« Le saint Concile défend que l’on place dans les églises aucune image qui s’inspire d’un dogme erroné et qui puisse égarer les simples ; il veut qu’on évite toute impureté, qu’on ne donne pas aux images des attraits provocants. Pour assurer le respect de ces décisions, le saint Concile défend de placer en aucun lieu, et même dans les églises qui ne sont pas assujetties à la visite de l’ordinaire, aucune image insolite, à moins que l’évêque ne l’ait approuvée. »
Ce décret du concile de Trente paraît anodin, mais il eut une importance considérable, car il permit de condamner un grand nombre de représentations religieuses. Parmi elles, toutes les représentations de la Sainte Vierge enceinte, ce qui était considéré comme malséant et inconvenant, « impur », alors que la théologie de l’incarnation exige bien évidemment que Marie ait été enceinte (et la liturgie le souligne).
Parmi les images condamnées furent celles de la Visitation où l’on voyait Marie et Elisabeth avec en transparence les fœtus de Jésus et Jean Baptiste. Images qui sont redevenues d’actualité avec le combat contre la culture de mort, et ont rendu obsolète l’ancienne interprétation du décret de Trente.
Voici la partie gauche d’un devant d’autel de 1410, de Strasbourg (la partie centrale montre la Vierge et l’Enfant avec saint Matthieu, la partie de droite saint Simon, saint Jude et sainte Marguerite), conservé au Musée des arts appliqués de Francfort en Allemagne (on remarquera que Jean est à genoux devant le Christ en majesté) :
En voici deux autres représentations, l’une avec sa légende, l’autre pour laquelle je ne trouve aucune indication.



