Par 86 voix contre 1 (celle du seul député indépendant), le parlement de l’Ontario a adopté hier un projet de loi qui interdit à quiconque de manifester sa désapprobation de l’avortement à moins de 50 mètres d’un des huit avortoirs de l’Etat, zone qui peut être étendue à 150 mètres sur demande. Une zone de 150 mètres est également établie autour du domicile des avorteurs. Les pharmacies et tout autre lieu où l’on procure des abortifs peuvent demander la même protection.
Le contrevenant s’expose à une amende de 5.000 $ et six mois de prison.
Le procureur général de l’Etat, Yasir Naqvi, qui est aussi ministre de la Justice et député libéral, et qui est à l’origine du texte, s’est félicité que les trois partis politiques aient travaillé ensemble pour faire passer la loi en un temps record, sans amendements. « Nous, les législateurs, avons adopté une loi très importante qui garantit aux femmes un accès sûr aux services de santé tels que la santé reproductive et les services d’avortement. Nous avons travaillé très rapidement sur ce projet de loi pour assurer que nous protégeons les femmes. » Sic.
Une telle loi a été votée dès 1996 en Colombie-Britannique, et le 21 novembre 2016 à Terre-Neuve-et-Labrador. Elle a également été adoptée au Québec, semble-t-il dans l’indifférence générale, le 6 décembre 2016, sous forme d’amendement à une loi sur l’« assurance maladie ».