Saint Cyrille d’Alexandrie a été un témoin inlassable et ferme de Jésus Christ, Verbe de Dieu incarné, soulignant en particulier son unité, comme il le répète en 433 dans la première lettre à l’Évêque Succenso : « Un seul est le Fils, un seul le Seigneur Jésus Christ, que ce soit avant l’incarnation ou après l’incarnation. En effet, le Logos né de Dieu le Père n’était pas un fils, et celui né de la Sainte Vierge un autre fils ; mais nous croyons que précisément Celui qui existe depuis toute éternité est né également selon la chair d’une femme ». Cette affirmation, au-delà de sa signification doctrinale, montre que la foi en Jésus Logos né du Père est également bien enracinée dans l’histoire, car, comme l’affirme saint Cyrille, ce même Jésus est venu dans le temps avec la naissance de Marie, la Theotòkos, et il sera, selon sa promesse, toujours avec nous. Et cela est important : Dieu est éternel, il est né d’une femme, et il reste avec nous chaque jour. Nous vivons dans cette certitude, en elle nous trouvons le chemin de notre vie.
[Je ne peux pas oublier pour ma part que saint Cyrille d’Alexandrie fut l’un des acteurs de la déposition, de l’exil et de la mort de saint Jean Chrysostome évêque de Constantinople. Acteur mineur certes, jeune encore et sous l’influence de son oncle Théophile qui voulait absolument la peau de saint Jean Chrysostome, comme Cyrille voudra absolument la peau de Nestorius – c’est-à-dire du titulaire du siège rival d’Alexandrie. Avec la différence que Nestorius était hérétique, ce que n’était pas Jean Chrysostome. Cyrille n’acceptera de reconnaître que Jean Chrysostome était un évêque catholique que plus de dix ans après sa mort, sur les instances répétées du moine Isidore de Péluse… Dans le bréviaire monastique, la fête de saint Cyrille est le 28 janvier, conformément au martyrologe : le lendemain même de la fête de saint Jean Chrysostome, et donc selon l’ordo d’avant 1960 les secondes vêpres de celui-ci chevauchent les premières vêpres de celui-là… Une providentielle union posthume ?]