Extóllens vocem * quædam múlier de turba, dixit : Beátus venter qui te portávit, et úbera quæ suxísti. At Iesus ait illi : Quinímmo beáti, qui áudiunt verbum Dei, et custódiunt illud.
Élevant la voix, une femme dans la foule dit : Heureuses les entrailles qui vous ont porté et le sein qui vous a nourri. Mais Jésus lui dit : Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu et qui la gardent.
Voici l’antienne du Magnificat des vêpres de ce jour, qui reprend les derniers mots de l’évangile. On pourra la comparer avec l’antienne de communion de la messe d’hier, à laquelle elle ressemble parce qu’elle dans le même mode 8. Cette antienne de l’office est paradoxalement beaucoup plus longue et plus complexe que l’antienne de la messe, avec plusieurs neumes de trois notes et même un de quatre notes, et un ambitus plus large : sol-mi au lieu de sol-do.
Elle est plus longue parce qu’elle raconte une histoire, et un dialogue. Les épisodes sont clairement marqués par leur ponctuation musicale : deux notes pointées sur la tonique. On remarque l’accent sur Beatus par élargissement et montée de la mélodie, la révérence sur Jesus, et l’insistance sur custodiunt, le mot principal du propos : ce qui compte c’est de garder, mettre en pratique, la parole de Dieu. Mais cela n’infirme en rien le fait qu’est bienheureux le ventre qui a porté Jésus : c’est sur ce mot que se trouve le sommet de la mélodie : ce qu’a porté ce ventre était la Parole de Dieu.
Par les moniales d’Argentan, sous la direction de dom Gajard, en 1970 :

