Non, ce n’est pas celui de Rome, mais celui de Bose, la célèbre communauté œcuménique de 90 « moines » et « moniales » catholiques et protestants (etc.) qui attire des milliers de visiteurs, et qui avait pourtant toute la sympathie, explicite, de François.
Il s’agit donc d’Enzo Bianchi, fondateur de Bose, star mondiale de l’œcuménisme, auteur de multiples ouvrages et maître à penser de milliers de personnes. Le 13 mai dernier, le secrétaire d’Etat du Vatican a fait savoir à la communauté que son fondateur ainsi que trois autres membres historiques devaient aller vivre ailleurs. Le « monastère » a publié hier sur son site internet un texte faisant état de cette décision restée secrète, prise après une visite diligentée par Rome, pour des raisons concernant « l’exercice de l’autorité » par le fondateur. Ce qui est curieux, puisque Enzo Bianchi a abandonné la direction de la communauté en 2017…
Dans le texte de la communauté il est très clair que ce sont les membres qui ont demandé à Rome l’expulsion de Bianchi et des trois autres. Et ils le publient parce qu’il ne se passe rien… Et que dans ses tout derniers tweets Enzo Bianchi condamnait des « rumeurs malveillantes véhiculées par ceux qui ne nous aiment pas », qualifiait l’inspection de « visite de routine » dont il « remerciait beaucoup le Saint-Père », et disait aussi : « Maudit soit celui pour qui la vérité doit être dite sans penser à la charité fraternelle. »
En 2014, François avait nommé Enzo Bianchi consulteur du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et en 2018 il avait publié une lettre à Enzo Bianchi à l’occasion du 50e anniversaire de sa communauté qui représente « une présence féconde dans l’Eglise et dans la société ».
