Les gazettes rapportent les résultats d’une étude prétendument scientifique qui conforterait la réalité biologique de l’instinct maternel.
Selon les chercheurs de l’Académie américaine des sciences, les pleurs du bébé activent chez la plupart des femmes, bien plus que chez les hommes, une région cérébrale liée à l’intention de se déplacer et de parler, et les zones impliquées dans le langage et la capacité de parler et d’interpréter des sons. En bref, la mère qui entend son bébé pleurer, est incitée à aller le chercher, le prendre dans ses bras et lui parler pour le consoler.
Il y a ici une évidente et scandaleuse discrimination « à raison du sexe », ce qui est puni par la loi antiraciste. En outre, cette étude est contraire aux acquis des études de genre, en reflétant et pérennisant les stéréotypes de genre qui n’ont aujourd’hui plus cours et sont vertueusement traqués partout où on peut les débusquer.
Pire encore, les auteurs de l’étude soulignent qu’ils se sont penchés sur un grand nombre de femmes sur toute la planète, et les réponses des mères aux pleurs des bébés sont « communes à l’ensemble des cultures ». Autrement dit, non contents de légitimer les stéréotypes de genre, ils prétendent légitimer les stéréotypes culturels, sous prétexte scientifique.
Mais que fait notre ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes ?
A défaut de ne pouvoir interdire les prétendues recherches d’un organisme américain manifestement manipulé par le trumpisme, notre gouvernement devrait au moins censurer toute publication qui y fait écho, et condamner fermement cette odieuse dérive de scientifiques qui osent décrire des faits au lieu de justifier l’idéologie.