant leur inquiétude quant aux conséquences de cette loi sur la liberté d’expression, et particulièrement de « critiquer les croyances religieuses ».
C’est que la lettre est « coordonnée » par la « Société humaniste d’Ecosse », organisation qui milite pour l’avortement, l’euthanasie, le mariage pour tous, etc., mais d’abord pour l’athéisme pur et dur. Et ce n’est pas un groupuscule : elle se vante d’organiser davantage de mariages que l’organisation calviniste appelée « Eglise d’Ecosse ». Il est vrai que l’Eglise d’Ecosse ne représente plus rien, mais quand même…
D’un côté on a donc un ministre de la Justice qui est un militant islamiste, qui veut une loi dont le principal non-dit est qu’elle est destinée à empêcher toute critique de l’islam ; de l’autre on a les athéistes qui ne veulent pas d’une loi dont le principal non-dit, pour eux, est qu’elle empêcherait éventuellement de critiquer l’islam, mais aussi et surtout ce qui reste de la religion chrétienne.
Les évêques catholiques se sont manifestés, le 29 juillet, exprimant leur inquiétude quant à la « liberté d’expression et de conscience », et soulignant que certains enseignements de l’Eglise tomberaient sous le coup de cette loi. Mais ils sont les représentants d’une minorité négligeable et universellement méprisée.
Quant à la dite Eglise d’Ecosse, elle ne s’est manifestée que par l’unique voix de la « première femme évêque » d’Ecosse, et comme l’Eglise d’Ecosse fait partie de l’Establishment elle est d’accord avec la loi, à condition qu’elle soit « très claire quant à ce qui peut être dit ou ne peut pas être dit aux gens et par les gens dans les communautés de croyants ». Sic.