Inimicítias ponam inter te et mulíerem, et semen tuum et semen illíus.
Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien.
L’offertoire Inimicitias diffère profondément, comme sens et comme ligne, de tout ce qui précède, tout autant que de l’ancien offertoire Assumpta est, à la joie méditative. Les paroles, empruntées au récit de la chute originelle, du début de la Genèse, ont été choisies pour la Messe de l’Assomption parce qu’elles sont le premier texte scripturaire établissant l’antagonisme entre la Vierge et le démon et son triomphe total sur lui. C’est avec la promesse voilée de la Rédemption, l’annonce de la grandeur incomparable de la nouvelle Eve, de l’opposition irréductible créée par Dieu lui-même entre elle et Satan. Toute la vertu du texte est dans le contraste définitif entre l’une et l’autre. Et c’est précisément ce contraste que s’attache et réussit à peindre la mélodie choisie, du deuxième mode, adaptée de l’Exaltabo te du Mercredi des Cendres, lourde, grave, austère et d’une vigueur saisissante.
Dom Joseph Gajard, 1951.
Le chœur de Solesmes, sous la direction de Dom Gajard, 1955 :
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