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7e jour dans l’octave

En ce jour, dans l’Année liturgique, dom Guéranger donne la séquence suivante, qu’il présente ainsi : « Célébrons encore la joyeuse Naissance, en empruntant à nos anciens Missels Romains-Français cette antique Prose, où respire la piété des siècles de foi. » Le site Cantus nous montre que cette pièce était très répandue, et chantée le plus souvent à la messe de minuit (il y a « nocte media » dans le texte), mais aussi en un certain nombre d’endroits à la messe de l’octave de Noël.

Au Seigneur nouveau-né, tous les êtres en chœur chantent un pieux hommage.

Chaque parole a pour accord la mélodie de l’orgue. (1)

Jour sacré, dans lequel des joies nouvelles sont accordées au monde avec plénitude.

En cette nuit sublime, le Gloire à Dieu a retenti par la voix des Anges.

Au milieu de la nuit, des clartés inouïes ont éclaté aux yeux des bergers.

Pendant qu’ils gardent leurs troupeaux, soudain ils entendent le message divin :

Au ciel, gloire immense, et paix sur la terre.

Il est né de la Vierge féconde, Celui qui est avant les siècles.

Donc, milice des cieux, éclate dans les plus bruyants transports.

A ces cris de triomphe, que le monde et ses pôles soient ébranlés.

Brisé est le sceptre oppresseur de l’ennemi.

L’humanité tout entière célèbre le Dieu né en terre.

La paix est rendue à la terre ; que tout se réjouisse de la naissance de cet enfant.

En ce jour que tout rende gloire, d’une voix mélodieuse et retentissante.

 Seul, il protège toutes choses ; seul, il gouverne tout ;

Dans sa bonté, qu’il daigne sauver tous les royaumes, et qu’il les pacifie. Amen.

(1) La traduction de dom Guéranger est ici certainement fautive. Le mot « organum », d’où vient le mot « organicus », désigne d’abord tout instrument à vent, puis l’orgue. Mais au moyen âge il désigne la toute première technique polyphonique. Et c’est de cela qu’il est question ici, comme l’a montré la spécialiste Sarah Fuller (dans la New Oxford History of music), et comme l’indique explicitement le « Novum glossarium mediae Latinitiatis » (Pr. Yves Lefèvre) en citant plusieurs sources. La séquence demande donc que tout le monde, toute la création, chante la Nativité par des « neumes » qui respectent les principes harmoniques de l’organum (syllabatim: syllabe contre syllabe, c’est-à-dire note contre note), au sens large, évidemment, et notre mot harmonieux s’impose (et on peut le supprimer dans la strophe antépénultième).