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Soumission

Le 20 décembre dernier, Antoine Gallimard annonçait une prochaine réédition des pamphlets de Céline, avec avertissement et appareil critique : « L’intention est d’encadrer et de replacer dans leur contexte des écrits d’une grande violence, marqués notamment par la haine antisémite de l’auteur. »

Ce qui suscita l’ire du lobby qui n’existe pas, et nommément la montée au créneau de l’inoxydable Serge Klarsfeld.

Le 9 janvier, Antoine Gallimard dénonçait un « procès d’intention » et affirmait : « On n’a pas à pousser les éditeurs à s’autocensurer ». Il ajoutait :

« Il n’y a aucune raison de ne pas publier ces livres, il y a bien pire. Les livres bien pires ce sont les livres insidieux, dans lesquels il y a un antisémitisme rampant, qui ne dit pas son nom. Je trouve que le débat est un peu hystérique, un peu fou. »

Deux jours après, le 11 janvier, Antoine Gallimard publiait un communiqué disant que « les conditions méthodologiques et mémorielles ne sont pas réunies » pour « envisager sereinement » de publier les pamphlets de Céline, et qu’il comprend et partage « l’émotion des lecteurs que la perspective de cette réédition choque, blesse ou inquiète pour des raisons humaines et éthiques évidentes ».

Le lobby qui n’existe pas a fait part de sa satisfaction.