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Et vlan !

François a envoyé une lettre ouverte au cardinal Sarah pour lui dire que son interprétation du motu proprio Magnum Principium, sur les traductions « liturgiques », était erronée. Il a explicitement demandé au journal italien La Nuova Bussola, qui avait publié la note du cardinal Sarah, de publier sa lettre in extenso.

Dans cette lettre, in fine, François exige du cardinal Sarah qu’il envoie cette lettre à tous les sites qui ont publié « la note “commentaire” » « par erreur attribuée à votre personne ». Sic ! « Et à toutes les conférences épiscopales, membres et consultants de ce dicastère »…

En bref, le cardinal Sarah, dans un texte dûment revêtu des sa signature (publié en français par L’Homme Nouveau), tentait de maintenir un contrôle des traductions « liturgiques » par Rome. Mais le pape a décidé qu’on devait laisser les conférences épiscopales traduire ou adapter comme bon leur semble (sauf pour les formules sacramentelles les plus sensibles).

Lorsque le cardinal Sarah avait demandé que la messe soit célébrée ad orientem, François avait réagi de façon très humiliante par un simple communiqué du « bureau de presse » du Vatican, indiquant que le propos était nul et non avenu. Cette fois, c’est par une lettre signée de sa main qu’il contredit ouvertement le préfet de la congrégation pour le culte divin. C’est comme si Jean-Paul II avait envoyé une lettre ouverte pour dénoncer les propos du cardinal Ratzinger critiquant la « catéchèse » française…

Sur le plan « liturgique », tout cela n’a aucune importance, puisque de toute façon il y a longtemps que les évêques (comme pour la catéchèse) n’en font qu’à leur tête, et qu’ils ont poussé le vice jusqu’à fabriquer une « Bible de la liturgie » qu’ils ont mise sous copyright, montrant ainsi qu’il ne s’agit pas de la Bible mais d’une fantaisie de leur création, puisque ce serait un énorme scandale si des évêques vendaient la parole de Dieu.

Quant au cardinal Sarah, on sait qu’il ne sera plus préfet de la congrégation pour le culte divin le 23 novembre 2019. Mais on se demande comment il va pouvoir le rester jusque-là…

Voir sur Benoît et moi l’article de La Nuova Bussola et la vive réaction de Denis Crouan, qui n’est pas un « intégriste »… La présentation de l’affaire par la Pravda vaticanesque est ici.

N.B. Ce 22 octobre, le cardinal Sarah était à Varsovie, au congrès Europa Christi (en français, à 54 minutes) :

Saint Antoni Maria Claret i Clarà

Tiens, aujourd’hui c’est la fête d’un saint catalan qui a été persécuté par le gouvernement de Madrid…

(Mais aussi par les Catalans anticléricaux et des Cubains de tout bord…)

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Procession à Vic avec le corps de saint Antoine Marie Claret à l’occasion de sa canonisation en 1950 :

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L’église Saint Antoine Marie Claret à Vic :

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Dans cette église, son tombeau, d’un goût douteux…Sant+Antoni+Maria+Claret+1.JPG

20e dimanche après la Pentecôte

Introit

Omnia, quæ fecísti nobis, Dómine, in vero judício fecísti, quia peccávimus tibi et mandátis tuis non obœdívimus : sed da glóriam nómini tuo, et fac nobíscum secúndum multitúdinem misericórdiæ tuæ.

Tout ce que vous avez fait, Seigneur, c‘est par un juste jugement que vous l’avez fait : car nous avons péché contre vous, et à vos commandements nous n’avons pas obéi. Mais donnez gloire à votre Nom et traitez-nous selon l’immensité de votre miséricorde.

Ces paroles résument le début de la prière qu’Azarias fait monter vers le Seigneur du milieu de la fournaise où Nabuchodonosor l’a fait jeter avec ses deux compagnons.

L’épreuve est sur tout le peuple depuis des années. Elle est sur eux trois, pour le moment, par la persécution et le feu. Ils demeurent paisibles. Tout à l’heure ils chanteront. Avant de chanter, ils prient pour le peuple dont ils sont, à cet instant, comme les représentants devant Dieu, dans la souffrance expiatrice. Ils reconnaissent que tout ce qui arrive a été mérité. Ils l’acceptent. Mais à côté de la justice, il y a la miséricorde. Ils ne l’oublient pas, et au-dessus des crépitements du feu s’élève leur beau cri de foi et de confiance : « Donne la gloire à ton nom et fais-nous miséricorde. »

Il est à peine besoin de souligner combien cette prière est à sa place en ici.

En ces temps où l’âme réfléchit sur les années qui s’allongent, sur la vie qui se raccourcit, sur le monde qui va vers sa fin, elle voit bien que tous les malheurs qui sont arrivés n’ont été que mérités et que ceux qui viennent le sont aussi. Prenant alors conscience de son rôle social, elle prie pour elle et pour tous les hommes. Admirable prière de l’Eglise qui demande les deux choses essentielles : la gloire pour le Seigneur et la miséricorde pour le monde.

Dom Baron

Contrairement à ce qu’on voit partout, cette antienne d’introït n’est pas inspirée de Daniel 3 31, 29, 35, mais de Daniel 3 31, 29, 30, 42, 43. C’est un résumé de toute la prière d’Azarias, avant le fameux cantique dit des trois enfants dans la fournaise.

Dom Baron fait remarquer que dans les manuscrits le chant ne commence pas par sol-do, qui sur omnia « dit une plénitude, une satisfaction, un bonheur qui sont tout à l’opposé des paroles d’humble contrition du texte », mais par sol-si, qui est la plainte correspondant au texte. (Il en est de même plus loin avec « et fac ».) On trouvera la partition restituée selon les manuscrits ici. Toutefois, bien que la dominante du troisième mode soit théoriquement le si, il y a une attirance naturelle vers le do, au point que la dominante est en fait devenue le do, d’où la partition du graduel romain. Certes, ici, on perd la plainte du début, mais l’expression n’est pas à ce point « à l’opposé » du texte, dans la mesure où Azarias a une ferme confiance en Dieu, ce qui apparaît donc désormais dès le début. Quoi qu’il en soit, le point culminant de cet introït est la magnifique montée sur « da gloriam », donne la gloire à ton nom, suivie de la profonde révérence sur « nomini tuo ».

N.B. Cet introit est aussi (ou d’abord) celui du jeudi de la Passion. Et c’est à ce jour qu’on en trouve la partition dans les anciens manuscrits. Mais tout le monde n’a pas la chance, comme moi, de l’entendre ce jour-là…

A Cavaillon

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Ainsi parlent les « chances pour la France » (mais pas trop pour le français), petits commerçants spécialisés de la cité la Clède à Cavaillon. Parce que la police a osé interpeller un des leurs.

On lit aussi sur un autre mur:

« LES MEC DE LA BAC FAITE ATENTION PCK SI ON ARETE LES BARETE C’EST DE VOUS KON VA SOCUPÉ ».

En Pologne

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Jeudi 19 octobre, 33e anniversaire de l’assassinat du bienheureux P. Jerzy Popiełuszko, cérémonie officielle devant sa tombe dans le jardin de l’église Saint-Stanislas-Kostka après la messe célébrée par Mgr Piotr Jarecki, évêque auxiliaire de Varsovie. L’homme à genoux est le ministre de la Défense nationale, Antoni Macierewicz. Etaient également présents Mariusz Błaszczak, le ministre de l’Intérieur, Beata Kempa, ministre sans portefeuille et chef de la chancellerie du Premier ministre, Joachim Brudziński, vice-président de la Diète, Andrzej Dera, secrétaire d’Etat à la chancellerie du président de la République, le P. Zbigniew Kras, chapelain de la présidence de la République, Jarosław Kaczyński, président du PiS… Ainsi que le frère et la sœur du P. Jerzy.

Ce même jour, la conférence des évêques de Pologne demandait de prier pour la canonisation de Jerzy Popiełuszko.

De la Sainte Vierge le samedi

Amplectámur Maríæ vestígia, fratres mei, et devotíssima supplicatióne beátis illíus pédibus provolvámur. Teneámus eam nec dimittámus, donec benedíxerit nobis ; potens est enim. Nempe vellus est médium inter rorem et áream : múlier inter solem et lunam : Maria inter Christum et Ecclésiam constitúta. Sed forte miráris, non tam vellus opértum rore, quam amíctam sole mulíerem. Magna síquidem familiáritas, sed mira omníno vicínitas solis et mulíeris. Quómodo enim in tam veheménti fervóre tam frágilis natúra subsístit ? Mérito quidem admiráris, Móyses sancte, et curiósius desíderas intuéri. Verúmtamen solve calceaménta de pédibus tuis, et involúcra pone carnálium cogitatiónum, si accédere concupíscis.

Embrassons les pas de Marie, mes frères, et, dans la plus dévote des supplications, roulons-nous à ses pieds bénis. Tenons-les bien et ne la laissons point partir (1) qu’elle ne nous ait bénis (2), car elle est puissante. Assurément elle est la toison placée entre la rosée et l’aire (3), la femme entre le soleil et la lune (4) : Marie a été établie entre Jésus-Christ et son Église. Mais peut-être vous étonnerez-vous moins de voir une toison humide de rosée qu’une femme vêtue du soleil ? Car si ces mots nous sont familiers, leur rapprochement est pourtant étonnant. En effet, comment une nature si fragile peut-elle subsister dans une si grande chaleur ? Tu as raison de t’en étonner, saint Moïse, et de vouloir voir cette merveille de plus près, mais il faut auparavant que tu ôtes les chaussures de tes pieds, et que tu laisses là toutes les enveloppes des pensées charnelles, si tu désires y accéder (5).

1. Cantique des cantiques 3,4.
2. Genèse 32,26.
3. Juges 6,36-40.
4. Apocalypse 12,1.
5. Exode 3,2-5.

Saint Bernard, lecture des matines. (Sermon pour le dimanche dans l’octave de l’Assomption, traduction de l’abbé Charpentier, 1866.)

On retrouve le début de ce texte dans le Psautier de la Sainte Vierge qui fut attribué à saint Bonaventure, constitué de 150 dizains. C’est au « psaume » 14 :

Amplectamur Mariae vestigia peccatores,
et ejus beatis pedibus provolvamur.
Teneamus eam fortiter, nec dimittamus,
donec ab ea meruerimus benedici.

Comme avant…

Dans la ville de Mossoul, délivrée de l’Etat islamique, la vie reprend son cours.

L’université a rouvert ses portes, bien que plusieurs de ses bâtiments soient encore à reconstruire.

Et, comme avant, les étudiantes doivent être voilées, quelle que soit leur religion.

C’est l’Etat islamique sans l’Etat islamique… (Il convient de se rappeler que Mossoul – 2,7 millions d’habitants – avait été prise sans coup férir par les jihadistes.)

Du temps de Saddam Hussein les filles faisaient ce qu’elles voulaient. Mais Saddam Hussein était un très méchant dictateur.

Macron et son drapeau

Comme il l’avait annoncé, Emmanuel Macron a officiellement reconnu le drapeau européen, en marge du sommet européen à Bruxelles.

Concrètement, il a signé la déclaration 52 annexée au Traité de Lisbonne sur les « symboles de l’appartenance commune des citoyens à l’Union ».

La France devient ainsi le 17e pays à signer cette déclaration. Par un diktat du prince qui ne reconnaît pas le vote populaire.

Si les symboles de l’Union avaient été relégués dans une déclaration annexe, c’est parce que les citoyens français avaient rejeté par référendum la Constitution européenne, qui proclamait ces symboles antinationaux dans son article IV-1.

Les citoyens ont dit non. Macron dit : Je m’en tape.

C’est la nouvelle démocratie. Enfin, pas si nouvelle que ça. Mais là c’est d’une évidence brutale.

Et tout ça pour quoi ?

Pour rien.

Macron voulait répondre à Mélenchon qui ne veut pas voir le drapeau européen à l’Assemblée nationale.

Mais que la déclaration soit signée ou pas ne change strictement rien à la situation. Les déclarations annexées aux traités n’ont (comme leur nom l’indique) aucune valeur juridique contraignante. En outre il n’existe aucun texte sur la présence de drapeaux dans l’hémicycle. La présence du drapeau européen est due à une décision du bureau de l’Assemblée en 2008 (sous la présidence de Bernard Accoyer). Le drapeau tricolore avait été installé l’année précédente par Jean-Louis Debré.

Euthanasie australienne

En Australie, les députés de l’Etat de Victoria (Melbourne) ont adopté ce matin, à l’issue d’une séance de 26 heures (sic), la légalisation de l’euthanasie, par 47 voix contre 37.

La loi prévoit que tout habitant de l’Etat de Victoria de plus de 18 ans atteint d’une maladie qui ne lui laisse que douze mois à vivre (ils en savent, des choses…) pourra « réclamer une dose létale de médicament ». « Toute personne trop malade pour s’auto-administrer le dosage pourra demander l’aide d’un médecin ».

La loi doit encore être approuvée par le Sénat de l’Etat. Elle ne sera pas effective avant dix-huit mois, l’Etat souhaitant se donner « le temps de mettre en œuvre correctement le programme d’aide à mourir ». Sic.

Victoria sera alors le premier Etat australien à avoir légalisé l’euthanasie. Il y a un an, dans l’Etat voisin d’Australie-méridionale, avait été discutée, puis rejetée, la… 15e proposition de loi sur l’euthanasie.