Il est étonnant de voir comment les plus grands peintres classiques ne cherchent même pas à rendre vraisemblables leurs scènes d’art « sacré ». Ainsi en est-il par exemple de ces deux tableaux, l’un de Rubens, intitulé « Les miracles de saint François Xavier », l’autre de Poussin intitulé « Saint François-Xavier rappelant à la vie la fille d’un habitant de Cangoxima » (Kagoshima). Dans le premier il n’y a guère que le chapeau orangé, au milieu, qui peut laisser entendre que nous serions quelque part en Orient (mais le temple est gréco-romain) ; dans le second il n’y a strictement rien qui évoque le Japon… Et rien non plus ne caractérise le saint représenté.
En revanche la peinture de Jacques-Emile Lafon qui orne un mur de Saint-Sulpice (1859) montre des personnages… exotiques (même si le temple à gauche ressemble à celui de Rubens). Et à vrai dire, dans sa simplicité presque fruste et sa composition basique, il me touche bien plus que les deux autres.


