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Horrible

Le gouvernement pakistanais a cédé aux islamistes qui bloquaient depuis trois jours les principales villes du pays, et ici et là les communications téléphoniques, etc. Malgré son acquittement par la Cour suprême, Asia Bibi reste en prison.

Dans un premier temps le Premier ministre Imran Khan avait condamné les manifestations et prévenu qu’il ne laisserait pas paralyser le pays. Puis la très puissante armée avait déclaré qu’elle était prête à intervenir. Puis l’armée a changé d’avis. Et le président aussi. Car en fait l’islamisme règne dans l’armée, et dans le gouvernement. Ainsi sont confirmées, hélas, les craintes que j’exprimais lors de l’arrivée au pouvoir d’Imran Khan.

Ce matin a donc eu lieu une rencontre entre des représentants du gouvernement fédéral, du gouvernement du Pendjab, et du Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP) qui est à l’origine des manifestations. Et le TLP, qui n’a pourtant recueilli que 4,2% des voix aux dernières législatives, a obtenu ce qu’il voulait.

Un accord en cinq points a été signé :

1) Une demande de révision a été déposée dans l’affaire Asia Bibi : c’est un droit des demandeurs. Le gouvernement ne fera aucune objection à la demande de révision.

2) Une procédure appropriée s’ensuivra immédiatement pour inclure le nom d’Asia Bibi dans la liste de contrôle de sortie (ECL).

3) Une action judiciaire immédiate sera engagée concernant le martyre de tout individu lors de la campagne de protestation contre l’acquittement d’Asia Bibi.

4) Toutes les personnes arrêtées le 30 octobre ou après la campagne de protestation contre l’acquittement d’Asia Bibi seront immédiatement libérées.

5) Le TLP s’excuse auprès des personnes dont les sentiments ont été blessés lors des manifestations.

Le point 3 est surréaliste : il n’y a eu aucun « martyr ». Le point 5 l’est encore davantage : voilà l’unique concession obtenue des fauteurs de troubles par le gouvernement. Le point 1 avalise donc la demande de révision, qui a été déposée hier, avant même la conclusion de l’accord, par l’avocat de Qari Salam, l’homme qui est à l’origine des poursuites contre Asia Bibi. Dans sa requête, Qari Salam n’oublie pas de demander qu’Asia Bibi soit inscrite sur la liste des personnes interdites de sortir du territoire (c’est le point 2 de l’accord).

Ce matin, Qari Salam a demandé à la Cour suprême que la demande de révision soit rapidement examinée.