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La Pologne les rend fous

La Pologne a demandé à l’Irlande l’extradition d’un des ses ressortissants, Artur Celmer, recherché dans son pays pour trafic de drogue.

Mardi, Aileen Donnelly juge à la Haute Cour (et lesbienne militante) a annoncé qu’elle allait saisir la Cour de Justice de l’UE pour lui demander si cet homme pourrait bénéficier d’un jugement équitable dans son pays.

Car selon elle on assiste depuis deux ans en Pologne à « ce qui apparaît comme un démantèlement législatif délibéré, calculé et provocateur de l’indépendance de la Justice, qui est un élément clef de l’état de droit ». La « constitutionnalité des lois polonaises ne peut plus être effectivement garantie » et si Celmer est extradé « il sera jugé dans une juridiction où le ministre de la justice est maintenant le procureur et a le droit de jouer un rôle actif » dans les nominations judiciaires. Aileen Donnelly ne paraît pas savoir que le ministre de la Justice était déjà le procureur général…

Ceux que ça intéresse pourront se reporter à l’article de l’Irish Times pour prendre connaissance de l’interminable et répétitive logorrhée d’Aileen Donnelly. Ou à son résumé sur EUobserver.

Le vice-ministre polonais de la Justice, Marcin Warchol, a répliqué que l’Irlande ne devrait pas faire de la politique à partir d’une affaire de trafic de drogue. Il a ajouté que la saisine de la CJE par le juge irlandais devait être rejetée, parce qu’elle n’a pas compris la nature des réformes judiciaires. « Il est incompréhensible que des réflexions générales, abstraites, des projections et des spéculations deviennent la base d’une décision aussi importante que le transfert d’un criminel recherché dans toute l’Europe. »

Certains voient déjà la Cour européenne donner raison à la Haute Cour irlandaise, qui ainsi ne reconnaîtrait plus les tribunaux polonais comme des tribunaux légitimes, avec les conséquences que cela implique…

Mais on apprend que le 9 mars, les Premiers ministres des pays du Conseil de la Baltique se sont réunis à Vilnius pour évoquer divers projets communs (dont celui de ressusciter l’antique « route de l’ambre »). A cette occasion, les dirigeants de la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie ont déclaré qu’ils s’opposeraient à toute sanction contre la Pologne du fait des réformes judiciaires. Avec la Hongrie, cela fait donc désormais quatre Etats membres qui rendent impossibles les sanctions de l’article 7.