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L’axe italo-polonais

« Il est temps de remplacer l’axe franco-allemand par un axe italo-polonais », a déclaré Matteo Salvini lors d’une conférence de presse à Varsovie. Pour « sauver l’Europe ».

« J’ai proposé, pour qu’on dépasse les différences entre partis, différences dues à des raisons de géographie et de tradition culturelle, un contrat pour l’Europe, un pacte pour l’Europe, qui n’existe pas encore, je ne suis pas venu avec un produit déjà fini. Nous pourrons proposer une plateforme, un pacte pour l’Europe en dix points, sur lequel les Italiens, les Polonais, les Hollandais, les Espagnols, les Danois, décideront s’ils sont d’accord ou pas d’accord. Nous y travaillerons dans les prochains jours. Avant les élections. Les pactes, il vaut mieux les présenter avant les élections, et non après. »

Dès le début de sa visite, Salvini avait affirmé que l’Italie et la Pologne seraient les « protagonistes du nouveau printemps européen ».

Matteo Salvini a longuement rencontré Jaroslaw Kaczynski, président du PiS, mais aussi des membres du gouvernement et le Premier ministre Mateusz Morawiecki, lequel, peu avant, dans une interview à la chaîne CNBC, ne cachait pas sa proximité avec le vice-Premier ministre et chef de la Ligue.

L’enjeu concret du rapprochement entre l’Italie et la Pologne est la constitution d’un nouveau groupe qui pourrait être le deuxième au Parlement européen si toutes les forces favorables à une véritable Europe se mettent ensemble. L’occasion est le Brexit, qui signe l’arrêt de mort du groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE), puisqu’il est majoritairement constitué des députés conservateurs britanniques, auxquels sont venus s’agréger notamment les députés du PiS, qui vont devenir orphelins. Or les députés de l’opposition polonaise, la Plateforme civique, font partie du PPE, ce qui rend quasiment impossible que le PiS rejoigne le PPE. Ce pourrait être l’occasion pour les députés hongrois du Fidesz de quitter le PPE (où ils sont, logiquement, très mal vus) pour participer à ce nouveau groupe, sachant que le Parti pour la liberté, aux Pays-Bas, et le Rassemblement national, en France, ont déjà conclu un accord avec la Ligue pour former un « front de la liberté » au Parlement européen, auquel pourrait bien s’agréger notamment le Parti de la liberté autrichien (FPÖ).