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Les évêques à plat ventre devant les imams et les rabbins

Dans un communiqué véritablement ahurissant, les évêques d’Europe prennent fait et cause pour les juifs et les musulmans qui dénoncent le projet du Parlement islandais d’interdire spécifiquement la circoncision.

C’est un communiqué commun du Conseil des conférences épiscopales d’Europe et de la « Conférence des Eglises européennes » (dont ne fait pas partie l’Eglise catholique).

Le titre en est :

Les chrétiens, les juifs et les musulmans inquiets par le projet islandais sur la circoncision.

Le texte justifie la circoncision et prévient les Islandais que s’ils mettent leur menace à exécution ils donneront de leur pays une « image xénophobe », et que « dans un climat d’antisémitisme croissant et d’islamophobie, cela pourrait encourager de telles tendances ailleurs, augmentant ainsi la pression sur des communautés souvent déjà vulnérables »…

Il y aurait bien des commentaires à faire de ce long texte, dont je donne la traduction ci-après (il n’est même pas publié en français), mais l’essentiel est qu’on n’y trouve pas un seul mot de doctrine chrétienne. Pas un seul mot sur l’enseignement de l’Eglise catholique (sinon un propos inepte du cardinal Bagnasco prétendant que selon l’Eglise les parents peuvent faire ce qu’ils veulent de leurs enfants selon leur religion…).

Et l’on parle de la « circoncision légale », alors qu’elle ne l’est pas, et que c’est sous le couvert hypocrite d’une nécessité médicale inexistante que les juifs la pratiquent.

Il n’y aura donc pas un seul évêque pour rappeler que le Christ a aboli la circoncision ?

Il n’y aura donc pas un seul évêque pour rappeler que la circoncision est interdite par le droit français et international grâce aux bienfaits du christianisme parce que c’est une mutilation (avec la circonstance aggravante qu’elle blesse une personne qui ne peut pas donner son consentement) ?

Pas un seul évêque ?

Pas un seul ?

 

C’est avec une grande préoccupation que les organisations chrétiennes, juives et musulmanes en Europe prennent note d’une proposition déposée au parlement islandais Althing visant à interdire la circoncision des enfants de sexe masculin non médicalement indiquée. Si la proposition était adoptée, les parents pourraient encourir jusqu’à six ans d’emprisonnement s’ils faisaient pratiquer une circoncision religieuse sur un garçon.

Cette mesure ne constituerait pas seulement une atteinte au droit fondamental de la liberté de religion ou de croyance, mais serait également perçue comme un signe que les personnes d’origine juive ou musulmane ne sont plus les bienvenues en Islande.

La circoncision est pratiquée depuis des milliers d’années par des communautés religieuses de tous les horizons religieux ; c’est une caractéristique fondamentale de la pratique religieuse dans le judaïsme, l’islam et certaines traditions chrétiennes, telles que les églises orthodoxes éthiopiennes et érythréennes. La circoncision n’est pas une cérémonie facultative, mais au cœur même de la pratique religieuse. C’est avec ce rite religieux particulier que les enfants mâles sont accueillis dans leur religion, leur fournissant un signe de l’alliance de Dieu avec l’humanité. Pour ces communautés, c’est une expression intégrale de la foi.

« Il est important que la circoncision soit pratiquée légalement, dans un milieu médicalement approprié et sécuritaire, afin que la santé de l’enfant ne soit pas compromise », déclare le président de la CCE, Mgr Christopher Hill, et ajoute: « Nous ne devons pas oublier qu’il s’agit d’un droit reconnu dans la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant à appartenir et à être éduqués dans la tradition religieuse de sa famille. »

Il attire également l’attention sur le fait que la circoncision est une procédure médicale laïque standard dans plusieurs pays – avec des directives médicales établies – qui peut même être bénéfique. On ne peut donc soutenir que l’intervention constitue une violation inacceptable de l’intégrité corporelle. Ainsi, une telle limitation de la liberté de religion ou de conviction ne peut être justifiée par des raisons objectives.

Le Cardinal Angelo Bagnasco, Président du Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE), a également rappelé que « l’Eglise catholique est particulièrement attachée à la défense du droit de l’enfant, qui comprend également le droit de la famille d’éduquer ses enfants selon leurs propres convictions religieuses. Cette initiative est contre la liberté religieuse et les principes de la démocratie propres à une société civile ».

« Interdire la circoncision dans un pays donné signifie que ce même pays déclare publiquement qu’aucune communauté juive n’est la bienvenue sur son territoire », déclare Albert Guigui, Grand Rabbin de Bruxelles et Représentant permanent de la Conférence des Rabbins européens auprès des institutions européennes.

Le chef Imam Razawi, de la Scottish Ahlul Bayt Society, a également déclaré que « Interdire un rite religieux de cette manière reviendrait à interdire la possibilité de pratiquer la foi pour les musulmans ».

Les organisations juives, chrétiennes et musulmanes s’accordent à dire qu’une interdiction de la circoncision en Islande équivaudrait à interdire deux religions mondiales, le judaïsme et l’islam, et leurs adeptes.

Cette loi donnerait une image xénophobe de l’Islande dans un monde religieusement et culturellement diversifié. Si cette proposition se concrétise, elle risque également d’inspirer des initiatives similaires dans d’autres pays européens et au-delà.

Dans un climat d’antisémitisme croissant et d’islamophobie, cela pourrait encourager de telles tendances ailleurs, augmentant ainsi la pression sur des communautés souvent déjà vulnérables.

Les organisations soulignent qu’elles se réfèrent uniquement à la circoncision masculine. Ce rite religieux obligatoire ne doit pas être confondu avec la pratique cruelle de la mutilation génitale féminine qui constitue une atteinte à l’intégrité physique des femmes, en violation de leurs droits fondamentaux et de leur dignité.