℟. Si oblítus fúero tui, allelúia, obliviscátur mei déxtera mea:
* Adhǽreat lingua mea fáucibus meis, si non memínero tui, allelúia, allelúia.
℣. Super flúmina Babylónis illic sédimus et flévimus, dum recordarémur tui, Sion.
℟. Adhǽreat lingua mea fáucibus meis, si non memínero tui, allelúia, allelúia.
Si je t’oublie, alléluia, que ma droite t’oublie. Que ma langue se colle à mon palais, si je ne me souviens pas de toi, alléluia, alléluia.
Sur les fleuves de Babylone, là nous nous sommes assis et nous avons pleuré, en nous souvenant de toi, Sion.
Le psaume d’où est tiré ce répons de matines est l’un des plus célèbres (il a donné un « tube » : « By the rivers of Babylon », et a inspiré le chœur le plus connu de Verdi : « Va pensiero »), et surtout c’est l’un des plus tristes du psautier : les Hébreux en exil pleurent leur patrie perdue. Mais on y ajoute des alléluias, et ça fait un chant pascal : car notre exil dans cette vallée de larmes ne durera pas, le Seigneur est ressuscité et il nous emmène dans son Royaume qui est notre vraie patrie…
Antiphonaire des cordeliers de Fribourg, autour de 1300

