« Il est essentiel pour l’avenir du Liban que soit rapidement formé un gouvernement qui soit en mesure de conduire les réformes dont le pays a besoin », déclare notre ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.
Ou bien il ne sait pas de quoi il parle, ce qui serait quand même relativement étonnant, ou bien il blablate pour faire croire que la France a une position sur la question et a l’autorité pour faire la leçon aux Libanais.
En effet, il faut en moyenne huit à dix mois pour former un gouvernement au Liban. Ce n’est pas par mauvaise volonté, ou pour embêter Le Drian, c’est qu’il faut trouver des ministres qui répondent à tous les critères obligés et qu’ils soient compatibles entre eux : une moitié de chrétiens, une moitié de musulmans, mais ensuite une représentation de chaque communauté chrétienne et de chaque communauté musulmane selon les résultats des élections, en tenant compte des forces politiques qui traversent éventuellement les communautés, et des alliances à géométrie variable…
Il est donc tout à fait impossible de constituer « rapidement » un gouvernement. A moins que le mot ait le même sens que si l’on disait que les Libanais ont découvert « rapidement » que leur classe politique était corrompue…