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Les Russes, les Kurdes et la Syrie

Une fusillade entre miliciens kurdes et miliciens chrétiens à Qamishli, ville qualifiée par Wikipedia de « capitale de facto autonome du Kurdistan syrien », s’est soldée par la mort d’un chrétien. Selon Mgr Jacques Behnan Hindo, l’archevêque syro catholique d’Hassaké Nisibi, il s’agissait d’une affaire personnelle, et le calme est revenu dans la ville truffée de milices diverses. Ce qui est intéressant est ce que dit ensuite Mgr Hindo à l’agence Fides :

« Par rapport à quelques mois en arrière, les pulsions autonomistes qui animaient certains groupes kurdes semblent être retombées. Des militaires russes de haut rang sont venus dans notre région pour parler avec les chefs de ces groupes kurdes et leur faire savoir qu’en Syrie il n’y aura jamais de démembrement du territoire pas plus que la proclamation unilatérale d’une zone indépendante kurde. Les Russes ont fait comprendre que, sur ce point, ils se sont déjà mis d’accord avec les Américains et que pas même les Kurdes du PKK, basés en Turquie, ne soutiennent avec conviction le projet de démembrement de la Syrie en vue de la création d’une nation kurde dans l’est de la Syrie. C’est pourquoi certains groupes kurdes se sentent désormais trahis par les forces qui, par le passé, avaient donné l’impression de les soutenir ».

Fides précise :

En juillet dernier, des militants et miliciens dépendant du Parti démocratique kurde (PYD), branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), avaient commencer à concrétiser leurs intentions de créer une zone autonome kurde dans la région syrienne de Jézirah, que les moyens de communication kurdes commençaient déjà à indiquer sous son nom kurde de Rojava. Dans la province syrienne d’Hassaké, le projet, apparentement abandonné, d’instaurer dans la zone un régime d’administration autonome, avait été poussé jusqu’à la mise en place d’un système de taxation locale visant à subventionner les services publics de la région.