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Sainte Geneviève

Séquence d’Adam de (l’abbaye de) Saint-Victor (sur la Montagne Sainte-Geneviève). Traduction dom Guéranger.

De Geneviève la fête solennelle nous amène une solennelle joie. Que la pureté du cœur éclate en un sacrifice de louange.

Heureuse fut la naissance de cette enfant, témoin le Pontife Germain. Ce qu’il prévit en esprit est justifié par l’événement.

Sur la poitrine de la vierge, pour indice de pudeur, il suspend une médaille d’airain marquée du signe de la croix.

A Geneviève, il offre une dot venue de la main de Dieu, la consacrant comme un temple du Saint-Esprit, sous l’alliance du Christ.

La mère de cette innocente enfant ose la frapper : elle est privée de la lumière. Compatissant à sa mère, la vierge lui rend l’usage de la vue.

Geneviève au grand cœur mortifie sa chair par le jeûne ; elle arrose la terre de ses larmes, et se réjouit dans un continuel martyre.

Sur les pas du céleste guide, elle parcourt les cieux et les enfers ; par l’ardeur de ses prières, elle sauve sa ville de l’invasion d’un peuple barbare.

Par un prodige divin, elle apaise longtemps la soif des travailleurs. Elle rend à une mère désolée son fils unique, qu’une chute a brisé.

A peine la vierge a-t-elle prié, les démons frémissent, la paix est rendue aux énergumènes, l’espoir aux infirmes, le pardon aux coupables.

En sa main, des flambeaux se rallument d’une manière céleste ; par elle, un fleuve au vaste lit rentre docilement dans ses rives.

Après sa mort, vivant encore par ses mérites, elle calme les ardeurs du feu sacré ; elle qui, dans ce monde, avait vaincu en elle-même les feux de la concupiscence.

La mort, les maladies, les démons, les éléments, obéissent à ses ordres. Ainsi Geneviève, par ses prières, domine les lois de la nature.

Ainsi la vertu du Christ opère de grandes choses dans les plus petites. Au Christ donc pour tant de merveilles, louange assidue, gloire éternelle ! Amen.