Après avoir réalisé pour Grégoire IX une nouvelle édition des décrétales pontificales (gros travail de compilation et d’harmonisation des décisions prises par le pape), saint Raymond retourna en 1236 à Barcelone. Mais avant d’y arriver il accosta à Tossa de Mar, où on le conduisit près d’un mourant qui avait perdu l’usage de ses sens, et sa famille se lamentait qu’il ne puisse pas se confesser. Raymond pria longuement puis demanda au mourant s’il voulait se confesser. Pas de réponse. Alors il pria de nouveau, avec ses compagnons et la famille, et tous ceux qui étaient là, puis il posa la question derechef. Alors le mourant sortit du coma et dit : « Mais oui, je veux me confesser et j’en ai un vif désir. » Alors Raymond éloigna tout le monde, confessa le malade, qui mourut en paix. (Saint Raymond de Penyafort avait aussi rédigé une très importante « somme pénitentielle ».)
A Tossa de Mar on raconte que Raymond, sur le navire qui le ramenait de Rome, eut la révélation qu’en ce lieu, sur la plage, un mourant, avait besoin de lui. Mais aucun bateau ne pouvait accoster. Raymond prit une chaloupe, avec quelques assistants, et se dirigea vers la plage. Les rochers se séparèrent afin de le laisser passer. Raymond confessa le mourant comme on l’a déjà vu, et lorsqu’il fit le signe de croix de l’absolution un éclair grava la croix dans le rocher. On voit toujours cette croix (qui pour les rationalistes n’est qu’une veine naturelle de feldspath), et l’on installa une stèle, avec les premiers mots du cantique qui fut composé pour l’occasion. Et l’on célébra la messe en ce lieu tous les ans en la fête de sant Ramon de Penyafort.




