L’« écrivaine » (sic) Anne Bert s’est fait euthanasier ce matin en Belgique.
Souffrant de la maladie de Charcot (SLA), elle était devenue une militante médiatique du droit à l’euthanasie. Avec un souci quelque peu macabre du marketing, elle s’est fait tuer deux jours avant la publication chez Fayard de son livre sur le sujet.
Avant cela, Anne Bert s’était fait connaître d’un cercle restreint par ses nouvelles érotiques, qui racontaient « comment le désir se joue de tous les tabous, se libère dans les lieux clos, jaillit dans les rencontres de hasard, amenant les plus prudents vers les aventures les plus extrêmes »…
La médiatisation de sa décision d’être euthanasiée avait suscité un certain nombre de réactions, notamment de l’Association pour la recherche sur la SLA. « Nous avons reçu beaucoup d’appels de malades et de leurs proches pour dire leur indignation. Peu se reconnaissent dans ce choix très personnel, même si chacun connaît la réalité de la souffrance de cette maladie », expliquait il y a quelques jours Christine Tabuenca, directrice générale de l’Arsla. « Cela leur renvoie une image négative et ultime de la maladie alors que la grande majorité d’entre eux ne pense ni à l’euthanasie ni au suicide, qu’ils sont au contraire dans l’espoir et la vie, dans le combat, qu’ils profitent du présent et font tout pour compenser la perte d’autonomie ». L’association déclarait « respecter cette dame », mais considèrait que sa médiatisation va provoquer un raccourci « Charcot-euthanasie » et témoigne aussi d’un « non-respect » « du travail des médecins et des chercheurs qui accomplissent un formidable accompagnement médical et humain pour diminuer les souffrances ».